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J’ai encore lu plusieurs bande-dessinées ces derniers temps. J’aime beaucoup ça. La bande-dessinée permet de lire, quand on ne veut pas lire autre chose, quand on arrive pas à se concentrer sur un récit plus long!

J’en profite pour vous parler de V pour Vendetta, lu en janvier que je n’avais pas critiqué!

  1. V pour Vendetta – Alan Moore et David Lloyd
  2. Mauvais genre – Chloé Cruchaudet
  3. Bleu est une couleur chaude – Julie Maroh
  4. Les derniers jours de Stefan Zweig – Laurent Seksik et Guillaume Sorel

Titre : V pour Vendetta
Auteurs : Alan Moore et David Lloyd
Date : 1990
Nombre de pages : 335

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Je ne pense pas avoir besoin de présenter cette bande-dessinée que tout le monde ou presque doit connaitre (au moins le thème ou seulement le masque de V).

Je ne connaissais que le thème de l’histoire et très vaguement son intrigue, je me suis donc plongée dans cette bande-dessinée au mois de janvier et j’en suis ressortie toute tourneboulée. C’est sans hésiter, une excellente bande-dessinée. On ne peut pas en ressortir indemne. Moi, elle m’a effrayé et fascinée. J’ai eu beaucoup de mal à en parler et je sais que cette critique ne va pas être à la hauteur de ce que j’ai ressenti.

Cela se passe à Londres, à la fin du XXe siècle. L’Angleterre est devenue une dictature fasciste et sans pitié, où personne n’ose résister au « Système ». Tortures, déportations, assassinats, la liberté, la culture ont disparues depuis longtemps.

Mais pourtant, quelqu’un résiste. Une personne qu’on ne peut pas apercevoir. Une personne masqué d’un grand sourire, qui, vêtu comme un acteur de vaudeville, se révolte, pose des bombes, assassine les dirigeants en citant Shakespeare et en sauvant les innocents. Il s’agit de V. V pour vendetta et vengeance. Mais pourquoi?

V est un ennemi particulièrement dangereux parce qu’il maîtrise le Système. Il peut tout faire basculer… Il maîtrise tellement tout qu’il semble être comme un homme jouant avec ces marionnettes. Il a un temps d’avance sur tout. C’est à peine s’il semble humain, tant il ne recherche qu’une seule chose : la liberté.

Que dire…Alan Moore a mis en place une histoire absolument extraordinaire formidable. C’est un festival de caractères, d’intrigues secondaires et principales, de personnages…Son histoire tient la route et c’est cela qui est le plus effrayant. Après la deuxième guerre mondiale, après les génocides que le monde a connu, qui dit que cela ne pourrait pas arriver? C’est réellement effrayant. Cette société est dépeinte avec tellement de réalisme qu’on ne peut qu’avouer que cela pourrait très bien arriver.

Les dessins ne sont pas très joyeux ni beaux je trouve…les traits sont durs, brutals…ils vont parfaitement avec ce récit.

V est devenu le symbole de l’anarchiste par excellence.

[Attention, je dévoile une partie de la fin]

Qui était V? Quelle était son histoire? Comment s’était-il trouvé là, dans ce camp, où ses atrocités s’étaient produites et qui lui ont donné la force et le besoin de se venger? On ne le saura jamais. Ce n’est pas grave. Ce n’est pas cela l’important. V, c’est tout le monde, c’est l’être anonyme qui peut se retrouver du jour au lendemain opprimé et tué, sans que personne ne lève le doigt.

V, cela peut très bien être nous.

Une bande-dessinée à lire, à connaitre, à faire connaitre sans hésiter.

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Titre : Mauvais genre
Auteure : Chloé Cruchaudet
Date : 2013
Nombre de pages : 160

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Cela fait plusieurs semaines qu’on voit cette bande-dessinée un peu partout. Je l’ai donc réservé dès que j’ai pu et lu en une soirée. Je suis bien contente de l’avoir terminé aussi rapidement, cette bande-dessinée m’a mise assez mal à l’aise…Je ne saurais pas dire pourquoi exactement…

Paul Grappe épouse Louise Landy juste avant le début de la Première Guerre Mondiale. Il déserte et décide de se travestir en femme pour ne pas se faire attraper et exécuter. Il devient donc Suzanne Landgard durant 10 ans. 10 ans à se travestir, à faire semblant, à changer d’identité.

Cette bande-dessinée s’est inspirée d’un roman, qui lui, s’est inspiré de faits réels.

De quoi nous parle cette bande-dessinée? Des années folles et de l’arrivée d’une certaine forme de liberté et de joyeuseté de l’entre deux-guerre. Du traumatisme violent de la guerre, de schizophrénie (tout de même!) d’un couple qui ne se comprend plus alors qu’il s’aime à la folie…

Paul Grappe est un personnage assez extraordinaire tout de même : Il s’est tellement habitué à ce déguisement, à être une femme, que tout n’est plus clair dans sa tête. Il aime passionnément cela, il a construit sa vie autour de ça…il aime être traité comme tel. Comment revenir alors à sa vie d’avant?

Je n’ai pas beaucoup aimé le personnage de Paul. Dès le début je l’ai trouvé assez grossier , vulgaire et brute. Après être devenu Suzanne, il n’est pas particulièrement mieux.

Alors que Louise, sa femme m’a semblé beaucoup plus passionnante. C’est elle qui aime profondément son époux, qui l’aide, qui le suit, le soutient envers et contre tout et finit même par le délivrer.

J’ai terminé cette bande-dessinée rapidement et avec soulagement. Elle m’a mise quand même très mal à l’aise.

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Titre : le bleu est une couleur chaude
Auteure : Julie Maroh
Date : 2010
Nombre de pages : 156

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Ma bibliothèque a enfin reçu un exemplaire de cette bande-dessinée et je dois avouer que j’étais assez curieuse de la lire!

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je me permets de faire cette petite parenthèse.
Parce que je ne suis vraiment, mais alors vraiment pas contente.

Sur l’exemplaire que j’ai eu à la bibliothèque, il n’y a pas le nom de l’auteure sur la page de couverture! Oui!
Comme vous voyez, il y a le titre, il y a l’illustration qu’on connait et…apparemment la maison d’édition a préféré (pour la présente édition) mettre en avant le film tiré de cette bande-dessinée, avec ce bandeau assez moche et qui détruit la beauté du dos de l’illustration, plutôt que de mettre le nom de l’auteure (la personne qui a créé cette bande-dessinée quand même!)
Le nom de l’auteure se trouve seulement sur la tranche de la BD. La quatrième page de couverture? L’affiche du film…

Je n’ai pas vu le film. Il parait qu’il est génial et je veux bien le croire. Mais je trouve ça dommage…ici il s’agit de la bande-dessinée, je ne vois pas trop ce que le film vient y faire…zapper comme ça l’auteure, c’est triste.

Voilà, j’ai suffisamment râlé comme ça! Je vais vous parler maintenant de cette bande-dessinée!

Clémentine est donc une jeune lycéenne, sans problème particulier. Sa vie bascule quand elle rencontre Emma, une jeune étudiante aux cheveux bleus. Sans vouloir se l’avouer, elle éprouve des sentiments pour l’étudiante, qui elle, assume son homosexualité.

J’ai trouvé que c’était une très belle BD, pleine de grâce, de tendresse et de pudeur (aussi!), malgré quelques scènes assez érotiques.

J’ai trouvé qu’elle a traité le thème de l’homosexualité féminine avec beaucoup de douceur et sans cliché. C’est certainement ce qui fait le succès de cette bande-dessinée : sa grâce et sa tolérance.

On voit toutes les étapes de l’acceptation de sa sexualité à travers la vie de Clémentine : la surprise de l’attirance, l’attrait du désir, le déni, la colère et l’incompréhension…la peur et la honte…et enfin l’acceptation et le bonheur. Ce n’est pas simple (et ce, toujours à notre époque) pour des adolescents de s’accepter et de vivre en harmonie avec soi-même. Cette bande-dessinée prône l’amour, l’harmonie et la tolérance.

Il y a deux récits : le présent avec Emma seule qui lit les journaux intimes de Clémentine qui sont colorés et le passé qu’elle lit qui sont en noir et blanc, sauf pour les cheveux d’Emma, qui sont d’un bleu électrique. Et le titre est très bien choisi, parce qu’ici, la couleur est décidément une couleur chaude.

L’auteure a réussi à faire une histoire belle et sensible à une époque où la différence sexuelle continue encore à déranger et à offusquer. On le voit bien, l’important n’est pas qui on aime (sexe, âge, couleur de peau ou foi différente) mais la force et la beauté de l’amour qu’on lui porte. C’est une belle histoire d’amour, avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs et ses malheurs que Julie Maroh a écrite et dessinée.

J’ai vraiment apprécié cette BD et je le conseille aux personnes curieuses de voir de quoi il s’agit, surtout après tout le bruit qu’elle a fait.

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Titre : Les derniers jours de Stefan Zweig
Auteur : Guillaume Sorel et Laurent Senksik
Date : 2012
Nombre de pages : 88

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Et encore une BD particulièrement joyeuse! Il faut l’avouer, sur cette sélection, on ne peut pas dire que j’ai pris des BDs particulièrement joyeuses!

Encore une BD issue d’un roman donc, un roman de Laurent Seksik, qui avait eu -je crois – un certain succès au moment de sa sortie en 2010 . En tout cas, moi, je m’en souviens en avoir entendu parler.

J’ai régulièrement vu cette bande-dessinée à la bibliothèque, sans penser à l’emprunter. Je ne sais plus à quelle critique de blog je dois cette envie, mais j’ai fini par la prendre.

Tout d’abord, il faut savoir que j’aime beaucoup Stefan Zweig. J’ai eu la chance de pouvoir lire une partie de ses œuvres en allemand (et même si les traductions sont excellentes, cela change un peu tout quand même!) et certains de ces livres font partie de mes préférés.
D’ailleurs, je ne peux que vous conseiller l’autobiographie « Le monde d’hier », dont on parle longuement dans cette BD, qui a été une révélation pour moi. Il fait partie des livres que je veux absolument relire un jour. C’est une merveille, un chef d’oeuvre…cet homme a tout vécu, c’est impressionnant, il a eu une vie tellement belle, tellement importante qu’on dirait qu’il a facilement vécu plusieurs vies. C’est un véritable hommage à ce monde d’hier, ce monde beau et tolérant qu’il a connu et qu’il regrette.

On assiste dans cette BD aux derniers jours de Stefan Zweig. Il s’était réfugié au Brésil avec sa deuxième femme, alors que la Deuxième Guerre Mondiale était à son paroxysme.

J’aurais voulu connaitre cet homme. Je suis sûre que c’était quelqu’un d’extrêmement humain et bon, plein d’espoir. Et pourtant, la fin de la BD n’est pas une surprise. Il s’est suicidé avec sa femme, après avoir appris la défaite des américains en Indonésie.

Exilé, apatride et considéré un peu partout comme un « allemand », ou un « juif », vieux, diminué, sans espoir, il a décidé d’arrêter d’assister à cette agonie du monde et de ne pas attendre que les allemands viennent l’attraper. Je pense qu’il était profondément fatigué, qu’il a fait ce qu’il a pu et qu’il était arrivé à un point de non-retour.

Et pourtant quel dommage…il aurait attendu quelques mois de plus et il aurait eu la joie de voir que finalement le fascisme a été vaincu. Je suis contente qu’il soit toujours autant lu et apprécié.

J’ai eu un peu de mal à me faire aux dessins de la bande-dessinées, mais pourquoi pas! J’ai trouvé qu’il était très bien représenté, ainsi que sa mélancolie et la fin, toute en pudeur et discrétion.

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