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Titre : Quoi de neuf sur la guerre? 
Auteur : Robert Bober
Date : 1993
Nombre de pages : 247 

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  • L’intrigue

En 1945, l’atelier de confection pour Dames à Paris a repris du service à la fin de la guerre. Il y a Monsieur Albert, le patron avec sa femme et leurs enfants, il y a les mécaniciens, les finisseuses…

Dans cet atelier, on évite au maximum de parler de la guerre qui vient de s’achever, même si elle fait souvent irruption dans les conversations, les silences et la mémoire des personnes qui ont tous été durement frappé par elles. Mais comment raconter, comment expliquer la Shoah aux autres? Comment continuer à vivre quand on a tout perdu?

  • Ce que j’en ai pensé

Je ne connaissais absolument pas l’auteur et c’est le thème qui m’avait donné envie de récupérer ce livre. J’ai pourtant mis du temps à le sortir de ma PAL et je l’ai pris par hasard début mars, parce qu’il me semblait assez court.

Je ne regrette pas du tout ce choix, vu que cela a été une lecture très agréable et intéressante à laquelle je ne m’attendais absolument pas!

Je l’ai dit, je ne connaissais absolument pas l’auteur : j’ai ainsi découvert qu’il est réalisateur, metteur en scène et écrivain (rien que ça!). « Quoi de neuf sur la guerre? » est son premier roman publié et avait eu le Prix Livre Inter en 1994.

L’atelier d’Albert nous présente plusieurs portraits de personnages hantées par la seconde guerre mondiale. Il y a de tout : des déportés, des enfants qui se sont cachés, des personnes qui ont tout perdu, d’autres qui se sont retrouvés, des juifs, des non-juifs…
Il y a vraiment tous les cas de figure, sauf celui du collaborateur, qui n’y aurait pas sa place, puisque ce roman met en scène les victimes de cette guerre.

Ce roman a deux parties : la première se passe juste après la guerre, en 1945/46, avec les différents points de vue des personnages. La seconde partie se passe environ 20 ans plus tard, en 1981, avec des extraits du journal intime de Raphaël, le fils d’Albert.

J’ai aimé le fait que ce roman se passe après la Seconde Guerre Mondiale. Je trouve qu’il y en a finalement peu (où alors, je ne suis que rarement tombée dessus…). Souvent, les romans parlent d’avant cette guerre, du début du nazisme et de pendant la guerre. Rarement de ce qui s’est passé après, de comment les juifs sont revenus et comment ils ont été accueillis. Ce roman présentait donc un aspect assez nouveau pour moi et cela explique en partie pourquoi je l’ai vraiment apprécié.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman est la pudeur qui s’en dégage. Les personnages évoquent leurs situations, leurs histoires avec beaucoup de grâce et de secret, lentement. Robert Bober ne fait pas dans le pathétique ridicule avec beaucoup de larmes et de sanglots. Son style est agréable à lire.

J’ai beaucoup aimé les passages dans les colonies de vacances, où sont rassemblés les enfants dont les parents ne sont pas revenus et comment les moniteurs essayent de leur rendre une certaine joie et le goût de vivre.

J’ai également beaucoup aimé le chapitre de Joseph qui va au commissariat pour demander sa naturalisation et qui tombe sur le policier qui a arrêté ses parents et qui n’a pas changé. Sa réaction est très belle et exemplaire.

 

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Une belle surprise, je ne m’attendais pas à dévorer ainsi ce roman, sur un thème qui n’est pas souvent traité, à savoir la situation des juifs juste après la Seconde Guerre Mondiale. Je le conseille vivement, il mérite d’être sorti un peu plus de l’ombre.

  • Extrait

Je ne suis pas un homme pour l’avenir. Je vis le présent parce qu’il me permet de me souvenir et si je ne me souviens pas, qui s’en souviendra? Il ne faut pas chercher à prendre la place d’Ella. Il ne faut pas parce qu’elle n’est plus là pour la défendre. Elle n’a plus que moi pour la protéger.