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Titre : Underground
Auteur : Haruki Murakami
date : 1997 au Japon ; 2013 en France
Nombre de pages : 580

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  • Le résumé

Le 20 mars 1995, un attentat a lieu au Japon. En pleine heure de pointe du métro de Tokyo, plusieurs adeptes de la secte Aum ont répandu du gaz sarin dans les trains. Il y a eu 12 morts et environ 5000 blessés.

Haruki Murakami a été très touché par cet attentat et a été stupéfait de voir la manière dont les médias ont mal traité le sujet. Il a donc décidé d’aller à la rencontre des victimes qui voulaient bien lui parler pour créer un ouvrage qui reprendrait ces témoignages. Il s’agissait de ne pas oublier, de donner à tous la possibilité de s’exprimer. 


 

  • Ce que j’en ai pensé

Ce livre a été une véritable claque pour moi. Je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à la fin.
J’ai découvert qu’Haruki Murakami n’était pas juste un écrivain au Japon, mais qu’il avait fait également ce documentaire-témoignage. Je ne connaissais l’auteur que grâce à la trilogie 1Q84 que j’avais lu il y a deux ans je crois.

Je dois avouer à ma plus grande honte que je ne savais rien de cette attaque terroriste. Trop jeune quand elle est arrivée, je n’ai pas le souvenir d’en avoir jamais entendu parler dans mon enfance et mon adolescence. Ou alors pas assez pour que je le retienne.

Alors que Murakami a constitué et publié ce livre en 1997 au Japon, il a fallu attendre 2013 pour l’avoir traduit en français (en gros il  a fallu attendre le succès de 1Q84?).

Ce documentaire est partagé en deux parties  : les témoignages des victimes et les témoignages de membres (où d’anciens membres) de la secte Aum.

Les deux parties sont très intéressantes et se complètent.

La première partie est donc les témoignages des victimes : il y a ceux qui n’ont aucune séquelle, il y en a qui en ont des légères, puis ceux qui en ont des lourdes, voir même handicapantes…et il y a quelques témoignages sur des membres des hommes qui ont perdu la vie ce jour-là.

Tous -ou presque- parlent de la notion du hasard…et si ils avaient ratés le train? Ou si au contraire, ils avaient pris celui d’avant? C’est assez affreux de se dire que finalement, ce qui leur est arrivé est juste de la malchance.

Cette attaque a l’inconvénient d’être invisible. On ne voit rien, c’est un gaz. D’ailleurs c’est pareil pour les séquelles, on ne les voit pas. Un homme avec des membres en moins, on le voit. Un homme qui a été gazé au gaz sarin, on ne voit rien et cela devient plus difficile à croire jour après jour. Il ne présente physiquement aucune séquelle, mais souffre de maux de tête, d’oubli, de problème respiratoire, de vision…ce n’est pas réellement visible.

On voit aussi les différences de comportements. Une telle attaque dans un métro parisien, je ne pense pas qu’on serait resté calme et qu’on aurait mis autant de temps à réagir. Après, je suis persuadée qu’il y aurait un grand mouvement de panique et de foule, donc ce n’est pas mieux. Mais rester aussi calme, ne pas réellement réagir, prendre son temps pour remonter à la surface comme une grande partie des personnes ont fait ce jour-là…ce n’est pas possible.

La deuxième partie reprend des témoignages d’anciens membres de la secte. Je trouve cela très bien qu’Haruki Murakami soit allé les interroger.

Ce qui est impressionnant, c’est qu’aucun des membres interrogés ne regrettent d’avoir fait partie de cette secte. Même ceux qui ont été séquestré et torturé, ceux sur qui on a fait des essais scientifiques. Ils ne regrettent pas .
Cela montre à quel point notre société ne prend pas en compte les gens qui n’entrent pas dans le moule et qui ne veulent pas suivre les règles. C’est effrayant. Il faut absolument que notre société évolue de ce côté-là et qu’elle ne laisse pas ces personnes toutes seules. C’est ainsi qu’elles deviennent sensibles aux sectes qui répondent à certaines de leurs questions.

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Un livre assez extraordinaire. J’ai beaucoup de mal à en parler, dire exactement ce qui m’a plu (surtout que c’est un sujet grave). L’auteur a raison, il ne faut pas oublier, il ne faut pas laisser cette journée dans le passé et ne pas apprendre de ses erreurs. Sinon, cela recommencera.

  • Extrait

Je ne veux plus jamais passer à la télévision. Plus jamais. Ils ne disent pas la vérité. J’avais espéré une part de vérité, mais la chaîne avait sa propre idée sur ce qu’elle voulait diffuser. Elle n’a jamais montré ce que j’avais vraiment à dire.

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