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Titre : La Maladie de Sachs
Auteur : Martin Winckler
Date : 1998
Nombre de pages : 472

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  • L’intrigue

Bruno Sachs est médecin dans un petit village en province. Presque tous les jours, il passe sa vie à soigner, à aider, sans compter ses heures. C’est un médecin très apprécié, toujours aimable et qui fait son possible pour écouter réellement le patient et soigner les douleurs et les maladies.
Mais à force de toujours s’occuper des autres, personne ne s’occupe réellement de lui.

  • Ce que j’en ai pensé

Cela faisait un moment que ce livre me faisait de l’œil…j’avais beaucoup aimé Le chœur des femmes (enfin, tout, sauf la fin!) et j’étais très curieuse de découvrir ses autres romans. J’avais donc sorti ce roman de mon étagère  (et un autre livre de ma PAL! Yes!) depuis un moment et fin juin, j’ai enfin pris le temps de m’y plonger.
Ce roman a eu le prix du Livre Inter 1999.

Et bien…je suis un peu déçue…J’ai hésité entre lecture agréable et ni agréable ni désagréable et je suis hélas obligé de le mettre dans la deuxième catégorie. Je me suis lancée dans cette lecture assez confiante et je n’ai pas retrouvé le même engouement que pour Le Chœur des femmes.

J’ai surtout trois choses à lui reprocher.
Tout d’abord, j’ai eu du mal à rentrer dans le roman, à cause du style de narration : ce roman est constitué de témoignages, de récits des patients, toujours à propos de leur médecin, Bruno Sachs.
C’est très original, mais parfois, j’avais du mal à suivre, à comprendre. Et surtout, j’aurais voulu en savoir plus sur ses pensées à lui, plutôt que de le voir toujours à travers les yeux des autres. J’ai trouvé cela un peu dommage. Finalement, c’est le personnage principal et on ne connait pas bien ses pensées. J’aurais voulu se qu’il pensait de ses patients au moment où il les soignait et pas après coup, dans ses carnets.

Il y a également certains « mystères » non résolus (qu’y avait-il dans cette enveloppe? Et dans la lettre de l’autre docteur?) Peut-être qu’il le fait comprendre implicitement dans le récit à un moment, mais moi, en tout cas, je ne l’ai pas vu. Ma curiosité n’a donc pas été satisfaite!

Et enfin, j’ai trouvé ce roman trop long. Arrivée au milieu, j’en avais un peu assez de tous ses témoignages un peu décousus, je trouvais que cela n’avançait pas. J’aurais préféré qu’il fasse bien 100 pages de moins!

Par contre, j’aime toujours autant son discours et ses convictions sur les médecins.
La manière dont il parle des médecins me fait vraiment peur. Cela ne donne vraiment pas envie d’y aller. Pour chaque Bruno Sachs, comment y-a-t-il des médecins qui ne sont plus des « soignants »?
C’est compliqué tout de même. Bien évidemment que si jamais si j’étais malade, j’irais me faire soigner, mais je n’aimerais pas devenir une sorte d’expérience entre leurs mains, pour voir si un nouveau médicament, une nouvelle chimio marche, même au nom du progrès. J’aimerais pouvoir faire entièrement confiance aux médecins, mais il clair que je ne le fais pas.

Ce métier n’est vraiment pas simple : soigner les autres. Dans ce cadre, on n’a pas le droit à l’erreur. Il faut être très très patient. Car si pour le médecin, c’est la 1000ième fois qu’il voir un cas, pour le patient, c’est la première. Il faut être capable d’écouter sans porter de jugement. Il faut être prêt à y consacrer du temps : il ne manque jamais de patients et doit avoir des journées bien remplies. Il suffit de voir comment il est devenu compliqué de voir un médecin le jour même ou même durant la semaine même! Pour certaines professions, il faut attendre plusieurs mois! Or, ce n’est pas dans 8 mois que les patients ont besoin de consulter, c’est le jour même!

Il est clair qu’il y a beaucoup de choses à changer chez les médecins et la pratique de la médecine à notre époque et qu’on est pas près d’y arriver, surtout si on continue à vouloir faire des économies sur la santé.

Ce qu’il dit sur la douleur est aussi incroyable. Que les patients souffrent encore aujourd’hui, avec tous les progrès qu’on a fait, qu’un médecin puisse dire que la douleur est utile, voir même que certains la mérite, je trouve cela proprement scandaleux.

Voilà, donc si j’ai eu du mal avec le style et la longueur du roman, j’ai beaucoup aimé le message qui en ressort et la vision que l’auteur a de ce que devrait être la médecine.

J’ai bien aimé par contre que ce docteur ne soit pas parfait. Tout le monde ne l’adule pas, il commet de nombreuses erreurs, c’est un être humain. Une sorte de héros ordinaire comme il y en a plein dans le monde, mais que personne ne connait, parce qu’ils font ce qu’il y a a faire dans leurs coins sans chercher la gloire et parce qu’ils ont eux aussi des défauts.

 

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Une lecture demie-teinte donc, trop long, mais dont j’ai bien aimé le discours. Je n’ai pas passé un moment désagréable, mais je n’ai pas été aussi séduite que pour Le chœur des femmes, dont le thème me parlait plus. Je vais attendre un peu avant de réessayer un de ses romans, mais je sais que je ne vais pas m’arrêter là!

  • Extrait

Pour faire ce boulot jusqu’au bout, il faut être cinglé. Il n’y a que des cinglés pour vouloir sauver la vie des gens, sans se rendre compte que c’est impossible. Ceux qui font semblant de croire le contraire sont des salauds.

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