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Titre : Alors voilà : Les 1001 vies des urgences
Auteur : Baptiste Beaulieu
Date : 2013
Nombre de pages : 356 dans cette édition (380 sinon)

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  • L’intrigue

Durant une semaine, un interne va se rendre au chevet d’une mourante et essayer de la maintenir en vie, en lui racontant des anecdotes de consultations. Il faut qu’elle tienne, jusqu’à l’arrivée de son fils, bloqué par un certain volcan qui ne veut pas s’arrêter de cracher du feu.

Lui et ses collègues vont se relayer pour continuer à la faire rire ou réfléchir et ainsi la garder encore un peu plus longtemps dans le monde des vivants.

  • Ce que j’en ai pensé

Bon, en ce fin de mois de novembre, j’ai craqué et je suis allée à la bibliothèque. Pour emprunter un essai, mais finalement, je suis ressortie avec l’essai, une trilogie (j’avais le premier tome en demande de réservation depuis cet été, l’emprunteur l’a enfin rendu…pas envie d’attendre des mois entre chaque tome…fausse excuses? peut-être…) deux BDs, un roman graphique et deux romans, dont celui-ci.

J’avais vu passer « Alors voilà » cet été sur quelques chaines de Booktube et le principe m’avait intéressé : des anecdotes de consultations médicales, j’aime bien le principe.

J’étais allée faire un tour sur le blog de l’auteur (où il rassemblait et rassemble toujours ses histoires avant de faire des romans) j’en avais lu quelques unes et j’avais bien aimé.

Baptiste Beaulieu a un blog, où il poste les différentes anecdotes qui lui arrive dans ses consultations ou que des collègues lui rapportent. Je ne peux que vous conseiller d’aller y faire un tour, si vous voulez vous faire une idée sur le style du livre.

Donc quand je l’ai vu sur la table des nouveautés – en édition « A vue d’œil » donc une édition pour les mal-voyants avec des caractères plus gros – j’ai sauté sur l’occasion et je l’ai mis dans mon sac.

Je venais de terminer Aurélien d’Aragon, j’avais envie de quelque chose de simple, pas prise de tête et que je n’aurais pas envie de poser.
Et j’ai fait un excellent choix en ouvrant ce petit livre (quelle longue introduction!).

Tout d’abord, et franchement, j’ai été étonnée par le style de l’auteur.
Je m’attendais à quelque chose de plus bateau et – soyons honnête – mal écrit. Après tout il est médecin avant d’être écrivain (bonjour les préjugés!). Et bien non. Bon, ce n’est pas excellent non plus, mais bien mieux écrit que ce que je pensais.
On prend plaisir à le lire, il y a de belles phrases, il réussit à éviter le trop-pathos-trop-larmoyant…

Cela tient certainement du fait qu’il reste très sobre et que ces anecdotes sont vraies…

Je n’aime pas les urgences.
Je n’ai encore jamais rencontré quelqu’un qui aime les urgences, ou l’hôpital d’ailleurs. On y va certainement pas par plaisir. On y va parce qu’on a mal / peur / quelque chose. C’est un lieu, où on attend longtemps (parce qu’il y aura toujours un cas plus grave que soi et finalement…C’est mieux ainsi non?) où on se sent pressé – forcément, il y a une énorme queue derrière – où on a peur, sinon on aurait attendu le lendemain avec son médecin traitant où alors qu’on sait déjà qu’il nous arrive quelque chose. Et on attend encore un peu.

Et puis les médecins, cela fait peur…ils sont un peu la Toute-Puissance mine de rien. Eux, ils savent. Nous on ne sait pas. Et ils n’ont pas intérêt à se tromper, on serait les premiers catastrophés par cela…Ils nous font peur, on ne les aime donc pas forcément, en plus souvent, ils nous font un peu mal…

Tout cela pour dire qu’un blog et un réçit intitulé « Journal de soignés/soignants réconciliés » ne pouvait que m’intriguer. Et c’est vrai qu’il réussi son coup.

On est de l’autre côté cette fois-ci. Les médecins, internes, externes, infirmières, aides-soignants, tout âge et sexe confondu, ce sont des êtres humains. Qui font un travail difficile et formidable, avec des horaires compliquées, une vie palpitante mais violente. Qui font des erreurs parfois. Qui font ce métier pour de bonnes ou mauvaises raisons. Qui ont perdus parfois la flamme ou alors elle brûle plus que jamais.

Il y a de tout : des histoires drôles ou ridicules, des histoires pathétiques ou révoltantes…ou encore des histoires très très tristes ou très très belles.

Je vois maintenant qu’il y a certaines histoires que mon petit cœur de mère ne supporte plus et qui m’ont angoissé durant plusieurs nuits…

Il est difficile de parler de ces histoires, qui sont toutes très courtes, mais on y voit toute la bêtise et la beauté de l’être humain. Ils ne doivent vraiment s’ennuyer tous les jours…

Dans ce roman, on suit donc le fil conducteur des visites à la patiente. Mais elle est finalement plus un prétexte pour raconter tranquillement ses anecdotes plutôt qu’autre chose.

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Je ne m’attendais pas à aimer autant, ou à vous faire une aussi longue critique. J’ai passé un très bon moment, j’ai été touché et je pense que je verrais les urgences d’un autre œil à présent -même si je ne veux toujours pas y aller plus que cela. Il aura donc réussi son travail de « Journal de soignés/soignants réconciliés » avec moi.

 

  • Extrait

Je n’aime pas le mot « mort ». On ne meurt pas: on chevauche un étalon arc-en-ciel qui vous emmène faire des rodéo dans les nuages au son de « Lucy in the sky with diamonds ».
Vous l’ignoriez? Si on a été sage, les Beatles sont là pour nous faire passer dans l’au-delà.
Sinon, pour les salauds, quelqu’un vous attend en chantant « Elles sont cuitas les bananas. »

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