Mots-clefs

, , , ,

Titre : La première pierre
Auteur : Pierre Jourde
Date : 2013
Nombre de pages : 208

IMG_0423

  • L’intrigue

Pierre Jourde revient sur le scandale qu’avait causé un de ses romans « Pays perdu » lors de sa sortie.
Alors qu’il arrivait dans sa maison de vacances en Auvergne, il s’est fait injurié et attaqué par les villageois, dont les secrets se trouvaient dans le roman.
Obligé de prendre la fuite, il parle de ces années de procès et de mensonges de la part de tous.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai également lu son dernier livre, qui a fait pas mal de bruit au moment de la rentrée littéraire. C’est d’ailleurs à cause de la sortie de ce roman que mon collègue m’a parlé de Pierre Jourde. J’étais donc assez curieuse de le découvrir.

Avant toute chose, ce livre m’a donné très envie de lire le roman « Pays perdu » dont l’auteur parle tout le temps!

Pierre Jourde revient sur ce qui s’est passé en 2005. Quand lorsqu’un de ces romans Pays perdu est paru, une partie des habitants d’un village d’Auvergne – dont il est question dans le livre – s’est offusquée de voir leurs secrets dans un roman et a décidé de se venger.
Alors qu’il revenait passer ses vacances avec sa famille en Auvergne, ils lui sont tombés dessus, allant d’insultes jusqu’aux coups, obligeant la famille Jourde à partir précipitamment.

Des plaintes, des mensonges face à la loi et la justice, de longues années de tribunal vont suivre cette journée-là. Pierre Jourde va également s’apercevoir, alors qu’il se croyait faisant partie de ce village, qu’on l’a toujours considéré comme un étranger.

J’ai beaucoup aimé la question qui est posée : faut-il ou non raconter des choses réelles dans les romans? Est-ce la peine? N’est-ce pas une intrusion dans la vie privée des gens?

Je peux tout à fait comprendre les gens de ce petit village. J’espère bien ne jamais jamais apparaître dans une oeuvre de fiction, que cela soit en bien ou mal, surtout si je ne suis pas prévenue à l’avance. C’est une véritable atteinte à la vie privée, j’en serais très malheureuse. Donc je les comprends tout à fait.
Mais je ne pense pas que j’irais jusqu’à jeter des pierres sur des enfants…

Il faut se poser la question, alors qu’en ce moment, les procès de ce genre contre les auteurs s’additionnent. Peuvent-ils vraiment tout écrire?
Franchement, je serais d’avis que non. Qu’il vaut mieux rester dans la fiction, ou changer les faits et les personnes au point qu’ils ne soient plus reconnaissables par personne.

Il dit que les secrets de ce village étaient des faux secrets, que tous étaient au courant et que donc, cela ne changeait pas grand chose. Mais je trouve qu’il y a tout de même une grande différence entre un secret oral et des pages de papier imprimées et qu’on peut trouver dans toutes les librairies de France.

Ce livre m’a donc mise assez mal à l’aise finalement, même si je l’ai trouvé passionnant…D’ailleurs qu’est-ce que c’est? Un roman? Pas vraiment…une sorte de témoignage?

C’est surtout ça le problème je trouve… je n’ai pas pu m’empêcher de me poser la question : pourquoi est-ce qu’il a écrit ce livre, 10 ans après les faits? A quoi est-ce que cela servait? Alors que « Pays perdu » était pour lui un éloge de son pays natal, qu’est-ce qu’est que « Première pierre »? Cela ressemble tout de même assez à une sorte de règlement de compte…

Je peux tout à fait comprendre qu’il a eu envie de rétablir sa vérité, après tout ce qu’on lui a fait subir durant ces années-là, les mensonges des gens, les inventions des médias qui disaient n’importe quoi…Ce qui lui est arrivé est inadmissible, sans aucun doute. Mais écrire ce livre était absolument nécessaire? Je pense que pour lui, cela ne va que envenimer la situation.

——————————————–

En tout cas, ce livre donne envie de lire « Pays perdu », ne serait-ce que pour se faire sa propre idée de ce qu’il y a dans ce roman : hommage pour une région de la France ou bien offense envers les villageois?
Je vais chercher à le lire en tout cas!

  • Extrait :

Quelques-uns excipaient des droits imprescriptibles de l’écrivain : il est livre d’écrire ce qu’il veut, sans la moindre autocensure. […] Mais tu voyais bien, toi, et ce droit absolu, tu ne le reconnaissais pas. Tu savais qu’un libre pouvait faire très mal et tu ne saisissais pas très bien au nom de quoi il devrait, par principe, se situer au-dessus de l’éthique commune. Comme si l’artiste résidait dans un absolu exempt de règles qui régissent les hommes ordinaires.

Publicités