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Titre : Les Vies de papier 
Auteur :  Rabih Alameddine
Date : 2016
Nombre de pages : 326

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  • L’intrigue

 

Aaliya Saleh est une ancienne libraire de 72 ans à la retraite.
Son parcours est hors du commun : mariée à 16 ans à un impuissant, répudiée 4 ans plus tard, devenue libraire par amour de la lecture, elle se livre depuis des années à des traductions en arabe de ses livres préférés durant ces heures de loisir, sans espérer un jour se faire publier. C’est l’acte de traduire qui lui plait.
Une seule passion l’anime : la littérature. Sa vie entière tourne autour de cet art et elle tente d’éloigner tant bien que mal les êtres humains autour d’elle.

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie Babelio et la maison d’édition Les Escales pour l’envoi de ce roman lors d’un masse critique.

J’ai enfin lu mon premier roman de cette rentrée littéraire 2016! Il était temps!
Je sais que cette année, je vais lire peu de titres de la rentrée littéraire, mais celui-ci me tentait beaucoup, particulièrement à cause de sa magnifique couverture et les éloges qu’on en faisait sur plusieurs blogs.
J’ai donc été ravie de le recevoir!

Tout d’abord, l’objet livre est très beau, la couverture est vraiment magnifique! Evidemment, une photographie avec des livres, elle est sûre de me plaire, mais je la trouve très belle et apaisante également.
Il s’agit du premier auteur libanais que je lis (en tout cas je crois).

J’ai été surprise pas le style. Je m’attendais à une écriture plus simple, moins belle, aucune idée pourquoi. J’ai du faire parfois quelques efforts pour comprendre et lire (après, la fatigue et 3 réveils par nuit n’aident pas…), mais l’écriture est vraiment très belle et finalement agréable à lire, parce qu’on y prend plaisir. C’est donc un excellent point!

Vous le savez peut-être, j’adore les romans qui parlent de littérature, de livres, qui sont plein de citations, d’idées de lecture. Des romans qui sont une véritable ode à la littérature. Celui-ci ne fait pas défaut : une ancienne libraire, qui traduit des livres à ses heures perdues? Il recèle donc d’une multitude de citations et d’anecdotes d’auteurs, des idées de romans à découvrir!

Et autre chose que j’ai également beaucoup aimé, c’est que l’auteur cite également énormément de musiciens et de musique classique à écouter. Et ça aussi, c’est top!

Mais ce roman reste avant tout une très belle déclaration d’amour à la littérature, à son pouvoir de nous emmener ailleurs et de nous permettre d’apprendre et de nous cultiver.
Par contre, je pense qu’il faut aimer la littérature et avoir une certaine culture littéraire pour vraiment apprécier toutes les digressions qu’elle fait sur les auteurs et œuvres.

Avec ce livre, on va et vient au gré des souvenirs du personnage, sans chronologie réelle: Le récit prend place dans le présent, mais elle passe énormément de temps à se remémorer son enfance et sa vie d’adulte.
Elle a eu une vie assez atypique : répudiée, elle a refusé de se remarier, refuser de se conformer à la vie qu’on attendait d’elle ( être une fille obéissante, donner son appartement à ses frères, se remarier et fonder une famille…) pour travailler et s’adonner à sa passion : lire. Elle est très ironique, assez mordante même si elle semble petite et faible quand elle parle d’elle-même.
On revient donc sur les moments clés de sa vie.

Le roman a pour cadre Beyrouth, durant la guerre et de nos jours. Même si le personnage d’Aaliya s’enferme dans une bulle, refusant au maximum le contact avec les autres êtres humains, elle nous offre un bel aperçu de cette capitale, de ses années terribles de guerre et de sa transformation en ville « moderne » bétonnée. J’ai aimé découvrir cette ville que je ne connais absolument pas.

Quand je dis qu’Aaliya vit dans une bulle, c’est réellement le cas. Le titre du roman est très bien choisi. Elle s’est réfugiée dans les « vies des livres » (de papier donc) et se sent bien plus proche de ses personnages de romans préférés que de sa mère par exemple. La vieillesse n’aidant pas à la rendre plus sociable, elle s’enferme dans son appartement, en particulier son bureau ou elle lit, traduit et ressasse ses souvenirs malgré elle. Si elle vit dans ses rêves, elle n’est plus dupe : les livres ne la protègent hélas pas de la vie.

J’ai aussi bien aimé les réflexions que le personnage ( et donc l’auteur) fait sur les traductions. Ce qu’Aaliya fait, c’est la traduction en arabe d’une première traduction d’un roman. Difficile d’être proche du texte original dans ces cas-là, n’est-ce pas?
Il y a tout un passage sur les traductions, sur la manière de les faire, la manière dont elles sont perçues par les autres. C’était vraiment très intéressant.

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Une belle lecture, intéressante, bien écrit, avec le portrait d’une femme hors du commun.
J’ai pris plaisir à ma lecture et si vous aimez les romans qui parlent de littérature, avec une belle écriture et un dépaysement, je ne peux que vous le conseiller.

Encore un grand merci à Babelio et la maison d’édition Les Escales!

  • Extrait

La littérature est mon bac à sable. J’y joue, j’y construis mes forts et mes châteaux, j’y passe un temps merveilleux. C’est le monde à l’extérieur de mon bac à sable qui me pose problème.

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