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Titre : Long week-end (vo : Labor Day)
Auteure : Joyce Maynard
Date : 2009
Nombre de pages : 283

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  • L’intrigue

Henry a treize ans et vit seul avec sa mère, Adèle un peu étrange depuis que son père est parti refaire sa vie. Il n’aime pas la nouvelle famille de son père, est obsédé par les filles et a failli mourir d’ennui durant l’été 1987, où il n’a eu aucune distraction. Alors que le week-end prolongé de Labor Day arrive et que le fils et la mère vont faire des courses, Henry rencontre Frank qui lui demande de l’aider et de l’amener à sa mère. Il voudrait être conduit dans un endroit calme. Adèle accepte et le ramène chez eux.

Mais Frank est un prisonnier, condamné pour meurtre, qui s’est évadé.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai découvert Joyce Maynard l’année dernière avec Baby Love que j’avais vraiment beaucoup aimé. J’ai également lu depuis Les filles de l’Ouragan que j’avais adoré. J’avais tellement aimé ces deux romans que Joyce Maynard est devenue une des grandes découvertes de l’année 2013 pour moi et que j’avais décidé de lire chacun de ses romans quand je tombais dessus.

Long week-end est sorti au cinéma au mois d’avril. En voyant les affiches, j’y ai donc pensé et j’ai lu le roman, dans l’idée de voir le film après…si j’ai le temps.

Avant d’avancer plus en avant dans ma critique du fond, je dois tout de même dire que je trouve la couverture assez moche et banale. Ils auraient pu rendre ce livre un peu plus attractif. Pour quelqu’un qui ne connait ni l’histoire, ni l’auteure, je ne suis pas sûre qu’ils auraient envie d’en savoir plus en regardant juste la couverture. C’est dommage.

J’ai passé un excellent roman avec ce roman. C’est d’ailleurs mon premier coup de cœur depuis le mois de septembre 2013, c’est dire! Il m’a passionné du début à la fin.

L’écriture est toujours aussi fine, aussi belle et aussi soutenue. C’est un véritable plaisir de le lire. Joyce Maynard a vraiment une écriture de qualité.

C’est une très belle histoire d’amour. J’ai été immédiatement séduite par son aspect assez extraordinaire et éphémère…un évadé et une femme très perturbée. Tout ça sous le regard d’un enfant de 13 ans. Il faut dire que c’est tout de même assez particulier!

J’ai tout aimé : l’atmosphère, l’histoire d’amour, les thèmes du roman…Car plusieurs thèmes sont abordés! Il y a -bien évidemment- l’amour, mais aussi la maternité (thème déjà présent dans les deux romans de Maynard que j’ai lu), les relations mère-fils, les couples, le temps qui passe, les traumatismes…tout ça abordé avec beaucoup de délicatesse et de finesse.

On peut dire qu’il s’agit d’un huis-clos assez passionnant, surtout qu’il est raconté du point de vue d’Henry, qui avait 13 ans à cette époque. Treize ans, l’année où on devient adolescent, où on découvre les filles, où on a souvent honte et on est mal à l’aise face à l’amour.

Pour une fois, je préfère ne pas trop dévoiler l’intrigue, j’ai adoré la découvrir. Mais je ne peux m’empêcher de dire un petit mot sur la fin :

[Attention, je dévoile la fin]

J’ai été très soulagée de lire la fin. J’avais un peu peur d’un carnage pas possible, avec des tas de morts…évidemment, Frank retourne en prison, ils sont profondément malheureux, mais la fin n’est pas si négative que cela. Ils ont perdus de précieuses années de leur vie, mais ils sont enfin ensemble.
Disons que la fin semble très paisible et j’en ai été ravie. Les personnages le méritaient.

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Un roman superbe, une écriture magnifique, une belle histoire hors du commun, vraiment, j’adore cette auteure et je vais continuer à la découvrir, petit à petit, pour ne pas tarir trop vite la source.

  • Extrait

Parfois je me demandais si le problème n’était pas qu’elle avait trop aimé mon père. J’avais entendu parler de cas de personnes qui ne se remettaient jamais de la mort ou du départ de quelqu’un qu’ils avaient trop aimé. On disait qu’ils avaient le cœur brisé. Un soir, pendant notre dîner de surgelés, au moment du troisième verre de vin, je faillis lui poser la question. Est-ce que pour haïr quelqu’un comme elle semblait haïr mon père, il ne fallait pas d’abord l’avoir beaucoup aimé ? Comme dans le jeu de bascule : plus bas descend l’un, plus haute monte l’autre. »
« J’ai fini par conclure que ce n’était pas d’avoir perdu mon père qui avait brisé le cœur de ma mère – si c’est bien ce qui lui était arrivé -, c’était d’avoir perdu l’amour tout court – voyager en vendant du pop-corn et des hot-dogs, traverser l’Amérique en dansant, vêtue d’une robe scintillante et d’une petite culotte rouge. Avoir quelqu’un qui vous dit tous les jours que vous êtes belle, ce que faisait mon père, racontait-elle.

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