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Titre : Testament à l’anglaise
Auteur : Jonathan Coe
Date : 1994
Nombre de pages : 682

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  • L’intrigue

Michael Owen, un écrivain misanthrope et dépressif se retrouve chargé d’écrire l’histoire de la dynastie des Winshaw, grande famille très riche, qui occupe plusieurs postes très importants dans les années 80 en Angleterre.

C’est la doyenne de cette famille, Tabitha Winshaw âgée de 81 ans qui le lui a commandé. Cette vieille femme a passé toute sa vie dans un asile de fou après avoir perdu l’esprit l’hiver 1942 à l’annonce de la mort de son frère, abattu par les allemands au dessus de Berlin.
Elle est sûre que son frère aîné est responsable de la mort du petit frère et veut faire découvrir la vérité.

Est-ce la vérité? Est-elle vraiment folle? Et quelle est cette famille, dont les membres sont plus détestables, les uns que les autres?

  • Ce que j’en ai pensé

Je ne suis pas tout à fait sûre de quoi penser de ce roman…il est…étrange. Cela faisait plusieurs mois qu’il était dans ma PAL, je l’ai sorti comme ça, sans trop réfléchir. Ce roman a d’ailleurs gagné en 1996 le Prix Fémina du roman étranger. J’avais déjà lu La maison du sommeil du même auteur, roman que j’avais apprécié.

Mais là, je dois avouer que j’ai été assez surprise au début. Je ne m’attendais peut-être pas à quelque chose d’aussi…étrange. C’est un peu du n’importe quoi en fait. J’ai donc eu un peu de mal à rentrer dedans.

Disons que j’ai eu besoin d’un peu de temps pour tout mettre en place et pour voir petit à petit les différentes intrigues se nouer. Le fait qu’il n’y ait pas un personnage pour rattraper l’autre (ils sont vraiment tous détestables!) n’aidait pas non plus, ainsi que l’humour anglais bien cynique qui peut être déstabilisant parfois.

Ce roman est composé de deux parties. La première, la plus longue, présente les personnages principaux, alternant des chapitres sur la vie de Michael et des chapitres de présentation des membres de la famille Winshaw. On fait donc des allers et retours dans le passé pour expliquer la situation.

La deuxième partie se passe au présent, avec le rassemblement de la famille pour l’ouverture d’un testament.
J’ai dévoré la deuxième partie par contre, la lisant en même pas quelques heures, tellement j’étais passionnée et que je voulais savoir où l’auteur allait en venir. Et je n’ai pas été déçue.

On peut voir ce roman comme une satire des années Thatcher en Angleterre, avec toutes ses réformes et ses problèmes : l’argent et les machines, qui prennent de plus en plus d’importance sur l’être humain. Un très petit nombre de riche qui s’en sort, contre des milliers de pauvres, qui se font arnaquer en beauté.

Cette famille a la particularité de toucher à presque tous les grands thèmes de la vie quotidienne : la politique, la nourriture, l’art, les médias…Les Winshaw touchent vraiment à tout et détruisent tout petit à petit par appât de gain. C’est assez effrayant!

 

[Attention, je dévoile la fin]

Les 100 dernières pages passent à une vitesse folle! Je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel règlement de compte, mais celui-ci reste absolument délicieux à lire, tellement on déteste tous ses personnages!

J’ai juste été un peu déçue par la mort de Michael, que je ne trouvais pas nécessaire du tout. Surtout qu’il commençait enfin à s’en sortir, à aller mieux.

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Je classe donc tout de même ce roman en lecture agréable, même si j’ai mis du temps à rentrer dedans. Je suis contente de l’avoir lu et je peux le conseiller aux lecteurs qui aiment l’humour satirique anglais. Mais je conseille tout de même de s’accrocher au début.

  • Extrait

Laissez-moi vous donner un avertissement sur ma famille, au cas où vous ne l’auriez pas encore deviné, dit-il enfin. C’est la pire bande de salauds, de rapaces, de voleurs, d’escrocs, de traîtres, de criminels, qui ait jamais rampé sur le sol terrestre. Et j’y inclus mes propres rejetons.

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