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Titre : Du coté de Castle Rock
Auteure : Alice Munro
Date : 2006
Nombre de pages : 344

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  • L’intrigue

Alice Munro raconte la vie de ses ancêtres, partis d’Ecosse au XVIIIe siècle et remonte jusqu’à sa propre vie.

  • Ce que j’en ai pensé

Premier livre terminé pour l’année 2014!

Ce livre a été choisi par le Club des Lectrices en novembre dernier. Il fallait trouver un auteur nobélisé et on a été trois lectrices (dont moi) à ramener ce roman.

Durant toute ma lecture, je me suis demandée à quel point c’est autobiographique. Surtout ce qui concerne la partie sur sa vie.

Dans la postface, elle dit clairement qu’elle a inventé une grande partie des récits, mais qu’elle ne pouvait tout de même pas les classer dans ces recueils de nouvelle, puisqu’ils reflétaient tout de même une part de vérité.
Il faut d’ailleurs lire cette petite postface (deux pages) qui explique comment ce livre a vu le jour, sur plusieurs années.

Cette lecture fut…sympathique, mais sans plus. Je crois que pour aborder cette auteure, il faudrait choisir un autre ouvrage.
Je ne me suis pas vraiment ennuyée, mais je n’ai pas été passionnée par ma lecture. Je me suis d’ailleurs interrompue pendant plusieurs jours pour profiter des fêtes de fin d’année et cela ne m’a pas posé de problème.

Je pense que le souci est que ce n’est pas réellement un roman, sans être des nouvelles. On ne sait pas trop sur quel pied danser, cela déroute.

J’ai trouvé le style intéressant, mais ce que j’ai préféré c’est l’accumulation de petits détails sur la vie de l’époque qu’Alice Munro nous donne. Voir comment tout était très codifié, comment chaque personne devait se comporter, aussi bien les femmes que les hommes.

Ce qu’elle dit sur la culture et l’envie d’apprendre est aussi passionnant : Dans ce milieu agricole, vouloir accéder à la connaissance est assez mal vue. Ce ne sert à rien, il y a toujours du travail à faire à la ferme, personne n’a le temps pour ça. Il faut être « utile » tout le temps. Une fois l’école terminée, cela ne sert plus à rien la culture générale, il faut rester dans le réel, le pratique. Sinon on était considéré comme un lunatique et un paresseux

La lecture était vue comme une activité solitaire, asociale et inutile. Il valait mieux être en société, jouer aux cartes, regarder la télé…c’est assez drôle quand on compare avec maintenant!

Ce que j’ai trouvé également drôle, c’est également la vision des intellectuels de l’époque sur la connaissance. Quand elle va à l’université de son époux pour consulter des ouvrages à la bibliothèque, elle n’ose pas dire qu’elle n’a pas de but précis, comme un travail à rendre, un article, un livre…Elle n’ose pas dire qu’elle veut s’instruire pour s’instruire. Que ce n’est pas juste un moyen, mais aussi un but : vouloir savoir comme ça ». On la regarderait étrangement, comme une personne qui n’a vraiment que ça à faire…je trouve ça vraiment particulier et je me demande si c’est pareil à présent!

J’ai également beaucoup aimé la traversée en bateau, tous entassés dans les cales, dans l’espoir d’un avenir meilleur aux Etats-Unis.

On trouve donc beaucoup de bonnes choses dans cet ouvrage, mais bon… quand j’y repense, j’ai tout de même du mal à le placer en « lectures agréables ».

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Si je n’ai pas été passionnée (j’ai même eu quelques moments d’ennui) cela m’a suffisamment intriguée pour avoir envie à l’occasion de lire un autre livre d’elle, tout particulièrement son recueil de nouvelles : Trop de bonheur. Donc je n’ai tout de même pas été déçue.

  • Extrait

Dans n’importe lequel de ces vieux cimetières, les premières dates tendent à être celles d’enfants, de jeunes mères mortes en couches, ou de jeunes hommes morts accidentellement – noyés, écrasés par la chute d’un arbre, tués par un cheval emballé, ou au cours d’un accident pendant la construction d’une grange. Il n’y avait quasiment pas de gens âgés pour mourir, en ce temps-là.