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Titre : Joseph
Auteure : Marie-Hélène Lafon
Date : 2014
Nombre de pages : 140

9782283026441

  • L’intrigue

Joseph est un ouvrier agricole de presque 60 ans dans une ferme du Cantal. Il sait qu’il s’agit de son dernier emploi, qu’il y a de moins en moins de travail pour cette profession.

Il est dans les fermes depuis son enfance, ne connait que ça. Doux et gentil, il a souffert et a été alcoolique. Il se contente à présent de ce qu’il a, attendant la retraite, aimant passionnément son travail et regardant vivre les gens autour de lui.

  • Ce que j’en ai pensé

Deuxième roman de la rentrée littéraire 2014 que j’attendais avec impatience!

J’ai découvert Marie-Hélène Lafon en 2012 avec son roman L’annonce, que j’avais adoré (et que j’ai d’ailleurs relu cette année), puis avec Les pays. J’avais adoré L’annonce, un peu moins peut-être Les pays, mais je n’avais pas été déçue.

En fait, je crois que j’adore sa manière d’écrire. Cela me repose. Je trouve son écriture belle, elle me berce et je me laisse aller. Pourtant le texte est assez compact, l’auteure aime faire des phrases à rallonge (voir plus encore), il n’y a pas de paragraphes, pas de chapitres, tout est donné d’un coup, en un bloc. Il faut pouvoir suivre, tellement il y a de détails, de digressions. Franchement, c’est un style qu’il faut apprécier, mais quand on l’aime, quel délice!

Ce sont des romans plutôt courts en nombre de pages, par contre, il n’y a pas d’action, que des réflexions, des détails, des digressions…

Pour les lecteurs/ lectrices qui ne supportent pas les romans « contemplatifs », où il ne se passe absolument rien, ce roman n’est peut-être pas pour vous ( je préfère mettre peut-être, on ne sait jamais!). Moi j’adore ça!

Est-ce parce que je ne connais rien du monde rural que je suis passionnée? Je dois avouer que j’ai vraiment dévoré ce roman. Non seulement j’aime son style, mais en plus, j’étais très intéressée par les morceaux de vie de Joseph. J’ai l’impression qu’elle nous parle de la fin d’un monde, qu’elle détaille cette manière de vivre si minutieusement, parce qu’elle sait que d’ici quelques années, ce sera fini et perdu.

C’est ce qu’elle faisait avec les deux autres romans que j’ai lu d’elle : confronter l’ancienne époque à l’époque « moderne de l’agriculture », où on voit les choses en grand (où souvent on n’a pas le choix, sinon, on disparaît). Avec Marie-Hélène Lafon, j’ai l’impression de voir les temps anciens s’évanouir tout doucement, sans bruit. C’est un quotidien qui se perd.

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Encore une fois un plaisir de lire cette auteure, j’ai déjà hâte d’avoir son suivant entre les mains! Je sais qu’elle en a écrit d’autres avant, je pense que je vais essayer de les trouver.

  • Extrait

Dans cette ferme, on faisait encore vraiment attention aux bêtes, pas seulement pour l’argent, pour l’honneur aussi, et parce que les bêtes ne sont pas des machines, on sent le chaud de leur corps et leurs yeux posés sur vous ; l’hiver elles dépendent , pour les soins et la nourriture, ça fait devoir, on les connait et elles vous connaissent. 

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