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Titre : Au pays
Auteur : Tahar Ben Jelloun
Date : 2009
Nombre de pages : 189

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  • L’intrigue

Mohammed va bientôt être à la retraite.
Alors qu’il s’agit souvent d’une date que tout le monde attend, Mohammed n’a aucune envie d’arrêter de travailler. Il a travaillé toute sa vie dans cet atelier et rien ne l’attend dehors. Que faire? Retourner au bled après tant d’années? Mais sans ses enfants? Rester en France, qui n’a jamais été son pays?

  • Ce que j’en ai pensé

Ce roman est le choix de Marjolaine pour le Prix des Lectrices.

Je connaissais l’auteur, donc j’ai déjà lu quelques livres.

Je l’ai placé dans lecture agréable, parce que je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman et que j’ai trouvé plusieurs thèmes intéressants…mais à présent qu’il faut le critiquer…je me rends compte que je n’ai pas été passionnée. J’ai bien aimé, mais c’est tout. Je crois que je ne suis tout simplement pas sensible à l’écriture de Tahar Ben Jelloun. J’ai donc été assez indifférente à l’histoire et aux personnages.

Mohammed est un homme juste. Franchement, on ne peut que dire cela. Il a toujours fait ce qu’il fallait faire, a toujours été porté par l’amour, l’envie de faire du bien, la vérité. C’est un homme bien, comme il y en a finalement peu.

Il fait partie de la première génération d’immigrés, celle qui souvent n’a pas réussi / voulu faire le lien avec la France. Ils n’étaient là que pour le travail, ne se mélangeaient pas plus que nécessaire à la population et comptaient fermement sur un retour au pays.
Mais les enfants de cette génération se sont beaucoup plus intégrés au pays et certains sont devenus plus français que marocains. Mohammed a du mal à le voir, mais il a perdu ses enfants depuis un long moment.

Il regrette de n’avoir aucun lien avec ses enfants, de les voir s’éloigner de leurs racines…mais je me demande bien à quoi il s’attendait. Il ne les a pas élevé, les voyait à peine quand il rentrait du travail et en plus il ne s’en occupait absolument pas. Il ne faut pas s’étonner.
Il a cru pouvoir maintenant ses traditions dans un pays étranger, mais il n’y est pas parvenu. Des traditions, cela s’entretient, sans cesse, sinon ça disparait.

Encore une fois, le personnage Mohammed est un homme profondément bon, qui s’interroge régulièrement sur lui-même, qui ne veut qu’une chose : pouvoir travailler et vivre sa religion comme il l’entend. S’il a pas mal de préjugés stupides et arriérés, on ne peut pas réellement lui en vouloir, tellement il tente de se remettre en question, de comprendre, de ne pas juger.

Mais franchement, cette maison, où il vivrait entouré de tous ses enfants et petits-enfants est un fantasme irréalisable.
Comment vivraient-ils ? Comment se nourrir, se loger? Comment espérait-il réellement plonger ses enfants dans la vie du bled 24 heures sur 24, dans un village sans électricité ni eau courante? Comment penser que ses enfants puissent passer d’une vie occidentale quand même très individualistes à une vie en communauté?

Mais il s’y plonge à 100%, sûrement parce que cela lui permet d’avoir un projet, de ne plus être seulement un bon à rien qu’il a l’impression d’être depuis qu’il a quitté son emploi. C’est là qu’on s’aperçoit que son travail, cela a été en gros toute sa vie. A part la religion, bien évidemment. Mais il n’a pas eu d’autres occupations sinon. Pas de loisirs, de passe-temps, rien. C’est assez affolant je trouve.

[Attention, je dévoile la fin]

Par contre, je n’ai pas aimé la fin. Je n’en ai pas vraiment compris l’intérêt de le faire mourir, ni tout l’aspect mystique de la fin.
Cela m’a peu intéressé, j’aurais préféré une fin un peu plus logique et moins…étrange. C’est dommage.

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Pas une grande découverte pour moi donc, même si je ne regrette pas ma lecture. Je crois vraiment être imperméable au style de Tahar Ben Jelloun.

Je remercie encore une fois Marjolaine pour cette découverte!

  • Extrait

Il s’était demandé pourquoi, dans l’esprit des enfants d’aujourd’hui, la bonté était signe de faiblesse. Fallait-il être dur, autoritaire et injuste pour être fort, pour être respecté, admiré?

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