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Titre : Un été sans les hommes 
Auteure : Siri Hustvedt
Date : 2011
Nombre de pages : 216

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  • L’intrigue

Quand elle apprend que son époux depuis 30 ans la trompe, Mia a l’impression de devenir folle. Incapable de rester à New-York dans leur appartement, elle décide de passer l’été auprès de sa mère dans le Minnesota, sa région d’enfance.

Là-bas, elle va essayer de reprendre pied, en s’occupant de sa vieille mère, en fréquentant son cercle d’amies octogénaires et en prenant en charge un cours de poésie pour un groupe de jeunes adolescentes. Elle fera aussi la connaissance de Lola, sa jeune voisine et mère de famille, délaissée par son époux instable.

  • Ce que j’en ai pensé

Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir cette auteure, dont j’entendais assez régulièrement parler. Souvent, on la présente en tant que « femme de Paul Auster« , alors qu’elle est pourtant une écrivaine reconnue et tout à fait indépendante de l’oeuvre de son époux.

Et franchement, je l’a préféré à Paul Auster!

J’ai encore sorti un livre de ma PAL, je suis ravie! De plus, ce fut une lecture très agréable, le temps d’un dimanche, je ne la regrette pas du tout! Je vous conseille donc vivement cette auteure si vous ne la connaissez pas encore.

J’ai particulièrement été séduite par le style de l’auteure. Je l’ai trouvé calme et clair. Je trouve cela toujours fou de voir à quel point la lecture est plus reposante quand (à mon avis!) l’écriture est belle et bonne.

Je dois avouer qu’il lui est arrivée de me perdre un peu, quand elle commençait à parler de philosophie, de psychologie et de sciences…je n’ai clairement pas toujours le bagage nécessaire pour comprendre ce qu’elle disait.

J’ai trouvé le personnage de Mia très attachant. Alors qu’elle était anéantie par la trahison de son époux (qui lui demande de faire une « pause », ce que je trouve particulièrement affreux et minable. Demander de faire une pause, en gros, c’est annoncer qu’on va tromper l’autre, mais quand même se laisser une porte de secours, pour la « reprendre », au cas où la nouvelle liaison ne marche pas…c’est vraiment minable!), elle arrive petit à petit, à reprendre le contrôle et d’elle-même et de sa vie, grâce à son entourage et à sa force de caractère.

Cet été, qu’elle passe loin des hommes (les amies et sa mère sont toutes veuves, sa classe n’est composée que de jeunes filles, elle rencontre à peine ses voisins hommes), lui permet de se ressourcer, de comprendre ce qui a pu se passer et de faire son deuil.
Mais il ne faut pas croire que c’est un roman où les hommes sont absents, bien au contraire! Mia passe énormément de temps à s’interroger sur la psychologie des hommes, ainsi que sur les rapports hommes/femmes et le mariage.

On passe en revue également tous les différents âges de la femme dans ce roman, grâce aux nombreux personnages : il y a la petite fille, la jeune adolescente, la jeune adulte, la mère de famille, la femme mûre (Mia elle-même), la vieille dame. On voit pour chacun de ses âges le rapport que la femme entretient avec l’homme et avec elle-même. J’ai trouvé cela très intéressant, cette « étude » de la psychologie des femmes à travers les âges, tout en restant de la fiction et accessible à tout le monde.

Je ne saurais pas réellement dire pourquoi, mais je trouve que ce roman est bien construit, qu’il est complet. Vraiment une réussite.

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Un roman donc fort agréable, avec un style qui m’a beaucoup plu, je vais sans hésiter lire d’autres romans de cette auteure (dont « Tout ce que j’aimais » que j’ai dans ma PAL d’ailleurs!). Je vous le conseille!

  • Extrait

Le club de lecture, c’est très important. Il en pousse partout, comme des champignons, et c’est une forme culturelle presque entièrement dominée par des femmes. En réalité, la lecture de fiction est souvent considérée comme une activité féminine de nos jours. 
Beaucoup de femmes lisent de la fiction, la plupart des femmes, non. Les femmes lisent des fictions écrites par des femmes et par des hommes. La plupart des hommes, non. Si un homme ouvre un roman, il aime avoir sur la couverture un nom masculin : cela a quelque chose de rassurant.  On ne sait jamais ce qui pourrait arriver à cet appareil génital externe si l’on s’immergeait dans des faits et gestes imaginaires concoctés par quelqu’un qui a le sien à l’intérieur.

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