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Titre : Danser les ombres
Auteur : Laurent Gaudé
Date : 2015
Nombre de pages : 249

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  • L’intrigue

Lucine arrive à Port-au-Prince 5 ans après son départ pour annoncer un décès et espérer récupérer un peu d’argent. Mais la ville lui a tellement manqué, elle n’a tellement pas envie de retourner dans son village natal, qu’elle n’arrête pas de repousser sa visite et qu’elle se replonge dans la ville.

Elle fait connaissance d’un petit groupe d’amis chez la personne qui l’héberge et commence à rêver à une renaissance dans cette capitale. Mais, une après-midi, la terre se met à trembler.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai reçu le dernier roman de Laurent Gaudé pour mon anniversaire et j’ai été ravie! Je l’aurais certainement acheté sans cela. J’aime vraiment beaucoup cet auteur, dont j’ai déjà lu trois romans, que je ne peux que vous conseiller vivement : Le soleil des Scorta, Ouragan et Pour seul cortège.

J’ai essayé de le lire le plus lentement possible, mais je l’ai tout de même terminé dans la journée où je l’ai commencé. Il ferait 500 pages de plus que je ne saurais me plaindre, hélas, Laurent Gaudé écrit plutôt des romans de 300 pages que 600! Quel dommage!

Le livre est toujours un objet aussi agréable quand il vient de la maison Actes Sud, j’aime vraiment beaucoup le papier qu’ils utilisent, les marges, la taille…

J’aime toujours autant le style, que je trouve incroyablement poétique, très beau et limpide. Je n’ai jamais été déçue pour le moment par son écriture et je sais que quand je commence un de ses romans, je vais être bercée par le son de ses phrases. Vraiment, il fait partie des auteurs français contemporains que je suis de près maintenant.

Et « Danser les ombres » fut une lecture très agréable, j’ai même été persuadée jusqu’aux dernières pages que cela serait un coup de cœur. Et coup de cœur, il a failli l’être, mais j’ai changé d’avis au dernier moment. Je vous dirais plus tard dans ma critique pourquoi.

Avec Laurent Gaudé, on voyage : Italie, la Grèce antique, l’Amérique… et dans « Danser les ombres », on est à Haïti.
Si on a lu la quatrième page de couverture, ou si tout simplement, on a entendu parler de ce roman dans les médias, on sait qu’il va parler du terrible tremblement de terre de janvier 2010.

Laurent Gaudé arrive à faire passer beaucoup d’émotions dans ce roman. Ses personnages sont attachants, on a envie de savoir ce qu’il va leur arriver, comment ils vont s’en sortir, surtout après un tel drame. Le contraste entre avant/ après est saisissant, on comprend que tout peut basculer tellement rapidement, c’est assez effrayant.

Comme souvent dans les romans de cet auteur, on suit plusieurs personnages, ici Lucine, la jeune femme qui a décidé de reprendre sa vie en main, Saul un « faux » médecin traumatisé par les émeutes sous la présidence Aristide, Matrak, un vieux chauffeur de taxi qui se cache et essaye d’échapper à son passé de tortionnaire…
On vit le tremblement de terre avec ses personnages, on tremble pour eux et on partage leurs pensées.

Ce qu’on retient, c’est la formidable solidarité du début de la catastrophe, quand tout le monde est encore sous le choc et au même niveau : « survivant ». Ce sont vraiment de beaux passages.

[Attention, je dévoile la fin, mais vraiment toute la fin, à ne pas lire si vous ne voulez pas être spoilés!!]

Alors, pourquoi est-ce que cela n’est pas un coup de cœur?
Soyons honnête, il mérite sans problème de l’être, mais je dois avouer que j’ai été tellement tellement déçue de comprendre que ce roman finissait finalement mal, alors que tout semblait indiquer qu’il allait terminer bien!

Que Lucine soit en fait morte, cela m’a vraiment rendue furieuse. J’étais tellement heureuse de voir qu’elle et Saul avaient réussi à survivre et le tremblement de terre et la réplique, tellement heureuse de voir que pour une fois, Laurent Gaudé avait fait en sorte que ses héros terminent heureux et ensemble que cela m’a un peu gâché la fin de ma lecture. Et que donc, ce ne fut pas un coup de cœur. Disons qu’objectivement, il l’est, mais ce choix m’a vraiment rendue la fin trop amère.

J’ai été également un peu déstabilisée quand j’ai compris que les morts étaient vraiment parmi les vivants, à se promener, à sembler encore en vie, j’ai eu besoin d’un moment d’adaptation on va dire. Ce côté « fantastique » cette ambiance vaudou, je ne m’y attendais pas du tout. Mais cela fait partie du charme poétique de l’histoire et de l’auteur, donc je m’en suis vite remise.

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Vraiment un très beau roman, aussi bien dans le style que dans le fond. Il a frôlé le coup de cœur et c’est vraiment à cause de la fin qu’il n’en est pas un. Mais il n’en est pas moins que je le conseille vivement, ce fut une très belle lecture!

  • Extrait

Est-il possible que l’urgence vous débarrasse de la difficulté d’être homme? Qu’il y ait dans l’action face à la souffrance quelque chose de vif, de concentré qui vous soulage des tourments de l’inutilité et ressemble, une fois la journée passée, non pas au bonheur, mais à une sorte de satisfaction parce qu’on a fait peu, mais de toutes ses forces? 

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