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Titre : Les derniers Indiens 
Auteure : Marie-Hélène Lafon
Date : 2008
Nombre de pages : 166

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  • L’intrigue

Marie et Jean Santoire sont frères et sœurs et sont les survivants de cette vieille famille. La famille s’arrêtera après eux : ils ne se sont jamais mariés, ils n’ont pas d’enfants et sont installés dans une routine de retraite.

En face de chez eux se trouvent les fermes des voisins, qui avalent tout ce qui se trouvent sur leurs chemins, qui prolifèrent, s’agrandissent et ne s’arrêtent jamais de vivre.
Marie et Jean, au lieu de vivre, se contentent d’observer leurs voisins.

  • Ce que j’en ai pensé

Cela commence à se savoir, je fais partie des personnes qui aiment beaucoup l’auteure Marie-Hélène Lafon et ses livres. J’aime vraiment beaucoup son style assez particulier, très descriptif, très doux et calme.

J’ai acheté ce livre en fin d’année dernière et je ne le regrette pas du tout! J’ai passé un bon moment de lecture, à déguster les longues phrases de l’auteure et d’entrer dans les moindres détails de la vie des deux personnages. Je le redis, attention, il y a très peu d’actions dans les romans de cette auteure : il s’agit avant tout de romans intimistes, où tous actes, toutes pensées sont décrits minutieusement.

Elle a donc toujours son thème de prédilection : la campagne et la manière de vivre des agriculteurs. Toujours aussi court, toujours aussi bien écrit et plaisant, j’ai dévoré ce roman en une après-midi. Je ne sais vraiment pas pourquoi j’aime autant ces romans, parce que sinon la thématique ne m’intéresse pas plus que ça (je ne suis pas très campagne), mais à chaque fois, je suis happée!

Marie et Jean sont des êtres humains qui n’ont jamais réellement vécus. Avant, dans l’ombre de leur mère et de leur grand frère, ils n’avaient pas la place pour s’épanouir. Une fois qu’ils se sont retrouvés seuls, ils n’ont pas voulu / pu changer leurs habitudes et continuent à « vivoter » selon les anciennes règles.

Et depuis toujours, ils sont obsédés par leurs voisins, qui eux, débordent de vie, qui se moquent allègrement du qu’en-dira-t-ton. Ils les regardent vivre à leur place.
Les Santoires eux, sont incapables de se décrocher du passé, de leurs parents et cela a signé leurs pertes depuis longtemps.

Ce que Marie-Hélène Lafon décrit, c’est la mort de cette ancienne famille, à force de ne pas bouger, de ne pas changer les traditions, la mort aussi d’une certaine manière de vivre, à l’ancienne, la mort de l’agriculture classique et l’arrivée de la modernité (représentée par les voisins, qui n’hésitent pas à faire des gîtes, du tourisme, une laiterie à haut niveau…). Eux continuent à avancer, à survivre coûte que coûte, alors que les Santoire ne « daignent » pas faire faire de tels efforts.

La confrontation entre ces deux mondes est vraiment intéressante.

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Une belle lecture, calme et agréable. Je suis ravie de l’avoir lu et je ne le regrette pas. Je continue donc tranquillement ma découverte de cette auteure avec plaisir.
Je ne peux que vous le conseillez (attention, il faut aimer les livres avec très peu d’action).

  • Extrait

Longtemps avant la mort de la mère, quand elle ne choisissait rien, elle avait compris que personne ne pouvait l’empêcher de suivre ses pensées. A condition de se taire, tout était possible : on pouvait écarter ce qui ne faisait pas plaisir, ou qui donnait envie de pleurer, ou qui coupait le goût et la force pour le travail. Quand elle était occupée, quand la mère parlait sans poser de questions, elle pouvait décider, ça ne se voyait pas sur sa figure, de penser à ceci ou cela, aux colchiques, au fils de la tante Léontine, aux voisins, à l’affaire de l’Alice, ou à Jeanne cette fille du pensionnat.

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