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Titre : Rue des voleurs
Auteur : Mathias Enard
Date : 2012
Nombre de pages : 252

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  • L’intrigue

Lakhdar est une jeune marocain, qui vit une vie paisible et légèrement ennuyeuse à Tanger. Mais le jour où son père le retrouve nu avec sa cousine, celui-ci le chasse de sa maison et refuse d’entendre parler de lui.

Sans ressources, il ère pendant une année avant de trouver une place de libraires grâce à son meilleur ami Bassam chez des islamistes venus d’Arabie Saoudite.

Il espère ainsi gagner du temps, reprendre pied et peut-être trouver un moyen légal d’immigrer. Mais le Printemps arabe gronde.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce roman fait partie de la sélection du Prix des Lectrices 2014. C’est le choix d’Hermine. Je la remercie pour cette découverte.

Je connaissais déjà l’auteur, grâce à son roman « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants », un très joli livre, dont j’avais beaucoup aimé l’atmosphère et l’histoire.

Ici, j’étais plus méfiante. Mon grand problème est que le thème ne me passionne pas vraiment. Mais alors vraiment pas. Et pourtant, c’est un sujet assez brûlant de l’actualité mondial, on est bien évidemment tous concernés. Mais si je suis l’actualité, le Printemps arabe ne m’intéresse pas en fiction et j’évite plutôt les livres qui en parlent.

J’ai donc attaqué ce roman sans véritable envie, parce qu’il fallait le lire pour le Prix des Lectrices. Et finalement, passé le début, j’ai passé un bon moment, ce fut une lecture plutôt intéressante, que je ne regrette pas.

Je trouve que ce que ce roman montre avant tout c’est l’histoire de toute une génération « gâchée », que cela soit du côté du Maghreb ou de l’Europe. La radicalisation de la religion, la crise économique, le chômage, la précarité, la violence…C’est toute une jeunesse désenchantée et prise au piège qu’on nous présente.

Lakhdar est un jeune comme un autre, qui veut s’amuser, qui a du mal à se projeter, qui veut un avenir, de l’amour et qui n’a pas réellement de convictions. Je pense que c’est son amour de l’amour et des livres qui vont le « sauver » et l’empêcher de se radicaliser comme son ami. Ses lectures, son amour de la vie (il le dit plusieurs fois, « on ne peut pas vivre sans amour ») l’aideront à s’éduquer seul et à comprendre la violence qui se déroule autour de lui.

Comme la rigidité de la religion lui pèse un peu, il regarde de l’autre côté de la Méditerranée, là où tout le monde est « libre ». Il se rendra peu à peu compte que de l’autre côté, la vie n’est pas simple non plus, surtout pour les immigrés clandestins. Il bénéficie pourtant plusieurs fois d’aides quasi-miraculeuses.

C’est plutôt un personnage attachant, on a envie de le voir s’en sortir et accéder à son rêve : une petite librairie tranquille, où il pourra avoir un rayon « policiers », le genre qu’il affectionne particulièrement.

C’est vraiment un drôle de livre, roman d’aventure, politique et noir, il mélange tous ses genres, je trouve. Il y a eu des passages que j’ai trouvé moins passionnants (avant qu’il n’arrive à Barcelone), mais dans l’ensemble, il se lit très bien.

[Attention, je dévoile la fin]

Petit à petit, on sent la fin venir, on comprend que  Lakhdar se trouve en prison à l’heure qu’il est, grâce aux indications de l’auteur. Mais pourquoi? Que c’est-il passé?

Je l’ai deviné trois pages avant la fin, le suspense est donc resté intact jusqu’au bout, même si après réflexions, c’est assez logique. Je ne le voyais pas dénoncer Bassam à la police (surtout sans aucune preuve et en étant un clandestin), il ne pouvait pas ne rien faire non plus.

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Un roman donc intéressant, qu’on lit assez rapidement et d’actualité. J’ai passé un bon moment. Je remercie Hermine pour cette découverte! Je ne pense pas que je l’aurais lu sans elle et cela aurait été dommage.

  • Extrait

L’avantage, c’est qu’aujourd’hui les livres ont si peu de poids, sont si peu vendus, si peu lus que ce n’est même plus la peine de les interdire.

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