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Titre : Sous les couvertures
Auteur : Bertrand Guillot
Date : 2014
Nombre de pages : 176

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  • L’intrigue

Comme après chaque fermeture, les livres d’une petite librairie s’animent après le départ du libraire. Ils discutent entre eux, échangent des nouvelles, font des « batailles littéraires ».

Mais ce samedi soir est différent. Dans le remise se trouve un carton de nouveauté de la rentrée littéraire. Qui dit nouveautés, dit forcément retour des invendus. La peur du pilon, c’est une peur que tous les livres du « Boudoir » partagent.

Certains livres décident alors de passer à l’action pour éviter de se retrouver dans le carton des retours.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce sera la troisième année consécutive que je participe aux matchs de la rentrée littéraire Price Minister Rakuten. Quand j’ai vu la sélection, je me suis rendue compte que j’en avais déjà lu plusieurs, comme Le Royaume ou Le Roi disait que j’étais diable, ou encore Ces instants-là. Donc inutile de dire que je ne les ai pas choisi et que je me suis tournée vers les autres.

Mon choix s’est porté sur un roman sélection par l’auteure du blog Mille et une Frasques, à savoir Sous les couvertures Bertrand Guillot.

Ce fut une très belle découverte pour moi, qui ne connaissait même pas l’auteur de nom. Ce fut au premier abord cette très jolie couverture qui me donne envie d’en savoir plus. Puis le résumé fit le reste!
Je ne regrette pas mon choix!

Et pourtant je l’ai lu dans des conditions un peu difficiles, l’esprit occupé ailleurs. Mais ce roman a réussi à me changer les idées et rien que pour cela, ce fut une lecture agréable, que je conseille vivement! Cela m’a également donné envie de relire « Au bon roman » de Laurence Cossé.

En effet, c’est un thème que j’apprécie beaucoup, un livre sur les livres!

J’ai peut-être préféré les chapitres où on suivait les deux libraires que ceux sur les livres, mais je me suis tout de même amusée avec les grandes batailles des livres. Mais j’ai préféré les réflexions et les discussions sur la littérature.

Pour les livres qui séjournent dans le « Boudoir », lieu obscur au fond de la librairie et qui n’arrivent souvent pas à trouver acquéreurs, il s’agit un peu de la dernière bataille avant de rendre les armes : le but est de prendre possession de la « Terre Promise », à savoir la table des best-sellers, qui a l’avantage d’être à l’avant de la librairie, près des caisses.
C’est assez drôle, surtout la rencontre entre les différents genres (les classiques, les best-sellers, les romans étrangers…voir même une liseuse électronique!).

Sous l’histoire un peu burlesque (cela fait un peu penser au film Toy Story, les livres qui s’animent après le départ des humains!^^), Bertrand Guillot pose les bonnes questions sans faire dans le tragique ou le militantisme. Qu’est-ce que la littérature? Quel avenir pour l’industrie des livres? Pour les librairies? Comment évoluent les auteurs? Qu’est-ce qui fait un livre?

Il est clair que cet auteur aime les livres (enfin, j’en ai l’impression!) et les librairies et que ce roman est une sorte d’hymne d’amour aux livres et à la littérature.

Le vieux libraire qui s’interroge sur l’avenir de sa librairie, qui ne comprend pas ce qui s’est passé, pourquoi il y a de moins en moins de lecteurs, qui commence à perdre pieds et à ne plus vouloir changer les choses et à rester dans l’époque de sa jeunesse. En face, sa jeune apprentie Sarah est pleine d’enthousiasme, a des tas d’idées de d’idéaux, mais n’a pas encore l’expérience et le recul pour se lancer.

J’ai peut-être moins aimé le chapitre sur le « grand patron » de cette société multinationale (qui devine de quoi on parle?^^) qui « prend son pied » en prenant possession peu à peu de l’industrie du livre et en détruisant les petites librairies indépendantes. J’ai eu du mal à voir l’intérêt de ce chapitre en fait à part mettre un visage sur une image du « Grand Méchant ». Disons que c’est un peu facile et que je ne suis pas sûre que de taper sur cette société va vraiment changer grand chose.

J’aurais voulu en savoir plus sur l’amie de Sarah et sur sa manière d’appréhender son métier de critique littéraire.
C’était un de mes rêves adolescente, de devenir critique littéraire, avant de découvrir le métier de bibliothécaire.
Je pense également que libraire est un très beau métier, mais il me semble un peu trop précaire pour moi en ce moment. Mais c’est vrai que j’aurais bien voulu être libraire et que je m’imagines souvent avec ma petite librairie/ salon de thé (je pense qu’on doit être nombreux à avoir ce fantasme!).

Il y a par contre une phrase de Sarah qui m’a interpellé : « Que pouvait bien devenir l’industrie du livre si les plus grands lecteurs ne concevaient plus les livres que gratis? »

Alors oui, certes.
En effet, quand j’y réfléchis, l’année dernière, j’ai lu 170 livres dont 143 venait de la…bibliothèque municipale.
Et cela fait plusieurs années que j’achète finalement très peu de livres maintenant. Disons que je pèse le pour et le contre et que souvent, je n’achète que si je l’ai déjà lu et aimé ou si je suis sûre qu’il va me plaire.

Alors bien évidemment je n’aide pas trop les librairies (même si on oublie souvent que les livres de la bibliothèque, on les achète quand même!), mais franchement, je n’en aurais pas les moyens tout simplement. Quand on est grand lecteur, on peut lire 2/3 livres par semaines parfois. Il faut imaginer ce que cela donne à l’année, même si les livres sont en poche (et encore, j’aime de moins en moins les poches, dont je trouve que l’encre et le papier laissent souvent à désirer).
Mais je parles de mes lectures et pas seulement lors de mon travail, je donne envie à d’autres lecteurs grâce à mes discussions, mon blog de lire ce que j’ai aimé ou pas aimé. J’aime à penser que cela compense un peu tout de même.

Ce roman finit sur une note d’espoir pour les librairies, j’ai bien aimé cela aussi. J’ai encore plein de choses à dire, mais je m’arrête là, histoire de ne pas parler de tout.

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Un grand merci encore pour l’envoi de ce roman! Ce fut vraiment une très joli découverte, que j’aurais raté sans l’opération Price Minister Rakuten. Je le conseille donc vivement aux lecteurs qui veulent découvrir un roman sur les livres.

  • Extrait

Sarah aimait prendre son temps pour lire. Elle aimait surtout qu’un bon roman lui prenne tout son temps.

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