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Titre : La Ferme africaine 
Auteure : Karen Blixen
Date : 1937
Nombre de pages : 501

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  • L’intrigue

« J’ai possédé une ferme en Afrique, au pied du Ngong ».
Ainsi commence ce récit, mi-roman, mi-autobiographie de Karen Blixen sur ses longues années au Kenya. Propriétaire d’une ferme et d’une plantation de café, elle tombe amoureuse de ce pays, ses paysages et ses habitants.

  • Ce que j’en ai pensé

Mon mari avait tiré ce roman de la book-jar fin avril pour le mois de mai. J’ai ce roman dans ma PAL depuis…presque 7 ans? Voir plus?
Je me souviens encore l’avoir acheté alors que j’étais en prépa littéraire, heureuse de le trouver d’occasion (d’ailleurs il sent bon le livre de poche, un vrai plaisir!) et de le lire!

Il faut dire que je savais que le film Out of africa était tiré de ce roman. Et Out of africa est mon film favori depuis mon adolescence. J’ai tout adoré dans ce film : les acteurs (ma découverte de deux très grands acteurs, Meryl Streep et Robert Redford) un grand réalisateur, ( Sydney Pollack) une musique magnifique, une histoire poignante, des paysages superbes…
Vraiment c’est mon film préféré de tous les temps! J’étais donc ravie de découvrir le roman dont il était tiré!
Et finalement…il a traîné. Mais traîné…J’ai lu des critiques très négatives dessus et cela m’avait beaucoup refroidi. Le nombre de pages aussi. J’avais tellement peur d’être déçue que j’ai fini par l’oublier sur mes étagères et qu’il m’a suivi durant toutes mes études et mon début de vie active.

Donc quand mon mari a fini par le tirer de la book-jar, j’ai beaucoup appréhendé ma lecture…
Et finalement, je me suis plongée immédiatement dedans et j’ai tellement aimé que j’ai avalé les 500 pages en trois jours et que j’avais terminé le 1er mai!

Ce fut donc -après cette longue introduction!- une lecture très agréable et que je ne regrette absolument pas.

Inutile de vous dire que j’avais très clairement Meryl Streep en tête et la BO (qui est absolument sublime!) du film pendant toute ma lecture en tête! 

Par contre, je préfère prévenir ceux qui pensent lire l’histoire d’amour de Karen et Denis comme dans le film, vous allez être très déçus! Ce n’est absolument pas le thème. Il y a quelques chapitres qui parlent de Denis en effet, mais très peu et toujours avec beaucoup de pudeur et de retenue. C’est très élégant, on comprend qu’ils ont été très proches, mais au niveau histoire d’amour, cela s’arrête là.

Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est sans hésiter la plume de l’auteure. Je trouve que c’est une plume magnifique, exceptionnelle même. Elle m’a transporté et bercé à travers ses pages et c’est bien simple, je n’avais pas envie de m’arrêter de lire. Elle a sans le moindre doute un grand talent de conteuse et d’écrivaine.
On s’y croyait et je voyais s’étaler devant moi les paysages, les gens et les situations comme si j’y étais : cette capacité n’est pas donné à tout le monde loin de là…

Ce livre – est-ce un roman? Un récit autobiographique? Une sorte de mélange des deux, j’ai du mal à trancher en fait! Cela fait parfois plus chroniques que récit d’ailleurs – est découpé en trois parties : Une première partie plus organisée sous forme de récit, une deuxième partie composée en grande partie de notes (appelé aussi Notes d’une émigrante) et une dernière partie « Les Adieux » où elle détaille son départ du Kenya.

Comme je disais, ce n’est pas un récit d’amour comme dans le film, mais une véritable déclaration d’amour à un pays et à son peuple. Elle a réussi à s’intégrer et à vivre avec sa ferme durant plusieurs années et être obligée de partir à été un crève-cœur.
Elle avait également l’air d’être une personne très humaine et bonne.

Les paysages qu’elle nous détaille sont juste sublimes. Ce livre a été publié en 1937 et elle y raconte sa vie passée, donc j’imagine bien que le Kenya a du beaucoup changé, mais franchement, cela donne vraiment envie d’aller le voir.

Finalement, il est difficile de parler de cette lecture, parce qu’il n’y a pas vraiment d’histoire, de fil conducteur. Elle nous raconte son amour pour le Kenya et pour sa ferme, sa vie quotidienne, avec ses hauts et ses bas. J’ai beaucoup aimé ma lecture en tout cas et j’ai beaucoup aimé sa plume.

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Une belle lecture, avec une très belle plume, j’ai vraiment été séduite par l’écriture de Karen Blixen (je me répète je sais, mais franchement, j’en suis encore bluffée). Je pense lire ses autres œuvres et je ne peux que vous conseiller ce livre si jamais vous voulez vous plonger dans le Kenya d’il y a quelques décennies.
Contente en tout cas de ne pas être déçue par une de mes lectures pour le challenge book-Jar, cela fait du bien!

  • Extrait

Denys possédait une qualité inappréciable pour moi ; il savait écouter une histoire. J’ai toujours pensé que j’aurais pu jouer un rôle à Florence à l’époque de la grande peste.
Le monde a changé et l’art d’écouter les histoires s’est perdu en Europe.

Les indigènes d’Afrique l’ont conservé et, pour peu que l’on commence à dire « il y avait une fois un homme qui se promenait sur une route et sur cette route il rencontra un autre homme » pour que tout le monde soit attentif et que l’imagination de l’auditoire devance les deux hommes : « Bon M’sabu et après? demandaient mes noirs. Qu’ont dit ces hommes? »

En Europe, ceux-là même qui voudraient écouter l’histoire qu’on leur raconte ne le peuvent plus, ou bien ils s’agitent, ou bien s’ils ne peuvent penser à ce qu’il est urgent d’accomplir, ils s’endorment.
A côté de cela ils peuvent passer toute une soirée enfouis dans un livre ou un journal. 
Il leur faut quelque chose d’imprimé devant les yeux, c’est devenu une habitude. 

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