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Titre : La Condition pavillonnaire
Auteure : Sophie Divry
Date : 2014
Nombre de pages : 262

9782882503473

 

  • L’intrigue

On suit M-A de son adolescence jusqu’à la fin de sa vie. Une petite vie, toute simple, calme, elle a tout pour être heureuse, mais pourtant, il lui manque quelque chose. Quelque chose qu’elle cherchera toute sa vie, sans jamais réussir à la trouver. Mais de quoi s’agit-il?

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai découvert Sophie Divry avec son roman La Cote 400, qui avait trait au monde des bibliothèques. Je m’étais souvenue de son temps grinçant et assez drôle. En voyant qu’elle sortait un autre roman en cette rentrée littéraire 2014, j’ai décidé de mettre la main dessus.

Merci la bibliothèque, j’ai pu le récupérer et le lire. Ce fut une lecture très agréable. Vraiment très agréable, une belle surprise de cette rentrée littéraire.

Le style est assez particulier : il y avait deux types de narration : On a une partie à la première personne avec les pensées de l’héroïne, mais il y a également une partie à la deuxième du singulier, avec la voix de l’auteure, qui s’adresse à M-A. Tout en gardant un ton très neutre, très impersonnel et descripteur, elle décrit avec minutie tous les aspects de la vie de l’héroïne, qu’il s’agisse de ses pensées, ou de ce qui l’entoure.

C’est donc un roman assez lent, plutôt répétitif, sans grande surprise. Mais bon, il n’est pas nouveau que j’aime beaucoup ce genre de roman.

J’avais lu dans une critique qu’il s’agissait d’une Emma Bovary moderne. Du coup, je m’attendais tout de même à une évolution assez dramatique. Et en fait pas du tout.

On ne connaîtra jamais le nom de notre héroïne, seulement ses initiales M-A, ce qui m’a bien fait rire, puisque c’est un clin d’œil à Emma Bovary (dit rapidement M-A peut s’entendre Emma).
Et il est vrai qu’on peut voir en cette femme une sorte d’Emma Bovary moderne, qui attend autre chose de la vie qu’une existence paisible et sans heurts. Elle veut de la passion, de l’extraordinaire…la seule différence est qu’elle n’est pas aussi extrême qu’Emma Bovary, qui finira par se perdre dans ses délires et ses envies.
Elle sait s’arrêter quand il faut – parfois juste à la limite – pour ne pas perdre tout ce qu’elle a. Elle est insatisfaite, mais pas profondément malheureuse et va réussir à survivre à ses déceptions. Disons qu’elle est plus raisonnable que l’héroïne de Flaubert (ce qui n’est pas très difficile).

Par contre, certains passages m’ont rendue assez mélancolique. Et pourtant, autant l’avouer, je me souhaite une vie comme cette héroïne. Bien évidemment qu’elle n’est pas extraordinairement passionnante, qu’elle ne laissera certainement pas d’empreintes sur la terre, mais bon…elle ne me semble pas si ennuyeuse et détestable que cela.

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Un roman qui m’a donc plu, je préfère tout de même prévenir, c’est assez lent, avec très d’actions. Je le conseille, ce fut une belle lecture de la rentrée littéraire et je suis bien décidée à suivre ce que cette auteure va publier.

  • Extraits

Une fois n’est pas coutume, j’ai vraiment beaucoup aimé ces deux phrases, je vous les mets donc toutes les deux!

M.A. n’avait pas compris que ce qui remplit la vie est un mode d’être, le présent de la phrase dans laquelle on respire, non un événement placé dans le futur et qui, après consommation de lui-même, nous laissera déçus.

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Tu te glisses sous la couette, plongeant dans un moelleux sentiment de sécurité, impression de confort accrue quand à l’extérieur il pleuvait sur les volets

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