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Titre : Gemma Bovery
Auteure : Posy Simmonds
Date : 1999
Nombre de pages : 110

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  • L’intrigue

Gemma Bovery est morte.
Comment en est-on arrivé à cette catastrophe?
Un boulanger secrètement obsédé par la jeune femme (d’autant plus persuadé qu’il est responsable de sa perte) va fouiller dans ses journaux intimes pour découvrir la vérité.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai acheté ce roman graphique au salon du Livre 2013. J’avais vraiment beaucoup aimé son précédent  livre « Tamara Drew » (que je conseille vivement).

Si j’ai d’ailleurs, nettement préféré Tamara Drew, j’ai tout de même passé un moment fort agréable avec ce roman.

C’est vraiment très sympathique à lire ce format : mi roman mi bande-dessinée, c’est ce qu’on appelle un roman graphique je crois. J’aime en tout cas beaucoup ce mélange, qui a été exécuté avec brio! J’aime aussi beaucoup les dessins!
Posy Simmonds revisite donc un monument de la littérature française : Madame Bovary. Grâce au titre, cette « réadaptation » n’est pas un secret du tout! De plus, dès le début, le ton est donné : Gemma Bovery a été retrouvée morte dans la cuisine de sa ferme.
De quoi est-elle morte? Pourquoi le narrateur, le boulanger du village se sent-il tellement coupable?

Durant les premières pages, on retourne en arrière, afin de comprendre comment on a pu en arriver là : grâce aux journaux intimes que le boulanger vole, on va connaitre les pensées et les sentiments de cette jeune femme.
Gemma Bovery est une femme fraîchement mariée, intelligente, artiste, vive. Elle vit à Londres avec son époux. Et elle s’ennuie. A mourir. Rien ne lui plait, rien ne l’intéresse, elle perd le goût de tout. Très enthousiaste pour le moindre petit détail, prête à changer le monde entier à la plus petite idée, elle perd tellement rapidement l’intérêt que cela en est presque risible!

Croyait-elle vraiment qu’un départ en France allait tout changer? Les anglais ont une vision très romantique et champêtre de la France, avec le vin, les femmes, les paysages, le fromage, Paris…
Oui, la France, c’est beau, c’est bien! Mais quelle idée d’aller s’enterrer dans un village perdu en Normandie? Ce n’est pas étonnant, dans une maison bien trop vieille dans un village où il ne se passe rien qu’elle finit par s’ennuyer et chercher autre chose.

Elle est l’exemple parfait du bovarysme : Elle est éternellement insatisfaite de tout. Tout l’ennuie au bout d’un moment. Elle cherche désespérément « LA » chose qui sera le déclic et qui changera tout. Mais comme elle est incapable d’être satisfaite longtemps, elle n’y arrivera jamais.
Je ne sais pas si j’ai trouvé Gemma attachante à un moment donné…elle est quand même assez insupportable! J’ai apprécié le personnage vers la fin, où elle est un peu plus sereine et sûre d’elle.

Je ne vais pas parler plus de l’intrigue…toute personne ayant lu Madame Bovary sait en gros ce qui s’y passe. Et c’est aussi le cas dans ce roman graphique, avec quelques petites différences, que je ne veux pas dévoiler ici.

Par contre, j’ai été impressionnée par le boulanger français qui est quand même un sacré psychopathe voyeur et jaloux! Pour rien au monde je n’aimerais l’avoir comme voisin! Lui aussi s’ennuie à mourir, prêt à s’accrocher au moindre événement qui pourrait le sortir de son ennui!

Pauvre Gemma avec son nom et prénom est mal tombée! Persuadé de se retrouver devant un double d’Emma Bovary, il va harceler la pauvre femme. Quand on pense que durant des mois, il a suivi Gemma, qu’il a essayé de contrôler sa vie (avec l’espoir étrange de finir dans son lit en plus!), c’est tout de même assez pathétique…

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Je ne regrette pas mon achat et j’ai apprécié ma lecture, mais pour ceux qui débutent dans les romans graphiques et qui souhaitent découvrir cette auteure, je leur conseille vivement de commencer avec Tamara Drew.

  • Extrait

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