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Titre : Le roi disait que j’étais diable 
Auteure : Clara Dupont-Monod
Date : 2014
Nombre de pages : 237

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  • L’intrigue

Clara Dupont-Monod raconte les années d’Aliénor d’Aquitaine comme Reine de France, au côté de son époux Louis VII.

  • Ce que j’en ai pensé

J’avais découvert cette auteure l’année dernière avec son roman La folie du Roi Marc lors du Prix des Lectrices 2013. J’avais beaucoup aimé ce livre. En voyant que en cette rentrée littéraire 2014, elle en avait écrit un autre, je n’ai pas hésité à mettre la main dessus à la bibliothèque.

Ici, il y a deux narrateurs : Aliénor et Louis VII. On alterne ces deux voix-là qui monologues, sans jamais réussir à s’unir ou même à se croiser et à se répondre.

Elle raconte donc les premières années du mariage des ceux des personnes, jusqu’à l’annulation de celui-ci.

Ce fut une lecture agréable, mais j’ai tout de même été un peu déçue je dois l’avouer. Je n’ai pas du tout réussi à m’attacher ni à Aliénor ni à Louis VII. Je comprenais et compatissais des deux côtés, mais sans réussir réellement à n’impliquer.

D’un côté, je comprends tout à fait la frustration d’Aliénor de ne pas pouvoir faire ce qu’elle souhaiterait faire. D’avoir eu un mari imposé, des traditions imposées, de ne pas être un homme en somme. C’est une femme libre, voir même rebelle, qui se plait à choquer/étonner / détonner tout le monde. Si au début, cela surprend et plait, elle ne tarde guère à se mettre tout le monde à dos.

Mais sérieusement, elle ne fait pas le moindre effort envers son époux. Elle a décidé dès le début qu’il n’était qu’un sombre imbécile et est bien décidée à ne pas changer d’avis et à ne pas lui laisser la moindre chance. Elle se croit (se sait?) au dessus de tout le monde et méprise donc royalement à peu près tout le monde et surtout Louis VII.
Elle le manipule à sa guise, sans se soucier le moins du monde de ses sentiments.

Mais si elle se moque toujours du côté « garçonnet » de Louis, je trouve le Roi bien plus évolué qu’elle. Elle est présentée comme une femme forte, puissante et impétueuse.
Moi, je la vois plus comme une barbare qui préfère d’abord donner des coups et questionner après. La seule fois où son époux semble lui plaire (et encore à peu près), c’est quand il revient d’une guerre civile déclenchée pour lui faire plaisir. C’est assez moyen quand même. En gros, c’est l’histoire d’une femme frustrée d’être ce qu’elle est.

Quand à Louis VII, même si j’adhérais totalement à ses idées, à sa manière de gouverner et à sa diplomatie, j’ai eu du mal à croire à un amour si entier de sa part. C’est plus que de l’amour là, c’est de l’obsession.

Je pense que si chacun avait essayé de tirer le meilleur parti de cette union forcée, ils auraient fait un couple de souverains vraiment extraordinaire, avec la fougue d’Aliénor et la tempérance de Louis. Ils auraient pu faire de grandes choses. Dommage, mais l’Histoire en a décidé autrement.

L’écriture est toujours aussi agréable par contre, j’aime vraiment beaucoup sa façon d’écrire, qui m’avait déjà interpellé dans La folie du Roi Marc.

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Un bon roman de la rentrée littéraire, que je suis contente d’avoir lu, mais également contente de ne l’avoir qu’emprunté à la bibliothèque. Une lecture agréable, mais pas un coup de cœur.

  • Extrait

Je t’ai aimée aussitôt et, dans le même instant, tu m’as effrayé. C’était un mélange de perte et d’offrande. Un seul visage pouvait provoquer le ciel, attirer ses extrêmes. Mes guerres perdues, c’était toi. Et jamais je n’ai pensé qu’une défaite pouvait être aussi belle. Un port de reine et des miettes d’enfance.

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