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Titre : Quatre soeurs 
Auteur : Junichirô Tanizaki
Date : 1948 ( 1964 pour la France)
Nombre de pages : 889

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  • L’intrigue

Quatre soeurs d’une vieille famille aisée japonaise ont eu une vie luxueuse jusqu’à la mort de leur père. Sa mort et l’entre-deux-guerre vont les laisser dans une situation financière délicate.

Alors que les deux aînées sont mariées et établies, il reste les deux plus jeunes à « caser ». Youki Ko refuse un à un tous les prétendants qu’on lui propose, ne les trouvant pas dignes de sa famille. Quand à Tae Ko, la benjamine, elle est obligée d’attendre que sa sœur soit mariée pour pouvoir le faire à son tour : plus dégourdie, elle tente de prendre sa vie en main et d’avancer par elle-même.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai acheté ce livre lors d’un Salon du Livre où le Japon était le pays mis à l’honneur. Ce qui nous ramène en…2012! Cela faisait donc trois ans que ce livre était dans ma PAL à attendre sagement que je le sorte!

Je me souviens que j’avais longuement hésité entre plusieurs livres et que c’est grâce au résumé que je m’étais décidé pour celui-ci. Cela m’avait fait pensé à Orgueil et Préjugé de Jane Austen (roman que j’adore). De plus, il était présenté comme un grand classique de la littérature japonaise, que je ne connais pas. C’était l’occasion d’une découverte.

Par contre, il faut s’armer de patience : c’est un gros pavé, puisqu’il fait, en poche, presque 900 pages! Et cette lecture a été très longue…surtout parce que je n’avais ni le temps ni l’énergie de lire. Elle a donc traîné en longueur, ce qui n’aide pas pour s’immerger dans l’histoire.

Attention, il ne faut pas lire la quatrième page de couverture, tout au moins pas la fin! La dernière phrase nous dévoile en fait tout ce qui se passe dans les 100 dernières pages. C’est assez mal fait quand même…

Ce roman est un classique de la littérature japonaise. La saga familiale a même été censurée en 1943, parce qu’elle était jugée inconvenante en temps de guerre (oui, en temps de guerre, les romans ne devaient traiter que de la guerre…ce que cette saga est loin de faire!).

J’ai beaucoup aimé découvrir le Japon à cette époque-là. C’est un pays (et une littérature) que je connais mal, ce fut donc une belle découverte des traditions, des usages et du quotidien. Surtout les passages sur la saison des cerisiers en fleur, cela fait rêver!

Ce fut pourtant une lecture assez plaisante, je me suis attachée à ces 4 sœurs, où plutôt ses trois sœurs, puisqu’on voit très peu l’aînée.

Youki Ko est la plus traditionnelle, la plus timide et pourtant, elle reste très tétue. C’est elle qui refuse années après années tous les prétendants qu’on lui présente, pour des raisons parfois assez obscures.
Ici, il ne s’agit pas de faire des mariages « d’amour ». Il faut faire des mariages avantageux, l’amour viendra après, s’il vient. Mais les mariés doivent tout de même s’apprécier un peu. Je l’ai trouvé parfois un peu trop « plate » et rigide. La timidité cela va bien, mais bon, passé 30 ans, cela devient assez ridicule!

Tae Ko est la plus jeune et certainement la plus dégourdie de toutes ses sœurs, la plus moderne.
Obligée d’attendre que Youki Ko soit mariée (oui, il faut se marier dans l’ordre), elle ne supporte pas de devoir mettre sa vie comme ça entre parenthèse en attendant le bon vouloir de sa sœur. Elle va tenter de gagner sa vie, vouloir voyager, rencontrer des gens…bref, ne pas vivre sous la tutelle de ses grandes sœurs.
Je ne sais pas si l’auteur apprécie ce personnage. C’est la plus libre (et certainement aussi la plus intéressante), mais je trouve que Junichorô Tanizaki la maltraite beaucoup dans son récit et ne lui donne pas toujours le bon rôle.

Satchi Ko est la deuxième et veille sur ses deux sœurs. Elle est mariée, installée et même si elle veut absolument les aider à se marier, on sent qu’elle est bien contente d’avoir ses deux sœurs avec elle et de pouvoir profiter d’aides supplémentaires (surtout celle de Youki Ko). C’est certainement mon personnage préféré. Tout en finesse, elle tente d’aider de son mieux ses sœurs, de les comprendre et de les soutenir dans leurs choix, même si elle est contre.

Le problème de ce roman est certainement qu’il y a pas mal de longueur…900 pages, cela fait beaucoup autour de toujours la même thématique : Youki Ko refuse les prétendants et Tae Ko n’en fait qu’à sa tête. Arrivée à la moitié, on peut commencer à en avoir un peu marre!

Mon passage préféré fut le moment de l’inondation. On parle souvent d’inondations au Japon, c’est un pays qui -hélas- est souvent victime de ce genre de catastrophes naturelles. J’ai beaucoup aimé ce long passage, plein d’actions. Cela changeait un peu!

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Une lecture donc assez sympathique, un peu trop longue, mais que je conseille tout de même, pour le côté découverte du Japon. Ce fut un moment agréable de lecture.

  • Extrait

De manière générale, quand le refus venait de l’homme, on s’en préoccupait peu, mais quand il venait de la femme, quels que fussent les euphémismes employés, l’homme était humilié et c’était pourquoi les Makioka se trouvaient détestés par beaucoup de personnes.