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Titre : La dernière séance 
Auteure : Chahdortt Djavann 
Date : 2013
Nombre de pages : 489

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  • L’intrigue

Après un viol collectif dans une prison en Iran, Donya décide de quitter Téhéran. Émigrée en Turquie, elle doit apprendre à se battre, à trouver un travail, tout en faisant des allers et retours tous les trois mois en Bulgarie, afin de pouvoir renouveler ses droits de séjour.

Plusieurs années plus tard, à Paris, elle suit une psychanalyse après une tentative de suicide.

  • Ce que j’en ai pensé

Dès qu’on a commencé à avoir une liste des titres de la rentrée littéraire, j’ai eu envie de lire ce roman. Le résumé, ce qu’on en disait, me plaisait beaucoup. Je ne connaissais pas l’auteure, donc cela me faisait une autre découverte à faire!
Alors quand la bibliothèque l’a acheté, j’en ai profité et je l’ai emprunté.

Ce roman (livre de presque 500 pages!) se lit finalement très vite.
Il est constitué de deux récits : son parcours d’émigrée d’Iran jusqu’à Paris et les nombreuses séances de psychanalyse qu’elle suit une fois dans la capitale française. On alterne facilement entre ces deux récits.

J’ai nettement préféré le récit de son immigration.
Les séances chez son psychanalyste me laissaient une drôle d’impression. Je n’avais pas réellement d’opinions sur la psychanalyse avant ce roman et une fois le livre terminé, je ne peux pas dire qu’elle soit très positive.
Je n’ai pas eu l’impression que cela lui faisait réellement du bien…je ne vois pas vraiment l’intérêt d’ailleurs, vu comment les séances sont présentées. Certes, on ne peut pas se cacher de ses problèmes et de ses traumatismes durant toute sa vie…mais j’ai l’impression que la pauvre Donya piétinait dans ses souvenirs et ses problèmes et que le psychanalyste, au lieu de l’aider se contentait de l’observer se noyer.

Mon intérêt est donc allé à l’autre partie de son histoire. J’ai beaucoup aimé la suivre en Turquie, la voir réussir à trouver un travail, essayer de se débrouiller et se battre toujours. C’est une femme extraordinairement forte. Elle n’abandonne jamais, elle trouve toujours des solutions, même bancales, même minuscules, elle va de l’avant malgré toutes les embûches sur son chemin.

Elle est bien décidée à être libre et à ne devoir rien à personne. Et elle y arrive. Non sans conséquences…elle est seule, elle vit des situations terribles (des allers et retours en Bulgarie afin de pouvoir renouveler son titre de séjour dans des conditions assez abominables), ne peut ni ne veut se confier à personne. Il est dur de vivre ainsi. Mais c’est un personnage assez extraordinaire, qu’on suit avec plaisir, tellement on a envie de la voir s’en sortir. Elle ne se renie jamais, elle tente toujours le tout pour le temps et va jusqu’au bout de ses décisions.

On sent aussi dans ce roman un grand amour de la langue française. Donya n’arrête pas de s’y référer, de remarquer les difficultés, les exceptions, les beautés de cette langue, qu’elle souhaite maîtriser à la perfection.

[Attention, je dévoile la fin]

Petite déception pour la fin…à quoi est-ce que cela servait de la faire mourir? Que voulait nous montrer l’auteure? Quand enfin, elle décide de se libérer, d’avancer, elle se fait tuer par un extrémiste iranien…est-ce pour montrer qu’on échappe jamais à son passé? Son destin?

Je trouve que ce n’était pas nécessaire et cela me laisse un goût plus qu’amer. Dommage.

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Un roman que j’ai aimé lire, un auteure que j’ai été contente de découvrir…ce livre a rempli sa mission! Je vous le conseille donc, c’est un roman vraiment intéressant.

  • Extrait
Les grands passionnés peuvent éprouver de très grandes douleurs. La force d’âme dépasse de beaucoup celle du corps. Nul ne meurt de chagrin.
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