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Titre : D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds 
Auteur : Jon Kalman Stefansson
Date: 2013 (2015 en France)
Nombre de pages : 443

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  • L’intrigue

Ce roman relate une chronique familiale sur un petit siècle :

Il y a Oddur, grand pêcheur qui fut le premier à savoir nager et à sécuriser son bateau et sa femme, la splendide Margret qui rêvait d’autre chose que son destin de femme au foyer.

Il y a Ari, leur petit fils, qui essaye de se trouver une place après la mort de sa mère et qui n’arrive plus à parler avec son père.

Puis il y a Ari, qui à l’aube de la cinquantaine, rentre au pays après plusieurs années d’exil.

  • Ce que j’en ai pensé

Ce roman a été lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2015 de Priceminister. Je les remercie vivement pour l’envoi de ce roman.

Ce roman m’a accompagné pendant la première quinzaine de décembre. Dès que je pouvais, j’en lisais quelques pages.

Ce fut une très belle lecture, presque un coup de cœur, un roman que je vais garder en tête en tout cas.

Je connais Jon Kalman Stefansson grâce à son roman « Entre ciel et terre« , le premier tome d’une trilogie qui avait été un magnifique coup de cœur, une lecture époustouflante. Tellement que je n’osais pas vraiment toucher aux deux tomes restant, que j’ai pourtant dans ma PAL.

Le style est toujours aussi magnifique, aussi rythmé et splendide, aussi poétique. C’est vraiment un plaisir de reprendre la lecture, on a envie de lire les phrases à voix haute et de les entendre résonner (oui carrément, j’ai aimé à ce point là!).

Je veux d’ailleurs saluer la traduction qui est vraiment parfaite, merci à Eric Boury pour ce travail!

Le livre aborde plusieurs grands thèmes : l’amour de la nature, l’amour de la patrie et l’amour entre les êtres humains.
Jon Kalman Stefansson parle de son pays avec beaucoup d’amour et de tendresse. Ces descriptions sont loin d’être joyeuses, mais tellement belles et pleines de poésie qu’on a envie d’aller visiter ce pays!

Il parle aussi très bien des sentiments amoureux, de la haine, de la tristesse, enfin de toutes les émotions que l’être humain peut expérimenter.

Ce roman est composé de trois époques et adopte plusieurs points de vue différents.
En ce qui concerne les époques, il y a la jeunesse d’Oddur et Margret (ses grands parents), la jeunesse d’Ari et le présent (l’âge mur d’Ari).

Quand aux points de vue, on a celui d’Ari, celui de son meilleur ami et ceux de ses grands-parents dans le passé.

On passe donc en revue un siècle de l’histoire de l’Islande, avec la survie de ces petits villages par la pêche, l’arrivée de la base américaine, les quotas de pêche et la mort économique du village. C’est donc une sorte de chronique familiale sur un siècle.

Mon seul regret finalement est que l’histoire se soit centré plus sur Ari que sur ses grands-parents Oddur et Margret, dont je trouvais l’histoire plus intéressante (elle me touchait plus en tout cas). J’aurais pu lire bien plus de pages les concernant!

J’ai trouvé leur histoire d’amour, qui dure dans le temps, les problèmes que le couple rencontre (l’ennui de Margret en temps que femme au foyer, elle qui aurait voulu être active et vivre et son époux qui malgré tout l’amour qu’il a pour elle n’arrive pas à la comprendre).

J’ai moins aimé (même si je lisais avec beaucoup de plaisir!) suivre la crise d’Ari, qui arrivé à un âge mûr, a peur d’avoir tout raté et détruit en quelques instants sa vie, quitte à le regretter amèrement après. La jeunesse d’Ari aussi était moins passionnante, ce qui a empêché le coup de cœur.

Je me demande par contre s’il ne va pas y avoir une suite? Je l’espère car la fin très ouverte, laisse plusieurs questions en suspens…

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Je remercie encore une fois les éditions Gallimard et Priceminister pour l’envoi de ce roman. C’est vraiment un excellent auteur contemporain, un texte beau et poétique, cela fait vraiment beaucoup de bien. Je n’ai que plus hâte de me replonger dans sa trilogie!
Je ne peux que vous conseiller cet auteur, découvrez-le, dégustez-le!

  • Extrait

C’est la réponse que Dieu a trouvé à la mort, voyant qu’il avait échoué à sauver l’être humain de sa fin certaine, il lui a offert cette étrange lumière, cette flamme qui depuis réchauffe les mains de l’homme et le réduit en cendre, change les taudis en palais célestes, les palais grandioses en minables ruines, les réjouissances en solitude. Nous le nommons amour, faute d’avoir trouvé mieux.

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