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Titre : Les Heures silencieuses  
Auteure : Gaëlle Josse
Date : 2011
Nombre de pages : 135

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  • L’intrigue

Magdalena Van Beyren est la femme de l’administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

Elle vient d’une riche famille d’armateurs, est connue pour sa rigueur, sa droiture et le bon fonctionnement de son foyer. Intelligente, elle aurait pu succéder à son père si elle n’avait pas été une femme. Mais nous sommes en 1667 et la place de la femme est dans sa maison.

Elle utilise son journal pour parler de ses rêves, ses bonheurs et ses déceptions, sa rencontre avec son époux, l’arrivée de ses enfants et ses espoirs pour eux.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai vu plusieurs fois ce petit roman sur les blogs littéraires depuis sa sortie et je dois dire que le résumé de l’intrigue m’intriguait! Alors, quand je l’ai vu à la bibliothèque, je me suis empressée de l’emprunter, avec un autre titre de cette auteure « Le dernier gardien d’Ellis Island », qui a fait beaucoup de bruit l’année dernière au moment de sa sortie.

J’ai donc commencé ma découverte de cette auteure avec Les heures silencieuses et franchement, ce fut un jolie surprise. Je suis ravie d’avoir lu ce tout petit livre et j’espère que l’autre roman de cette auteure va me plaire autant!

En plus, j’aime beaucoup la peinture flamande (et évidemment surtout Veermer, que j’adore!), donc la couverture ne pouvait que m’attirer.

Voici d’ailleurs le tableau qui figure sur la couverture en plus grand et net :

Intérieur avec une femme au virginal d’Emanuel de Witte

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Voilà, j’adore ce style de peinture. Je suis complètement fan! Je trouve cela beau, reposant, plein de magnifiques petits détails de la vie quotidienne et très réaliste.

Quand au roman, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, que j’ai trouvé très doux, très sobre. J’adore de toute manière ces romans où il ne se passe pas grand chose, mais où on suit attentivement les pensées et la vie quotidienne d’un personnage.

Magdalena van Beyeren est la femme de dos sur le tableau de la couverture. Elle a demandé au peintre de la représenter ainsi, jouant au « virginal » (plus connu sous le nom de clavecin), dans la douceur et l’intimité du début de la journée, avec le soleil qui se lève, la servante qui nettoie et son mari qui l’écoute jouer. Elle ne se montre pas, elle préfère se confier à son journal.

Dans son journal, elle se raconte, elle profite de ses « heures silencieuses », à elle, ou elle peut être elle-même pour s’épancher, dire ce qu’elle pense de sa vie passée, son quotidien et sa vie future, de ses enfants (ceux qui ont survécu, ceux qui sont morts…), son mari…

On pourrait penser qu’elle est loin d’être à plaindre pourtant : dans une époque assez incertaine, elle est riche, aimée de son mari (en tout cas appréciée), sans peur du lendemain pour elle et les siens. Elle a survécu à ses très nombreux accouchements, elle a eu la chance de pouvoir apprendre à lire, à écrire.
Bien évidemment, pour une femme qui rêve d’aventures, de vie exaltante, ce n’est pas assez. Elle est restreinte dans ses mouvement partout. Elle est obligée d’être posée, d’accepter les décisions de son époux, de maintenir un extérieur calme… Elle imaginait autre chose de sa vie et cela ne s’est pas produit. C’est très doux-amer comme roman.

Les heures passent lentement où elle s’interroge sur son rôle de femme, sur sa vie et sur la vie de ses enfants.  Il n’y a pas grand chose à dire sur l’intrigue, mais cela ne fait rien. J’ai lu très rapidement ce roman et avec beaucoup de plaisir!

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Franchement, ce petit roman fut une très jolie surprise au début du mois de septembre! J’ai bien fait de l’emprunter, j’ai passé un très joli moment de lecture.

Attention par contre, il s’agit d’un roman sans véritablement d’actions, uniquement basé sur les pensées du personnage principal. Il risque de ne pas plaire à tout le monde.

  • Extrait

L’ordre, la mesure et le travail sont des remparts contre les embarras de l’existence. C’est ce qu’on apprend dès l’enfance. Vanité de croire cela. Chaque jour qui passe me rappelle, si besoin était, que la conduite d’une vie n’est en rien semblable à celle d’un stock d’épices ou de porcelaine.
Ce que nous tentons de bâtir autour de nous ressemble aux digues que les hommes construisent pour empêcher la mer de nous submerger. Ce sont des édifices fragiles dont se jouent les éléments. Elles restent toujours à consolider ou à refaire. Le cœur des hommes est d’une moindre résistance, je le crains.