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Titre : Belle époque
Auteure : Elizabeth Ross
Date : 2013
Nombre de pages : 417
Age : à partir de 14 ans

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  • L’intrigue

Voulant échapper à son futur mariage et la tête pleine de rêves, Maude prend de plein fouet la dure vie parisienne des années 1990. Elle se retrouve très vite sans argent et décide de postuler à une annonce pour du travail pour une agence, sans réellement comprendre de quel travail il s’agit.

Elle apprend alors que l’agence Durandeau offre un certain service à ses clientes : la possibilité de louer une femme laide pour mettre sa propre beauté en valeur. Ayant désespérément besoin d’un emploi, Maude accepte ce travail de faire-valoir.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce roman fait partie de la sélection qu’on propose à un comité lecture.

L’auteure s’est inspirée d’une nouvelle d’Emile Zola « les repoussoirs », qui se contente de décrire l’intérêt de l’agence et comment elle a recruté ses employées.
Elizabeth Ross a placé cette nouvelle à la fin de son roman.
J’ai trouvé que c’était une très bonne idée de faire ça et j’ai décidé de la lire avant de lire le roman en lui-même, afin de lire l’idée originale d’abord.
L’auteure n’a vraiment pris que le cadre à Zola dans cette histoire. Sinon, elle s’éloigne à grand pas des thèmes et du ton habituel de l’auteur.

Le thème de ce roman est tout de même assez particulier et très intéressant! C’est un thème très actuel : la laideur et la beauté.
De nos jours, pour y remédier, on a la chirurgie esthétique, mais à cette époque, il n’y avait pas grand chose. On cherche et on cherchera toujours à s’embellir de n’importe quel moyen.
Et il est vrai que l’être humain a tendance à comparer. Une personne banale à côté d’une personne belle, aura l’air au mieux invisible au pire moche. Alors qu’à côté d’une personne laide, la personne au physique banal deviendra presque belle. Mais il ne faut pas oublier le côté psychologique : si on se croit moche, souvent on se « referme sur soi-même, on ne veut pas se montrer. Cela joue énormément.

C’est donc un thème assez scandaleux.

Mais autant l’avouer, ce roman est tout de même « bon enfant ». Est-ce parce que c’est un roman jeunesse? Le style de l’auteure? Disons qu’on est loin de Germinal, Nana ou de la pauvre Gervaise, en gros de la misère profonde des gens ordinaires qui peuplent les romans d’Emile Zola.
Alors que je m’identifie toujours à fond dans mes lectures et qu’il m’arrive régulièrement de me sentir sous tension au vu de certaines situations dans des romans, ici, j’ai lu paisiblement du début jusqu’à la fin, pas vraiment inquiète.

Ici, si Maude est très pauvre et au bord de la misère, elle arrive toujours à s’en sortir, pour aller toujours plus loin.

Alors que les autres clientes sont de méchantes et hautaines bourgeoises qui humilient les « repoussoirs », Maude doit exécuter son contrat à s’insu de sa cliente : C’est la mère qui a tout organisée, la jeune fille ne sait rien et pense que Maud est une connaissance de sa mère. Isabelle va donc lier de véritables liens d’amitié avec elle.

Maude est un personnage plutôt attachant. Ce n’est pas souvent que l’héroïne est une jeune fille « moche ». Les personnages principaux sont souvent plutôt très beaux sans le savoir. C’est vrai que cela change. De plus, elle est plutôt intelligente, réaliste et sympathique. On prend vraiment plaisir à la suivre.

J’ai aussi été intéressée de la manière dont l’agence était organisée. Si un tel endroit est scandaleux, il est passionnant de voir comment les employées réagissent, quelles sont leurs missions…

[Attention, je dévoile la fin]

Ce roman termine de manière très happy-end, chose que je regrette un peu, mais bon…c’est un roman jeunesse. Et je l’ai dit, c’est dans l’ambiance du livre. Les autres filles trouvent un autre travail et y sont bien, la comtesse est humiliée et contrecarrée, Isabelle peut aller à l’université et Maude et son Paul sont promis à des jours heureux!

Après ne boudons pas notre plaisir, une telle fin fait tout de même du bien de temps à autre!

De plus, je suis ravie qu’on ait pas eu le grand cliché du noble qui tombe amoureux d’elle, malgré sa laideur et son rang. Il n’y a que Charlotte Brontë qui sait manier ce thème à la perfection!

Par contre, je regrette un peu le cliché « les riches qui ont toujours tout sur un plateau d’argent sont certes beaux et riches, mais creux et sans personnalité ». C’est un peu dommage et facile.

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Un roman donc bien sympathique, pas extraordinaire, mais une lecture agréable tout de même. Je le conseille aux jeunes filles (oui, là , les garçons vont avoir du mal quand même…), je pense que ce roman ne peut que leur plaire!

  • Extrait

Je m’installe un peu à l’écart, sur une ottomane. Voilà en quoi consiste le rôle de repoussoir : se mettre en retrait, regarder sa cliente attirer tout la lumière.

Moi et la littérature jeunesse

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