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Titre : 1979 
Auteur : Jean-Philippe Blondel
Date : 2003
Nombre de pages : 185

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  • L’intrigue

1979
Cette date a été tagué sur le mur d’une maison en vente. Pourquoi ces chiffres? Pourquoi cette peinture rouge?
Les voisins s’interrogent, chacun y voit une signification, se sent visé personnellement ou au contraire est agacé parce que cela n’évoque rien.
Et surtout qui est le tagueur? Que voulait-il dire?

  • Ce que j’en ai pensé

Il ne me restait qu’un roman de cet auteur dans ma PAL, roman que j’avais acheté je ne sais plus trop quand, un tout petit poche en fait, que j’avais presque fini par oublier.
J’ai eu envie de le lire durant ce mois de mai, pour être sûre d’aimer ma lecture.

Pour moi, Jean-Philippe Blondel, c’est une valeur sûre. Même si un thème récurent pendant une période de ses écrits avait commencé à m’agacer et me lasser un peu, il reste un auteur que j’aime beaucoup et dont j’attends les prochains écrits.

Ici, il s’agit de son deuxième roman. Et j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce petit livre (un de mes principaux reproches, ces romans sont toujours trop courts, il y a un goût de trop peu…).

On retrouve cette ambiance douce et amère qui semble être la signature de l’auteur et on suit donc plusieurs personnages aux histoires nostalgiques mais souvent très banales.
On a uniquement des pans de la vie de ses personnages, qui semblent se croiser parfois et encore, de loin. Comme de toutes petites histoires qu’on suit en parallèle pour les retrouver tous à la fin.

Ce roman est découpé en 4 chapitres, auxquels se rajoutent un épilogue.
Le premier chapitre, très court est le récit d’une seule personne, qui semble être le narrateur. On ne le retrouvera qu’à l’épilogue.
Les 3 autres chapitres sont les mini-chroniques de vie des différents personnages, leurs réactions face au tag, puis celle face à la disparition du tag et enfin ce qu’ils décident de faire.

Tous les personnages ne sont pas forcément attachants. J’ai bien aimé suivre Virginie, à l’histoire un peu terne et triste et celle de Paul, absolument terrible. Alors que l’histoire du médecin par contre, m’a semblé bien pathétique.

Chaque personnage voit une signification différente dans cette date : certains pensent qu’elle leur est personnellement adressée, d’autres ne comprennent pas, essayent de se souvenir ce qu’ils pouvaient bien faire cette année-là. Mais chacun y voit quelque chose de différent et c’est cela qui est intéressant. Et la disparition du tag provoque tout autant de réaction. Ils n’arrivent pas à oublier et se demandent qui peut bien être le tagueur.

J’ai lu ce petit roman doucement, tranquillement, comme un thé qu’on déguste. Je me suis laissée bercer et entraîner par le style de Blondel, que j’aime définitivement beaucoup.

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J’ai passé un bon moment de lecture avec ses personnages, que j’ai pris plaisir à suivre dans leurs pérégrinations au goût doux-amer.
Une jolie lecture donc, une belle surprise avec ce tout-petit livre, j’ai retrouvé avec plaisir cet auteur et je continue d’attendre ses écrits avec impatience.

  • Extrait

Je n’ai pas le sens de la formule et je ne vibre pas sur les slogans. Je crois que les mots cachent. On est content d’avoir trouvé une phrase qui cogne et on la répète au lieu de taper. On se gargarise. Un bon mot. Tout devient une question de bons mots. Et puis le temps passe, la phrase perdure mais perd de son sens, à un moment donné, elle vire comme une crème fouettée laissée au soleil et elle devient ironique, on se la lance dans des contextes qui n’ont plus rien à voir, on la galvaude, on marche dessus.

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