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Titre : Nous ne serons jamais des héros
Auteur : Olivier Jouvray
Illustrateur : Frédérik Salsedo
Date : 2010
Nombre de pages : 84

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  • L’intrigue

Mick est un jeune du XXIe siècle. Il se contente de rester assis sur son canapé à zapper, il joue en ligne, il est pauvre, car au chômage et parfois essaye de draguer les femmes, sans y parvenir. En trois mots, Mick est un loser.

Quand son père insupportable, avec qui il n’a presque plus de contact, lui propose de l’accompagner dans un long voyage autour du monde, il hésite: il a énormément envie que quelque chose se passe, de changer, mais qu’implique ce voyage? Certes, il ne débourse pas le moindre centime, mais il va devoir se plier aux ordres et désirs de son père. En est-il réellement capable?

Il décide de tenter l’expérience et de se rapprocher de son père.

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie tout d’abord vivement Le Lombard, Babelio et le Club des Chroniqueurs Signé qui m’ont sélectionné pour fêter les vingt ans de la collection! Je suis ravie de lire ces bandes-dessinées! 

J’ai lu cette bande-dessinée très rapidement, en une après-midi en fait, ce qui montre que j’avais très envie de connaitre le fin mot de l’histoire. Ce fut donc une lecture assez agréable, qui m’a en plus donné envie de voyager!

Si j’ai apprécié l’histoire, j’ai eu un peu plus de mal avec les illustrations. Je ne les ai pas trop aimé en ce qui concerne les personnages, que je trouvais assez laids. Sinon, les paysages, le décors, les maisons, aucun souci.

Ces deux hommes, très différents vont donc se retrouver et apprendre à vivre ensemble et à mieux se connaitre.

Le père de Mick a eu un accident de la route plus jeune : sa femme (et la mère de Mick) en est morte. Lui a survécu avec de grosses séquelles qui l’empêchent de vivre normalement. Il a été incapable de reprendre sa vie et de s’investir réellement pour ses enfants.

Ce que le père veut, c’est revoir les endroits qu’il a vu plus jeune avec sa femme. Mais il ne peut pas y aller seul, c’est trop compliqué avec sa jambe. C’est pour cela qu’il propose à Mick de venir. Afin qu’il lui serve d’infirmière en somme. Les débuts sont très difficiles, les deux hommes sont butés et personne ne fait le premier pas. Mais peu à peu les tensions se délient…

En plus d’être une BD sur les retrouvailles d’un père et de son fils, je trouve que c’est également une BD sur l’amour que le père portait à sa femme disparue. J’ai beaucoup aimé les passages qui portaient là-dessus.

Il y a une chose que j’ai trouvé géniale : les discussions entre Mick et Lucy. Je ne peux m’empêcher de vous retranscrire un extrait de ce que Lucy dit:
Nous ne serons jamais des héros. Nos parents n’ont pas connus la guerre mais ils ont eu les couilles de faire la révolution, ce sont les héros de 68… Nous, on a ni guerre ni révolution à faire. Pas d’adversaire à combattre, pas de parents à affronter… Si on cherche à se distinguer d’une manière ou d’une autre, une marque de pompes ou un déodorant quelconque va s’empresser de récupérer tes idées pour vendre des merdes en masse… On sera jamais des héros, faut faire le deuil de ce vieux fantasme. On doit réussir notre passage sur terre d’une autre manière.

Ce passage se trouve vers la fin de la bande-dessinée, ainsi que sur la quatrième de couverture.

J’ai trouvé que cette réflexion était assez juste. C’est vrai qu’on a pas la guerre, qu’on a pas (pour le moment) fait de grandes révolutions en France. Ma génération est très individualiste, très consumériste. Et il est également vrai que dès que quelqu’un a une bonne idée, elle est presque immédiatement commercialisé dans le but de faire de l’argent encore et encore. Et qu’on le veuille ou non, on participe plus ou moins (d’autres plus que moins) à cette société de consommation (mot qui est devient de plus en plus négatif d’ailleurs).

Alors comment être un héros dans notre pays? C’est compliqué! Comment faire? Par ou commencer? La question la plus importante reste : comment être sois-même et avancer dans la vie. Et Mick trouve quelques solutions durant ce voyage.

On peut considérer ce voyage comme un voyage d’apprentissage pour Mick. On sent qu’il s’arrête, qu’il réfléchit, qu’il essaye de murir, d’avancer et de trouver des solutions. Il revient plus serein et plus adulte que lorsqu’il était parti (ou il faisait plus ado attardé qu’autre chose). J’ai aussi trouvé ses dessins plus doux, plus beaux qu’au début.

Je m’attendais vaguement à une telle fin, je n’ai donc pas été surprise. L’acte du père était assez évident, comme pour conclure ce « pèlerinage ».

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Un grand merci encore à  Masse Critique et à la maison d’édition Le Lombard (tout particulièrement le Club des Chroniqueurs Signé pour leur confiance et leur beau travail. pour cet envoi! J’ai passé un bon moment avec cette bande-dessinée et je la recommande.

Club-Chroniqueurs-Signé

  • extrait

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