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Titre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur 
Auteure : Harper Lee
Date : 1960
Nombre de pages : 450

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  • L’intrigue

Dans une petite ville d’Alabama, durant la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem un jeune garçon et Scout, une petit fille. Avocat, il est commis d’office pour défendre un homme noir, Tom Robinson, accusé d’avoir violé une femme blanche, Mayella Ewell.

Cette affaire va enflammer la ville et les alentours.

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai lu ce grand classique durant le mois de juin. J’appréhendais beaucoup cette lecture. Je l’avais depuis plusieurs années dans ma PAL, mais je n’osais pas le sortir…je ne voulais pas être déçue je pense.

Alors qu’il a fait très beau durant quelques jours, je me suis dit qu’une vraie ambiance estivale serait parfaite pour ce roman. Et franchement, je suis ravie de l’avoir fait, puisqu’il s’agit de mon deuxième coup de cœur de l’année 2016.

Franchement, j’ai adoré ce roman. Mais tellement adoré que j’ai ralenti ma lecture pour ne pas le finir trop vite. Et je pense vraiment le relire assez rapidement – si j’en ai le temps – pour mieux garder certains passages en tête.

[Je voudrais ouvrir une petite parenthèse sur la parution en France de ce roman et surtout ses titres.

Car en effet, il a la particularité d’être sorti sous pas moins de trois titres différents!
Le premier titre en 1961 s’intitulait « Quand meurt le rossignol ».
Le deuxième titre en 1989 lui était « Alouette, je te plumerai ». 

Et finalement en 2005, il a été publié sous le titre qu’on lui connait tous, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.
Je rappelle que le titre original est « To Kill a Mockingbird » et j’ai envie de demander à quoi pensaient les éditeurs et les traducteurs des deux premières éditions?
Pourquoi ne pas rester au plus près du titre original et aller chercher une alouette ou un rossignol quand il n’y en a pas? 

Cela m’a rendu assez perplexe, surtout que le titre original est très beau et parfait pour le roman…

Bref…fin de ma parenthèse…]

La grande particularité de ce roman est bien évidemment la narration. Le point de vue d’une jeune enfant rend le roman bien plus fin et plus aiguisé que si cela avait été du point de vue externe. On comprend certaines choses à travers ses yeux alors qu’elle passe complètement à côté. J’aime beaucoup ce genre de roman.

Ce point de vue permet aussi d’avoir un panorama assez détaillé de la vie d’une petite ville américaine lors de la Grande Dépression : Scout nous détaille sa vie, toujours du point de vue d’un enfant, mêlée à celle de sa famille, de ses voisins et de la ville.
On voit à quel point les traditions sudistes sont encore très présentes, le manque de travail, le désœuvrement de la population, la séparation très nette entre les blancs et les noirs, entre les riches et les pauvres.
c’est donc assez intéressant, puisqu’elle décrit ce qu’elle voit exactement, son esprit d’enfant n’étant pas encore « contaminé » par l’hypocrisie et les convenances.

J’ai lu certaines critiques qui trouvaient le rythme trop lent, qu’à part au procès, il ne se passait rien. Je ne l’ai absolument pas ressenti ainsi. J’ai aimé cette lourdeur, cette lenteur, les choses qui avancent très lentement – comme c’est toujours le cas dans les procès d’ailleurs– et le point de vue de Scout est d’autant plus intéressant, puisque c’est sa vie à elle, la répercussion que toute cette affaire a sur elle qui est retranscrit.

En tout cas, le rythme lent ne m’a pas gêné du tout, je ne l’ai même pas remarqué ( il faut dire aussi que j’aime les romans aux rythmes lents).

On peut couper ce roman en trois parties : Avant le procès, le procès en lui-même et l’après-procès. Je peux comprendre qu’on soit déçu si on pensait avant la lecture que le procès occuperait une grande partie du récit. Ce n’est pas le cas, loin de là.

Le personnage le plus incroyable est bien évidemment Atticus. On a envie de citer chacune de ses phrases, elles font presque toute mouche, il est d’une droiture et d’un sens critique incroyable.
Je l’ai dit, j’ai presque envie de le relire très rapidement pour mieux l’analyser et mieux retenir certains des passages le concernant. Il est vraiment le personnage fort du roman et j’aurais vraiment aimé en savoir plus sur lui. Son intégrité, son esprit critique à cette époque est assez exceptionnelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’il semble à l’écart du reste de la population.

Il parait que l’auteure s’est légèrement inspirée de sa propre vie pour ce roman. Si c’est le cas, elle a vraiment eu un père exceptionnel.

[Attention, je dévoile l’issue du procès]

Car finalement, on peut dire que ce procès fut une victoire. Une victoire amère et abominable, mais une certaine victoire tout de même.

Toute la ville sait que Tom Robinson est innocent. Tout le monde sait que la famille Ewell ment, que Tom n’a pas touché la jeune fille. Pourtant, tout le monde est prêt à condamner à mort Tom parce qu’il est noir et qu’on reste « fidèle » à sa couleur.
Et la victoire d’Atticus a été de forcer le jury à délibérer plus de 5 minutes. De convaincre un seul jury que ce qu’il fait est mal et d’en parler avec les autres.

Et c’est une première aux Etats-Unis. Un jury s’est dit que condamner un innocent sur la couleur de sa peau était pas jojo mal quand même. Ce qui ne l’a pas empêché de le condamner tout de même, mais une sorte de nouvelle pensée est née.
Est-ce que ce n’est pas terrible? Il y a une grande portée politique dans ce roman.

C’est un très beau message de tolérance et d’une demande de justice finalement. Et quand on voit la situation présente des noirs aux Etats-Unis, on voit qu’ils sont loin d’avoir réglé le problème de l’esclavage et de la ségrégation.

La dernière partie est aussi très intéressante : Les deux enfants d’Atticus ont été confronté violemment au monde des adultes, aux mensonges des grands, à la mort. On voit comment la ville se « remet » de ce procès tranquillement, sans bruit et comment eux n’arrivent pas à passer à autre chose. Difficile d’accepter les convenances et les mensonges des grandes personnes quand on sent à quel point c’est injuste.

C’est affreux, j’ai l’impression de très mal parler de ce coup de cœur, de ne pas trouver les mots pour vous convaincre que ce roman vaut largement le détour, mais bon…c’est souvent ainsi avec mes coups de cœur, je ne sais pas trop comment en parler, même si plusieurs semaines depuis ma lecture sont passées.

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J’ai donc adoré ma lecture! Deuxième coup de cœur de l’année, ce n’est pas rien. Tout m’a plu, aussi bien le fond que la forme et j’ai regretté de l’avoir terminé aussi vite!

Je ne peux donc que vous conseiller vivement la lecture de ce classique. Cela me fait même peur pour lire le deuxième et dernier roman qui est sorti peu avant sa mort sous le titre de « Va et poste une sentinelle » et qui est la suite de ce roman.

  • Extrait

Avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.

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