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Titre : Le Diner
Auteur : Herman Koch
Date : 2009 (2011 pour la France)
Nombre de pages : 356

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  • L’intrigue

Paul et sa femme s’apprêtent à retrouver le frère de celui-ci et sa femme dans un grand restaurant étoilé pour discuter. Une certaine tension s’installe entre eux, alors qu’ils parlent de tous les sujets les plus futiles possibles : vacances, carrière, cinéma…

Ils évitent soigneusement la raison principale de cette réunion : leurs deux fils. Ou plutôt ce que ces deux enfants ont fait.
Mais le dîner passe et il va bien falloir en discuter et prendre une décision.

  • Ce que j’en ai pensé

J’avais ce livre dans ma PAL depuis un peu moins d’un an et j’ai eu envie de le sortir durant le mois de mai.
Autant être honnête tout de suite, je n’ai pas aimé ce roman. Je l’ai lu en entier parce que je voulais savoir où l’auteur voulait en venir et parce qu’il était court. Mais je suis ravie de l’avoir terminé, enlevé de ma PAL et de ma bibliothèque!

J’avais lu beaucoup de très bonnes critiques, j’ai donc été assez surprise par ce que je lisais. On m’avait parlé d’humour ravageur, d’une critique aiguë de la société, d’une comédie des mœurs avec un suspense fou…peut-être, mais je ne suis pas convaincue du tout.

Je crois que mon problème principal vient de la position de l’auteur et de ce qu’il raconte avec ce roman. Il reste à la lisière, comme un témoin, neutre. J’aurais voulu arriver à connaitre son avis sur son histoire, savoir ce qu’il pensait de ce thème (je ne sais pas si je suis claire…).
C’est un parti pris qui peut être intéressant, mais moi, il m’a mise terriblement mal à l’aise.

Les chapitres du roman suivent la chronologie du repas : l’arrivée et l’apéritif dans ce magnifique restaurant, l’entrée, le plat et le dessert :
Au début, on sent que les personnages se tournent autour, s’observent et parlent de tout sauf du sujet principal. Puis vient le plat, où le groupe se divise et passe son temps à se lever pour éviter le sujet de manière plus frontale. Et enfin, au dessert, la véritable raison de cette réunion est enfin abordée. On termine alors avec le pourboire et le café, ainsi que la conclusion de cette discussion et les choix de chacun.

Difficile de parler de ce roman sans spoiler, on sent une tension qui monte durant tout le dîner, où on apprend le passé du père par flash-back et comment les personnages ont fini par se retrouver autour de cette table.
Et surtout, qu’ont donc fait les enfants?

 

[Attention, je dévoile la suite et la fin, à ne SURTOUT pas lire si vous souhaitez garder la surprise…vraiment, je spoile allègrement!]

Quand j’ai appris ce qu’avaient fait les enfants, j’ai été assez étonnée. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Il s’agit de maltraitance (allant très loin) sur les SDFs.

Mais j’ai essayé de me poser la question au début : moi, en tant que mère qu’est-ce que je ferais à la place des parents? Est-ce que je dénonce mon fils et je l’envoie en prison? Est-ce que je deviens complice et je me tais? Ce sont des questions horriblement compliquées je trouve.

Mais plus on avançait dans le roman, moins je trouvais la moindre excuse à Michel puis à son père. Ce n’était pas une fois, sous le coup de l’alcool, de « je ne savais pas ce que je faisais« . Il l’a fait plusieurs fois, il est sadique et cruel et sans le moindre remord.

Il ne s’agit pas d’un accident isolé où il est horrifié par ce qu’il a fait. C’est un véritable homicide pour moi, un meurtre pour s’amuser. Il n’a aucune excuse, même aux yeux de ses parents…normalement…

Et en fait…non. J’ai surtout été horrifiée par les réactions des adultes de ce roman. C’est à peine s’ils soulèvent la moindre objection, s’ils semblent choqué par l’attitude de leurs enfants. On avait même l’impression que ce qu’ils ont fait n’était pas vraiment un problème!! Est-ce que cela existe vraiment? Je n’arrivais pas à y croire.

Je pense que l’apothéose a été à la fin du dîner quand la mère de Michel parle gentillement d’accident, défendant son enfant en disant clairement que c’était de la faute de la sdf si il lui avait balancé des objets dessus et qu’il l’avait brûlé vive. Je n’en croyais pas mes yeux. Est-ce possible? Y-a-t-il sérieusement des gens qui pensent ainsi?

Alors, ce roman est-il une satire? Une dénonciation de la violence de notre société, qui se trouve aussi bien dans les beaux quartiers qu’ailleurs? Peut-être, mais je n’ai pas réussi à le ressentir ainsi.

De plus, la « prétendue » maladie du père qui affecterait ses pulsions et qui serait héréditaire ne m’a pas vraiment semblé crédible. Il ne cite aucun nom de maladie, du coup je ne sais pas…j’aurais aimé savoir qu’une telle pathologie est réelle, mais j’en suis à en douter et me dire que cela « arrangeait » l’auteur.
Après, est-ce que cela excuse le comportement du père et de Michel?

Quand à la fin, n’en parlons même pas, c’est juste tellement immense qu’une fois de plus, je n’y croyais pas du tout.
J’aurais vraiment aimé qu’Herman Koch, au lieu de rester simple spectateur prenne peut-être un peu plus parti, qu’on sache où il voulait en venir à la fin. Je ne dis pas qu’il faut forcément qu’il y ait une morale bien définie à la fin de chaque histoire, mais là? Je ne sais pas. Je trouve que ce roman, à part un sentiment de malaise et d’incompréhension n’apporte rien.
Franchement, je ne sais pas.

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Une déception donc…la manière de traiter l’histoire – et l’histoire en elle-même – m’a paru tellement malsaine que j’ai été très mal à l’aise avec ce roman et que je n’ai pas pu y adhérer. Je ne pense pas forcément recommencer de sitôt avec cet auteur.

  • Extrait

Cela arrive plus souvent qu’on ne le souhaite, dans ces restaurants prétendument haut de gamme, on perd le fil de la conversation à force d’être confronté à ces innombrables interruptions comme les explications bien trop détaillées sur le moindre pignon de pin dans son assiette, le débouchage interminable des bouteilles de vin et le remplissage opportun ou non de nos verres sans que personne n’ait rien demandé.

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