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Titre : L’égaré de Lisbonne
Auteur : Bruno D’Halluin
Date : 2014
Nombre de pages : 250

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  • L’intrigue

1500. L’Amérique a été découverte il y a 8 ans. L’Espagne et le Portugal se partagent les découvertes du monde

Joao Faras, nouveau-chrétien participe à l’aventure en tant que cosmographe. Très motivé à l’idée de participer à la découverte du monde, il perd peu à peu son enthousiasme face aux naufrages, aux tempêtes, aux longues journées sans vent, aux maladies…

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie tout d’abord Babelio et les éditions Gaia pour cet envoi lors d’un masse critique. Je ne me souviens plus vraiment pourquoi j’avais sélectionné ce livre…mais j’ai bien fait, parce qu’il était très intéressant!

Il m’a fait immédiatement penser au documentaire de Jacques Attali, qui s’appelle 1492. 1492 fut une année décisive, primordiale, où s’est passé énormément de choses : la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, les juifs et les musulmans sont chassés d’Espagne, alors que la Bretagne et la Bourgogne deviennent un territoire de la France. L’imprimerie commence à se faire connaitre, on découvre de nouveaux territoires, de nouveaux aliments…

Ce roman montre cette période, même si elle commence à 1500. L’Amérique est découverte depuis moins de 10 ans, on essaye d’atteindre l’Inde en contournant l’Afrique. C’est la période où on sort du Moyen-Age et on entre lentement dans la Renaissance.

C’est une période absolument passionnante. J’ai appris un tas de choses. Il est difficile de s’imaginer une époque où on ignorait tout du monde, où on découvrait de nouvelles régions, de nouveaux endroits tous les mois, par hasard presque. L’Amérique du Sud a été découverte par hasard d’ailleurs, alors que les bateaux tentaient de trouver un chemin vers le Cap d’Espérance! Ils sont arrivés face à une cote qu’ils ont appelé l’île de Vera Cruz, alors qu’ils avaient débarqué au Brésil (ce qui est loin d’être une île).   Je trouve cela vraiment drôle à imaginer maintenant.

Ce roman est composé de trois parties :
1. le voyage en Mer
2. le retour et la carte
3. la peste et les persécutions

Je ne me suis pas réellement attachée au personnage principal. Je l’ai trouvé assez agaçant et parfois même stupide. Être médecin et ne pratiquer qu’avec dégout et de manière complétement aléatoire n’a pas renforcé mon amour pour lui. Je l’ai trouvé en fait assez faible et souvent ridicule. Je me suis bien plus attachée à ce qui se passait autour de lui, aux pays, aux bateaux, à l’époque qu’à lui.

Ce que j’ai trouvé assez drôle, c’est qu’il soit victime du mal post-traumatique qui peut tomber sur les survivants. A présent, avec les guerres qui nous ont ramené des centaines de soldats traumatisés et avec la psychologie, on a appris à connaitre cette maladie, à la traiter. On l’a surtout reconnu. Alors, à la fin du Moyen-Age, un homme atteint de ce mal ne devait vraiment pas être aidé!

Autre chose impressionnante : voir que le Portugal, un pays plutôt minuscule a réussi pendant plusieurs années à conquérir une grande partie du monde. Comment ont-ils fait et ont-ils tenus aussi longtemps? Petit pays, il lui fallait aller chercher beaucoup de choses ailleurs, c’est certainement pour cela (et le fait d’être face à la mer)  qu’ils ont développés à ce point leurs flottes. Ils ont eu de la chance aussi que la France et l’Angleterre soient occupés ailleurs pendant ces années-là.

L’histoire de la carte était passionnante aussi. Merci à la maison d’édition Gaia qui l’a mise en couleur dans les rabais de la couverture du roman, c’était vraiment beau à regarder. Une telle carte devait être un véritable trésor!

Ce roman est la description d’une époque assez particulière : la fin d’une époque assez obscure et le début d’une ère un peu plus tolérante…la connaissance va se multiplier grâce à l’imprimerie, l’art, les bateaux vont découvrir le monde entier…mais ils en sont encore très loin, comme l’atteste la ferveur religieuse et le massacre de la communauté juive de Lisbonne

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Une belle découverte, que je n’aurais jamais découverte sans ce Masse Critique. Je remercie encore une fois Babelio et Gaia pour cet envoi et je vous le conseille!

  • Extrait

Comment les hommes pouvaient-ils être aussi abominables? Et cela, où qu’ils vécussent. En Europe, en Afrique, à Vera Cruz, aux Indes. Y avait-il, quelque part dans le monde, des terres, des îles épargnées? Tout compte fait, la mer n’était peut-être pas pire que la terre.

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