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Titre : Danse noire
Auteure : Nancy Huston
Date : 2013
Nombre de pages : 347

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  • L’intrigue

Dans un hôpital, Milo est entrain de mourir. Près de lui, son amant Paul Schwarz, réalisateur new-yorkais lui propose d’essayer d’imaginer avec lui un dernier film, basé sur la vie de Milo et sa famille.

Ces deux hommes construisent donc petit à petit ce film, sur trois générations, du XXe siècle à nos jours, en passant par l’Irlande, le Canada ou encore le Brésil.

  • Ce que j’en ai pensé

Je pensais découvrir cette auteure en entamant ce roman, mais en lisant la quatrième de couverture, je me suis rendue compte que j’avais déjà lu et beaucoup aimé une de ses œuvres précédentes, Lignes de faille. Je me suis donc lancée assez confiante!

Il m’a été offert l’année dernière à noël…j’aurais mis du temps à le sortir en tout cas, mais très peu à le lire. Le format Actes Sud et le papier sont toujours un véritable plaisir de lecture en tout cas!

Si cela fut une lecture plutôt agréable, je dois avouer que j’ai mis du temps à rentrer dedans. J’ai été assez gênée au début par le style (les interruptions de Paul Schwarz dans le récit avec son point de vue cinématographique sur certaines scènes,ou encore tous les dialogues en anglais, traduits en français en dessous…j’ai trouvé cela un peu lourd…).

J’ai fini par m’y habituer vers la moitié du roman. Cela lui donne sans aucun doute une aura plus particulière, l’auteure nous fait imaginer ce roman en images et en sons (vraiment comme le brouillon d’un scénario de film), c’est intéressant comme principe, surtout avec comme musique de fond la capoeira, mais moi, cela m’a un peu agacée au début…
Sinon, j’aime beaucoup le style de l’auteure.

Chaque chapitre est composé de trois parties :
1. La vie de Milo
2. La vie de Neil (grand-père de Milo)
3. La vie d’Awinita (mère de Milo)

Si les deux premières m’intéressaient beaucoup, j’ai eu plus de mal à accrocher avec celle d’Awinita.

J’ai beaucoup aimé suivre l’enfance très malheureuse de Milo (pauvre enfant quand même), traîné de famille d’accueil en famille d’accueil, maltraité, avant de « retrouver » sa famille, qui, à part le grand-père Neil ne le traitera pas mieux. Il n’aurait pas ‘autre chose que de se « recroqueviller » sur lui-même pour se protéger et de vivre passivement certains événements de sa vie. C’est une manière comme une autre de survivre, se réfugier dans un autre monde…
On le voit grandir, faire des choix, prendre de l’assurance et finalement faire son petit bout de chemin.

L’histoire de Neil aussi était très intéressante, avec l’Irlande et ses problèmes d’indépendance en arrière plan, une envie de devenir un écrivain reconnu, l’arrivée au Canada et finalement, la vie qui prend le dessus, un mariage d’amour, un enfant tous les ans ou presque…Difficile de trouver le temps d’écrire et de créer quand il faut nourrir une famille de 13 enfants!
C’est le personnage dont on voit le mieux l’évolution : de jeune arrogant, persuadé de percer, on le voit perdre peu à peu ses illusions, se résigner et finir en vieux grand-père, toujours passionné par la littérature, qui apportera un peu de bonheur à son petit-fils.

Je l’ai dit, l’histoire de la mère de Milo m’a moins enthousiasmé. Je crois qu’elle m’a mise un peu mal à l’aise (je n’aime pas trop le thème de la prostitution) et surtout hors de moi à cause de Declan, qui est tout de même un pauvre type. Il y a très peu de moments « joyeux », au contraire, plus on avance, plus c’est la déchéance. Mais je dois dire que Nancy Huston décrit très bien ce milieu, sans tomber dans le pathétique.
J’aurais par contre voulu en savoir plus sur sa famille restée à la réserve indienne, sur quelle genre de tribu indienne c’était…

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Un roman intéressant sans aucun doute, une lecture agréable, même si j’ai eu du mal à me faire au style au début…Il faudrait que je lise d’autres romans de Nancy Huston en tout cas!

  • Extrait
La liberté est souvent décrite de nos jours, dans la littérature et la presse, comme la chose sans quoi l’homme ne saurait vivre… Mais si, il le peut ! Il le fait très bien, merci ! la liberté est tout sauf une pulsion irrésistible, un besoin irrépressible, le plus petit dénominateur commun des membres de notre espèce ! Au contraire, c’est un luxe ! Une chose aussi rare que les œufs des colibris dorés ! L’immense majorité des êtres humains se foutent éperdument de la liberté ; ils chérissent deux autres choses, sans doute soudées entre elles dans les circuits de notre cerveau reptilien : la survie et l’intégration au groupe.
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