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Titre : Le liseur du 6h27 
Auteur : Jean-Paul Didierlaurent
Date : 2014
Nombre de pages : 217

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  • L’intrigue

Guylain Vignolles est ouvrier dans une usine spécialisée dans le pilon des livres invendus. Il a de plus en plus de mal à supporter ce travail et mène une vie solitaire.

Tous les matins en se rendant sur son lieu de travail, il lit à voix haute quelques feuillets qu’il a sauvé de la machine à détruire les livres dans le RER de 6H27. Mais un jour, il trouve une clef USB, sur laquelle se trouvent des textes d’une inconnue. Fasciné, il veut la retrouver.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce roman a fait un certain bruit à sa sortie, en tout cas sur les blogs littéraires que je suis, j’ai eu tendance à le voir apparaître souvent. J’ai fini par me laisser tenter et je l’ai réservé à la bibliothèque. Je pense que j’aurais mieux fait de m’abstenir.

C’est une lecture sympathique…mais pour moi, cela s’arrête là. Je le range avec les gentils romans des auteurs comme Barbara Constantine ou Éric-Emmanuel Schmitt. J’en ai lu beaucoup pendant un moment et j’ai tendance à présent à les fuir, rapidement lassée.

Disons que c’est un roman qui met de bonne humour, mais qui ne rassasie pas ma faim de littérature.
Il n’y a pas de surprise, c’est plutôt plein de bons sentiments, un peu moralisateur sur les bords, mais après tout pourquoi pas. Cela finit bien, une jolie histoire d’amour romantique, un jeune homme qui reprend goût à la vie, une jeune fille qui n’est pas ce qu’elle semble être, dépasser les apparences…regarder avec le cœur, bref, tout cela à la fois!

Mais si j’ai voulu lire ce roman, c’était surtout à cause du métier de Guylain Vignolles. Cela m’intéressait beaucoup d’en savoir un peu plus là-dessus. Et en lisant ce livre, j’ai été un peu déçue tout de même…peut-être pas déçue, mais pas étonnée :

C’est une chose que j’ai souvent remarqué avec mon métier : le tabou du pilon du livre. Et on le retrouve ici dans toute sa splendeur. Le gentil héros ne supporte pas ce métier infamant qui consiste à se débarrasser des invendus des éditeurs, cela le rend malade, il essaye de « sauver ce qu’il peut ».

Le « méchant » de l’histoire, lui, aime ça de détruire les livres, il adore même et n’a qu’une seule hâte, c’est de pouvoir être au commande. Le problème est qu’il a tout le vice ce méchant jeune homme : raciste, sexiste, ignorant, lèche-botte, sadique même. Franchement, ce n’est pas très fin comme image…C’est dommage.

Bref, jeter des livres, détruire des livres, c’est un métier de la honte. Je le vois régulièrement. La politique de désherbage, de pilon, on en parle pas trop au public. Il serait choqué. Jeter de la nourriture, des objets, des vêtements n’est jamais aussi grave que de jeter un livre. On ne jette pas la culture voyons! Bon j’exagère un peu dans mes propos, mais je dois avouer que cela m’énerve. 

J’ai envie de dire que c’est le pilon, cela fait partie de la chaîne du livre, tout simplement.

Oui c’est moche, mais bon, les livres jaunes, abîmés et qui ne sortent / se vendent pas, on ne va pas les garder durant des siècles non plus. Au moins, le papier est recyclé, il va être réutilisé, c’est déjà pas mal. Et si c’est du gâchis, il faudrait plutôt s’attaquer au début de la chaîne et ne plus sortir les livres dans des quantités tellement faramineuses.

Bien évidemment, c’est dommage pour les ouvrages à qui on laisse 1 mois même pas, avant de jeter parce que cela ne marche pas assez vite / bien et qu’il faut faire de la place pour la rentrée littéraire de septembre / de janvier / le dernier best-seller. Mais il faut en finir avec cette « honte du pilon ».

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Un roman sympathique, qui amène donc le sourire sur nos lèvres, mais certainement pas un coup de cœur. Je ne pense pas le garder en tête longtemps. Je ne regrette pas ma lecture, mais j’aurais pu m’en passer sans problème. Je le conseille à ceux et celles qui veulent une lecture sans prise de tête.

  • Extrait

Il a fallu me rendre à l’évidence que les gens n’attendent en général qu’une seule chose de vous: que vous leur renvoyiez l’image de ce qu’ils veulent que vous soyez.

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