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Lors du mois de juin, j’ai eu l’occasion de lire deux bandes-dessinée, une déception et une jolie découverte. Je préfère les rassembler dans un seul article, n’ayant pas énormément de choses à dire dessus!

Il s’agit donc de :

  • Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé
  • Le Bonheur occidental de Charles Berberian

Titre : Ce n’est pas toi que j’attendais
Auteur : Fabien Toulmé
Date : 2014
Nombre de pages : 256

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  • L’intrigue 

L’annonce d’un handicap chez un bébé est un coup de tonnerre pour toutes les familles. Après une grossesse sans souci, Fabien et Patricia apprennent que Julia, leur deuxième fille est porteuse de la trisomie 21. Elle n’a pas été dépistée, comme cela peut arriver.

Les parents vont passer par toutes les phases du deuil de l’enfant parfait et essayer de comprendre comment vivre avec cet handicap jour après jour.

  • Ce que j’en ai pensé

En allant à la bibliothèque de ma ville pour permettre au Petit Prince de voir d’autres livres qu’il a à la maison, je suis tombée sur cette BD dans les nouveautés. BD que j’avais très envie de lire depuis longtemps. Alors pour une fois, je n’ai pas feuilleté un magazine à côté de mon fils, mais j’ai profité de notre visite pour vite la dévorer (comme ça, je n’ai pas à l’emprunter!^^)

Ce fut une belle lecture, qui m’a beaucoup plu et je ne peux que vous la conseiller, en particulier si vous vous posez des questions sur la trisomie 21.

Ce n’est pas forcément une lecture intelligente à faire quand on est enceinte par contre…même si je ne me suis pas posée la question plus que cela je dois dire, mais je préfère prévenir!

C’est particulièrement le point de vue de Fabien qu’on suit, puisque c’est lui qui raconte cette histoire. Son pressentiment, sa colère, son rejet, ses peurs et enfin son amour pour Julia, sa fille.

C’est une situation très difficile à vivre, surtout quand elle n’a pas été dépisté lors de la grossesse. Cela doit certainement être une grosse claque dans la figure, quand on ne s’y attend pas et qu’on a aucun pouvoir de décisions.

Il a été très honnête dans cette BD, n’a pas hésité à parler de son rejet, de son dégoût même, de son incapacité à prendre et s’occuper de sa fille dans les premiers temps, à la nier même. Cela peut être vu comme assez violent, mais je ne peux pas imaginer ma réaction face à une telle nouvelle.

Et puis, il s’habitue à la nouvelle, son regard change, il se renseigne, il essaye d’aller de l’avant doucement et malgré des moments de doute (comme chaque parent de toute manière) il voit aussi tout ce que sa fille peut lui offrir et qu’il l’aime finalement profondément. Il évite par contre de trop se projeter, essayant de trouver des solutions pour chaque jour. La BD s’arrête alors que Julia a trois ans.

Certains porteurs s’en sortent très bien dans la vie, ont un travail, une maison, une vie de couple et sont presque autonomes. D’autres absolument pas.
Et quoi qu’il en soit, une vie « normale » est quasi-impossible pour eux (ne serait-ce que la question des enfants, c’est ainsi que j’ai appris qu’une grande partie des porteurs de la trisomie sont infertiles), ainsi que pour leurs parents qui devront « garder un œil » sur eux. La situation s’est améliorée au fil des années (avant, on ne les aidait pas vraiment, on les mettait dans des instituts spécialisés, on ne les poussait pas en avant…) mais cela reste quand même une situation très compliquée et dont aucun parent ne veut.

Une BD qui nous met une claque, qui nous force à nous poser des questions et à changer de regard quand on rencontre des êtres humains porteurs de ce chromosome supplémentaire. Ce livre m’a fait beaucoup réfléchir en tout cas.

Une belle BD donc, humble, franche et douce sur le bouleversement d’accueillir un enfant handicapé dans sa famille. Je ne peux que vous la conseiller, j’ai beaucoup aimé.

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Titre : Le Bonheur occidental
Auteur : Charles Berberian
Date : 2016
Nombre de pages : 96

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  • L’intrigue 

A travers des scénettes, l’auteur nous donne sa vision du monde, qu’il trouve amère, désabusée et très égoïste. On nous parle aussi bien d’événements quotidiens de la vie, que du monde politique ou encore du monde très clôt de l’édition.

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie les éditions Fluide Glacial et Babelio pour l’envoi de cette bande-dessinée lors du dernier masse critique.

Hélas, cette bande-dessinée fut une déception. Aussi bien dans le fond que dans la forme en plus…J’ai lu cette BD très rapidement et je n’en ai finalement pas tiré grand chose…Je n’ai pas été très sensible au dessin en plus.

C’est avant tout le titre qui m’a attiré dans cette BD, j’avais envie de savoir ce qui se cachait derrière ces deux mots.

Je sais que ces planches sont censées être drôles et ironiques…J’ai trouvé l’auteur plus…aigri que drôle en fait. Il y a eu peu de planches qui m’ont fait rire. Il y a beaucoup d’autodérision, certes, mais cela n’a pas fonctionné avec moi. Il est surtout très amer avec le monde de l’édition et ses nouvelles méthodes -qui ne sont pas bonnes on est bien d’accord – ainsi qu’avec la vie politique française.

Et je dois dire que je ne m’attendais pas trop à tout ce chapitre sur la politique, où il tape sur certaines personnalités de notre scène politique. S’il n’a pas vraiment tort, je n’aime pas trop les BD politisé comme ça, ce n’est pas un thème qui m’intéresse. Le fait qu’il n’y ait pas vraiment de fil conducteur, mais tout de même un certain suivi chronologique m’a un peu déstabilisé aussi.

Cette BD ne fut donc pas une réussite pour moi. Dommage…

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