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Titre : La fabrique du monde
Auteure : Sophie Van der Linden
Date : 2013
Nombre de pages : 156

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  • L’intrigue

Mei est une jeune ouvrière qui vit, mange, dort et travaille dans la même usine. Elle ne connait rien d’autre. Elle rêve parfois, mais n’espère rien.

Alors qu’elle commet quelques erreurs lors d’une commande, elle se retrouve privée de paye. Elle est obligée de passer ses uniques 3 jours de vacances seule à l’usine au lieu de rentrer fêter le nouvel an avec sa famille.

  • Ce que j’en ai pensé

En me renseignant sur les romans de la rentrée littéraire, j’avais remarqué ce petit roman. Je remercie Georges de me l’avoir prêté!

C’est bien, cette année, j’enchaîne les romans de la rentrée littéraire! C’est un premier roman pour cette auteure que je connaissais pas et qui est plutôt spécialisée en jeunesse. Je n’ai pas grand chose à dire sur son style, peut-être un peu simple, mais assez aérien et poétique, je trouve.

On assiste à la naissance sociale d’une jeune fille, qui découvre qu’il existe une autre vie que le travail. Mais la chute est cruelle.

Je dois avouer que j’ai du mal à imaginer qu’une telle vie est possible, qu’à notre époque, on peut travailler ainsi, jusqu’à l’abrutissement, sans aucune vie privée ni espoir réel d’une vie meilleure.
Cela m’a donné une grande claque en fait, j’oublie que je suis extrêmement privilégiée en France avec notre liberté, nos droits…

Dans cette usine, les employés sont à peine considérés comme des être humains : ils n’existent plus individuellement mais seulement en tant que groupe, en tant que « commande qu’il faut terminer le plus vite possible« . Ceux qui n’arrivent pas à se fondre dans la masse, à n’être qu’un avec l’équipe sont renvoyés.

Mei est une jeune fille un peu particulière : sa grand-mère l’a élevé intellectuellement. Contrairement aux autres jeunes filles, elle sait lire, elle sait écrire, elle sait rêver et sait qu’il existe quelque chose, même si elle ne l’a jamais expérimenté.

Ce qui rend son personnage bien plus intéressant. Elle a une certaine sensibilité qui fait son charme et qui va être sa perte aussi. Alors qu’elle avait réussi à maintenir son intelligence, sa vivacité et son envie de vivre sous couvert, ils vont exploser lors du début de sa liaison. Elle vit alors ces trois jours comme un magnifique rêve qu’elle ne veut pas voir terminer.

[Attention, je dévoile la fin]

Bien évidemment, les trois jours se terminent et bien évidemment, Cheng ne veut pas perdre sa place et préfère prétendre que rien de tout cela ne s’est passé (moi c’est ce que je comprends de sa réaction…je ne pense pas qu’il comptait réellement l’épouser et la sortir de là…mais je suis peut-être très pessimiste).

Je dois avouer que j’ai trouvé sa réaction assez…extrême. En même temps c’est une jeune fille qui ne vivait pas, qui n’avait rien et qui du jour au lendemain, vit le plus fou des rêves pour le voir s’enfuir aussi rapidement. Il y a de quoi rendre folle. Et entre se faire dévorer vivante par ses sentiments naissants et violents, elle a préféré en finir et mourir.

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Un beau roman de la rentrée littéraire dont on ne parle pas assez, que je suis contente d’avoir lu, mais assez terrible tout de même. Je le conseille!

  • Extrait

Réveillée par le chant des premiers oiseaux, je garde les yeux fermés. C’est qu’il est tard. J’aime l’été lorsque leurs chants me réveillent avant l’heure du lever. Sans bouger, au sortir du sommeil et pas encore dans ma vie éveillée, dans ce bref intervalle, tout est possible, imaginable, derrière mes paupières fermées. Mes plus folles idées, hors de contrainte ou de contrôle. 

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