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Titre : Chaleur du sang
Auteure : Irène Némirovsky
Date : Ecrit en 1941 ; Publié en 2007
Nombre de pages : 155

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  • L’intrigue

Silvio est un vieil homme qui se tient à l’écart de la vie, après avoir beaucoup voyagé et dépensé toute sa fortune dans sa jeunesse. Il se contente maintenant d’observer la vie dans son petit hameau au centre de la France dans les années 1930.

Ses cousins apprêtent à marier leur première fille, Colette à Jean Dorin, un jeune homme doux et bon. Le bonheur semble être tout tracé. Mais quelques mois plus tard, un terrible accident arrive. La quiétude du village est détruite et les non-dits, certains vieux de plusieurs dizaines d’années commencent à ressortir.

  • Ce que j’en ai pensé

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un roman d’Irène Némirovsky! Ce fut donc avec plaisir que je sortis ce petit livre de ma PAL au début du mois de décembre. Très fin, je l’ai lu très rapidement et avec beaucoup de plaisir!

J’adore vraiment cette auteure, que j’ai découverte avec Le bal puis Suite Française, qui fut une véritable révélation pour moi. Depuis, j’ai également lu Jézabel avec le Club des Lectrices.

Je trouve qu’elle a une écriture splendide, qui frappe directement là ou il faut que le lecteur aille. Je suis d’ailleurs à chaque fois stupéfaite par son écriture, sa fluidité, sa finesse. Non franchement, je suis à chaque fois sous le charme et j’essaye de ne pas lire trop vite ses romans, parce que le jour où je n’en aurais plus à découvrir, cela ne sera pas une bonne journée!

Chaleur du sang nous parle avant tout de la quiétude d’un village incroyablement faux et hypocrite. Encore une fois -j’insiste- c’est hallucinant à quel point elle arrive à décrire à la perfection la fausseté des gens et les secrets de famille, dont tout le monde est au courant, mais dont personne ne parle.

L’auteure se servira d’ailleurs de cette ambiance pour la deuxième partie de Suite Française, dans la campagne française, au moment de l’occupation. Ces habitants (elle a longuement vécue dans de telles campagnes françaises) font eux-même leurs lois et jugent en silence, tout en ostracisant ceux qui ne se conduisent pas selon les « règles ». Ces habitants dont la plus grande félicité était de « pouvoir être tranquille »

C’est amusant de voir comment cette image de bonheur paisible est finalement très fragile. Dès qu’on essaye de creuser, on se rend compte que tout le monde a quelque chose à se reprocher au nom de la « chaleur du sang » comme elle le décrit, cette période de la jeunesse, où on est impulsif, violent et qu’on ne pense pas aux conséquences pour ne se préoccuper que du présent.
Colette n’est pas la jeune fille sage et un peu fade qu’on pourrait le penser. Silvio n’est pas toujours été cet homme indifférent face à la vie. Et le couple Hélène et François est-il vraiment aussi blanc que neige?

La question qu’on (et qu’elle se pose aussi) est la suivante : quand est-on véritablement soi-même?
Quand on ne se maitrise pas et qu’on vit selon ses besoins et désirs primaires? Quand on arrive à contrôler sa destinée et qu’on fait des choix réfléchis et juste?
J’ai trouvé que c’est une excellente question, qui n’a pas véritablement de réponses. Cela dépend de la personne à qui vous la posez, de sa vie et de son âge.

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Un beau roman, une écriture toujours aussi sublime, vraiment, je crois que je ne serais jamais déçue par cette auteure! J’ai hâte de continuer à lire ces romans et peur du moment où il ne m’en restera plus!
Je vous le conseille!

  • Extrait

– Oui, dis-je, si on connaissait d’avance la récolte, qui sèmerait son champs?
– Mais tous, Silvio, tous, fit-elle en m’appelant du nom qu’elle ne me donnait plus que rarement. C’est la vie, cela, joie et larmes. Tous veulent vivre, sauf vous.

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