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Titre : Un Bûcher sous la neige  
Auteure : Susan Fletcher
Date : 2010
Nombre de pages : 399

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  • L’intrigue

Corrag est une jeune fille condamnée au bûcher pour sorcellerie. Nous sommes au XVIIe siècle en Ecosse au milieu des guerres de religions et de clans. Elle sera mise à mort au moment du dégel.
Charles Leslie, un révérend irlandais jabobite décide d’aller l’interroger malgré son dégoût pour la sorcellerie, puisqu’elle fut une des témoins du massacre du clan MacDonald.

Elle accepte de lui raconter ce qu’elle a vu, mais en échange, il doit d’abord écouter le récit de sa vie.

Petit à petit, il va apprendre à connaitre cette drôle de femme et se rendre compte qu’elle est loin d’être la créature du diable que tout le monde décrit.

  • Ce que j’en ai pensé

Attention, premier roman de l’année 2016, premier coup de cœur! Et cela fait du bien! J’ai pourtant eu du mal à faire la chronique, pourtant, je ne peux que vous conseiller très très vivement de lire ce roman absolument magnifique, aussi bien pour le fond que pour la forme.

Je dois avouer que je ne sais même plus comment j’ai eu ce livre dans ma PAL…je crois vaguement me rappeler l’avoir acheté à Boulinier, mais je n’en suis pas plus sûre que cela. Et quand? Mystère.

J’ai donc été assez contente de le sortir pour le Challenge Cold Winter, cela me donnait une bonne raison. Il est d’ailleurs parfait pour la saison (je pense que cela ferait moins d’effet lors d’une canicule d’été!).

De plus, c’est une auteure que j’avais envie de découvrir depuis un long moment et un autre de ses romans m’attend dans ma PAL – et je ne pense pas mettre un an avant de le sortir! Et je sais déjà que j’aurais aussi plaisir à le relire un jour!

Par contre, je trouve la couverture trop simple et assez moche…avec un beau roman comme ça, on peut faire tellement mieux!

Tout d’abord, l’écriture est magnifique et très imagée. J’avais vraiment l’impression de me promener dans les landes, d’avoir froid, chaud avec l’héroïne. C’était un véritable plaisir de lecture et je m’obligeais à ralentir la cadence pour ne pas le terminer trop vite. J’aurais lu des centaines de pages en plus sans le moindre souci!
Je ne sais pas si tous ses romans sont aussi bien écrits, mais si c’est le cas, quel plaisir cela va être!

Le récit de Corrag est entrecoupée des lettres que le révérend envoie à sa femme. Lettres très intéressantes, puisqu’elles rendent compte aux lecteurs du changement des sentiments de Charles Leslie vis-à-vis d’elle.

A chaque début de chapitre, on a la description d’une des plantes que Corrag utilise pour soigner. Ce n’est presque rien, mais cela donne un charme supplémentaire au roman!

J’ai adoré suivre ses « plusieurs » vies : celle avec sa mère, puis celle du long voyage et enfin son arrivée en Ecosse, où elle arrive enfin à se faire une place. Elle a des réflexions très intéressantes et on se retrouve vraiment plongé dans cette Ecosse du XVIIe siècle, avec ses rois rivaux, ses clans et ses guerres de religion…une période assez sombre d’ailleurs…

On ne peut qu’aimer Corrag : c’est un personnage profondément bon et juste. Elle n’hésite pas à se remettre en question, à rester à sa place, à déclarer son amour des choses. C’est un être très doux et surtout très gentil.

Son récit est une véritable déclaration d’amour à la vie : elle célèbre tout, les saisons, les animaux, la nature et même les hommes quand ils sont bons. Une ode contre la guerre, la violence et la haine. C’est vraiment magnifique!

 [Attention, je dévoile la fin]

Dès le début, on se doute bien que son histoire d’amour ne peut pas avoir de fin joyeuse…et même Corrag nous le fait bien sentir durant tout le récit. Il n’y a donc pas de déception, ce qui nous empêche pas d’être bien triste pour elle (oui, je vis mes lectures beaucoup trop à fond…).

Le récit du massacre est assez difficile à lire. Je trouve d’ailleurs que ce genre de récit est de plus en plus difficile à lire pour moi. C’est tellement vain, tellement abominable, tous ces morts pour rien. On ressent le même désespoir que Corrag a être aussi inutile et à ne pas pouvoir changer les choses.

J’ai peut-être été un peu déçue à la fin -j’aurais voulu quelque chose de plus tragique…- mais j’étais tellement soulagée que cela se termine bien que je ne râle pas plus que cela. Que le Révérend ait le courage de la délivrer, je n’y croyais pas, je pensais qu’il allait juste lui donner un somnifère ou du poison pour une « fin moins violente ».

J’ai aussi aimé apprendre qu’il s’agissait d’une véritable légende! A la fin, il y a deux pages qui nous parle un peu de cette époque du point de vue historique.

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Un très beau roman, une écriture magnifique, une histoire passionnante et où on apprend énormément de choses! Je ne peux que vous conseiller cette petite pépite, même si ce n’est pas très joyeux. J’ai vraiment adoré ma lecture, même si j’ai l’impression d’en parler très mal et j’ai hâte de découvrir ses autres titres!

  • Extrait

Et la voix du cœur est forte. Toujours.
L’écouter, voilà mon conseil. Si mon récit doit s’arrêter, prenez ça comme la seule chose que j’ai à dire sur la vie et la manière de la mener (car ma vie ne touche-t-elle pas à sa fin?)
La voix du cœur est la voix de la vérité. C’est plus facile de ne pas l’entendre, parce qu’elle donne quelquefois un avis qui nous contrarie, et risquer de perdre ce que nous avons est bien dur. Mais quelle vie menons-nous si nous refusons d’ écouter notre cœur? Une vie qui n’est pas vraie. Et la personne qui la vit n’est pas vraiment nous.

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