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Titre : Le dernier Gardien d’Ellis Island
Auteure : Gaëlle Josse
Date : 2014
Nombre de pages : 167

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  • L’intrigue

Nous sommes à New-York le 3 novembre 1954. Le dernier gardien du centre d’Ellis Island est entrain de tout fermer. Ce centre était le point de départ de tous les immigrés d’Europe depuis 1892.
John Mitchell aura passé des dizaines d’année dans ce lieu. A l’aide d’un journal intime, il remonte le cours de la vie et se remémore des événements qui le hante.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai emprunté ce roman à la bibliothèque en même temps que Les Heures silencieuses de la même auteure. J’ai commencé par le deuxième que j’ai beaucoup aimé et c’est avec beaucoup de curiosité que j’ai commencé celui-ci.

Il a fait partie de la rentrée littéraire 2014 et j’avais eu envie de le lire au moment de sa sortie, mais il n’était jamais disponible à la bibliothèque quand j’y allais. J’ai donc été ravie de le trouver en août.

J’ai eu beaucoup de mal finalement…j’ai aimé, mais…

Commençons par le positif :

L’écriture est toujours aussi douce et belle…c’est un véritable plaisir de lire ses textes et cela me donne envie de lire toutes ses oeuvres.

Le cadre m’a donné vraiment très envie. C’était vraiment passionnant et j’ai été déçue de ne pas en savoir plus sur ce lieu, sur ses règles et sur les immigrés qui passaient par là. C’est un thème qui est assez d’actualité en ce moment en plus, j’ai donc été ravie d’en savoir un peu plus sur la manière dont les choses se passaient à cette époque. Toute cette organisation, ce travail de titan, toute cette documentation est passionnante!

Mais…et le mais est de taille. J’ai été très gênée -voir même furieuse- par le narrateur. Je ne l’ai pas trouvé attachant, je pense même avoir été dégoûtée par lui.

Evidemment, les êtres humains ne sont pas tous « blanc » ou noir », pas que gentil ou méchant… J’ai toujours aimé suivre des personnages qui semblaient réels, qui étaient plus complexes que le gentil héros ou bien le vilain méchant. Mais là, je n’ai pas pu…

[Attention, je spoile un point important de l’intrigue, mais vraiment TRÈS important]

Parce que soyons honnête et utilisons les bons mots, plutôt que ce petit mot « forcé » qui ne veut pas dire grand chose dans ce cas-là.
Ce qu’il a fait, c’est qu’il a violé une immigrée qui se retrouvait complètement dans son pouvoir. Point. Il n’y a pas de « pulsion irrésistible » ni de « peut-être qu’elle me voyait comme quelqu’un qu’elle pourrait aimer » ou autre bêtise de ce genre. Il a commis un crime et aucune excuse ne tient. Ou alors j’ai raté un point essentiel dans le roman?

Alors il n’y a pas eu de cris, elle ne s’est pas débattue, elle n’a pas dit non. C’est vrai. Mais elle était étrangère, seule, on lui avait enlevé son frère handicapé et le directeur de l’établissement (on entend directeur, on pense forcément qu’il a un certain pouvoir) lui fait des avances en lui parlant de vouloir l’aider elle et son frère. Bien évidemment qu’elle ne s’est pas débattue, qu’elle n’a pas dit non. Cela parait logique non?

Et à cause de cela, le témoignage sur Ellis Island m’a été totalement gâché je dois dire…Devoir suivre les pensées d’un tel personnage, je n’y arrivais pas, alors que le lieu m’intéressait énormément, j’aurais voulu en savoir plus, sur les lois, l’encadrements, les nationalités, les 25 questions…tout cela m’aurait bien plus plu que les remords d’un homme mort de peur à l’idée de retrouver cette femme dehors qui l’a maudit.

Et que cet homme se sente mal, qu’il soit malheureux et ait des remords ne m’a fait ni chaud ni froid. Encore heureux!

Quand je lis les critiques sur ce roman, j’ai vu très peu d’avis comme le mien…est-ce que j’en fais trop là-dessus? Est-ce que je devrais me concentrer sur autre chose, ce n’est que de la fiction après tout, est-ce que j’ai mal compris cette relation, raté quelque chose  est-ce juste une manière d’introduire des faits comme la corruption, le profit…mais je n’ai pas réussi. Je me sens très mal à l’aise quand je pense à ce roman.

Voilà…c’est vraiment dommage, mais je n’ai pas réussi à me fixer sur autre chose que sur ce narrateur. J’aurais aimé avoir moins de sa vie et plus de témoignages sur les autres.

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Une lecture donc en demie-teinte…le sujet et le lieu me passionnait, mais le personnage principal ne m’a pas plu du tout. Difficile de s’attacher au roman dans ces cas-là.

  • Extrait

Il faut avancer, s’adapter à une autre vie, à une autre langue, à d’autres gestes, à d’autres habitudes, à d’autres nourritures, à un autre climat. Apprendre, apprendre vite et ne pas se retourner.