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Titre : Les adieux à la Reine
Auteure : Chantal Thomas
Date : 2002
Nombre de pages : 244 (6 CD d’environ 1h10 chacun)
Lectrice : Françoise Blaise

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  • L’intrigue

On est en 1789. En trois jours, du 14 au 17, la monarchie s’écroule.
Agathe Sidonie Laborde est une des lectrices de la Reine et assiste à la chute de l’Ancien Régime.

  • Ce que j’en ai pensé

Deuxième essai des livres audio! Depuis ma déconvenue avec la femme au miroir, j’avais laissé passé un peu de temps avant de retenter l’expérience.

Cette fois-ci, j’ai eu la main plus heureuse dans mon choix! Ayant apprécié ma lecture du dernier roman de Chantal Thomas, L’échange des princesses, j’ai donc choisi son roman le plus célèbre : Les adieux à la reine.
De plus, j’avais vu il y a plusieurs semaines le film de Benoit Jacob et il m’avait beaucoup plu. J’étais à peu près sûre que le contenu du livre audio allait me plaire.

Donc tous les lundis, j’écoute une heure et demie de ce roman lu à voix haute, tout en brodant. Une heure et demie, ce n’est pas beaucoup, mais j’ai peur d’en avoir assez rapidement si j’en écoute plus. Ce qui fait que j’ai avancé lentement dans ce roman, mais toujours avec plaisir.

On a rarement l’habitude de voir Versailles dans ses dernières heures. Quand on a un roman sur la révolution, l’intrigue a plutôt lieu dans Paris et chez les révolutionnaires. Quand l’intrigue se tient à Versailles, c’est rarement en 1789, mais plutôt à la cour du Roi-Soleil ou celle de Louis XV.
Ici, c’est la révolution française, mais chez les nobles, voir même la haute noblesse, qui réside à Versailles, tout près du couple royal.

Je trouve qu’on ne peut pas réduire ce roman à un simple roman historique. Cela va plus loin que cela. L’intrigue en elle-même est secondaire. Ce que Chantal Thomas voulait nous montrer avec ce premier roman sont les derniers jours de Versailles :

Ce roman est entièrement constitué d’anecdotes, de petits détails, d’histoires…c’est une telle foule de morceaux d’un monde qui a disparu que j’en suis plusieurs fois restée stupéfaite! J’ai eu l’impression d’assister à une reconstitution extrêmement précise de ces dernières heures.

Et c’est passionnant. J’ai toujours aimé connaitre les moindres détails dans les romans, et c’est d’autant plus passionnant qu’on peut partir du principe que tout est vrai. J’ai toujours été très intéressée par la royauté, même si Louis XVI et Marie-Antoinette ne font pas partis de ceux qui m’intéresse vraiment.

Par contre, pour les personnes qui veulent en savoir plus sur Versailles, on se régale! On se rend compte à quel point c’était un monde fermé, replié sur lui-même, qui ne vivait que pour et par le protocole.
Tellement de règles, de lois de manière de savoir-vivre, c’est effrayant! Il n’y a pas une minute qui ne soit programmé pour quelque chose, ou bien une tâche qui n’ait pas de serviteur (quel honneur d’être le responsable de la petite cuillère durant le repas du roi?!?). On découvre un Versailles très différent de celui de Louis XIV, assez sordide et sale et vide d’émotions.

J’ai trouvé que c’était un monde effrayant. Que personne ne vivait réellement. Versailles était une représentation perpétuelle, un spectacle qui ne s’arrêtait jamais et dont le public et les acteurs se trouvaient être les mêmes personnes.

Agathe Sidonie Laborde peut prendre un peu de recul, n’étant pas une « actrice » principale. On ne peut pas dire qu’elle est indispensable à la Cour, loin de là (on voit comment elle est utilisée par la Reine à la fin…). Elle peut donc observer et garder en mémoire. Elle voue un amour sans borne à la Reine et se languit de ce monde disparu.

Je l’ai déjà dit, on voit Versailles à sa chute. C’est assez inhabituel d’observer toute une société durant ces derniers jours.

Ici, les nobles, tellement à cheval sur toutes les règles, perdent en 2 jours tous leurs savoirs pour redevenir des êtres humains qui ont peur et qui spéculent au moindre détail.

Certains optent pour la fuite en silence, d’autres cherchent à se sauver auprès de ses Majestés. Il n’y a plus réellement d’amour pour leurs rois et reines, mais que du calcul. D’abord, ils ne se rendent compte de rien: la révolution, c’est impossible, il s’agit juste de quelques paysans mécontents (il est d’ailleurs amusant de lire comment les nobles voyaient le peuple), la Bastille est imprenable, le Roi régnera toujours…Mais peu à peu, ce chant royaliste commence à se tarir. Le Roi abandonne toute résistance face à l’assemblée Nationale, pour le résultat qu’on connait.

Je n’ai pas beaucoup parlé de l’intrigue…je trouve vraiment qu’elle est assez secondaire. Je n’ai pas particulièrement aimé le personnage d’Agathe, que je trouve assez stupide. Cette femme n’a jamais vécu. Elle aurait pu pourtant, mais elle s’est tellement accroché au mode de Versailles et à la Reine qu’elle a passé sa vie à soupirer après, alors qu’elle a eu la chance de pouvoir s’échapper avant que tout ne dégénère.

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C’est un roman très impressionnant (en tout cas quand c’est lu à voix haute!), où on apprend un tas de choses, bien écrit, avec une intrigue intéressante. Il a vraiment tout pour plaire, je le conseille.

  • Extrait

Je l’ai appris depuis. La foule acclame ou insulte n’importe qui, n’importe quoi. L’objet ne compte pas. La foule s’excite de se sentir une foule. Son délire monte à proportion de ce bizarre phénomène de conscience de soi ou de conscience sans soi. « Je ne suis personne », dit la foule. Multipliée par des milliers, cette nullité est irrésistible.

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