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Titre : Ça
Auteur : Stephen King
Date : 1986
Nombre de pages : 799 ; 638

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  • L’intrigue

La petite bande du « Club des ratés » passe l’été dans les friches de la ville de Derry à jouer et à essayer d’éviter les voyous qui les persécutent. Mais ils se retrouvent confronté à ce qui enlève et tue plusieurs enfants depuis quelques mois dans la ville. Ils ont décidé de le surnommer « Ça ». Il a la particularité de prendre la forme des peurs les plus profondes de chacun mais on le voit souvent sous la forme d’un clown se faisant appeler Grippe-Sou.
Ensemble ils arrivent à le vaincre.

27 ans plus tard, devenus adultes, l’appel de l’un d’entre eux les ramène tous à Derry. Ça est de retour…Cette fois, il faudra le tuer définitivement…

  • Ce que j’en ai pensé

Au début du mois d’octobre, je me suis lancée dans les deux énormes romans qui forment l’histoire de « Ça ». Je ne compte pas vraiment les romans de Stephen King dans ma PAL, puisqu’il s’agit de la bibliothèque de mon mari.

J’ai lu quelques Stephen King auparavant (dont Shining l’année dernière). J’aime bien en lire un de temps à autre, mais si je les enchaîne, j’ai tendance à faire une overdose assez rapidement.
C’est en partie la Booktubeuse Lemon June (superbe chaîne d’ailleurs, je ne peux que vous conseiller d’aller y jeter un petit coup d’œil) qui m’ont donné envie de le lire. Quoi de mieux qu’un roman d’horreur pour le mois Halloween?

Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup apprécié cette lecture!
J’ai été très agréablement surprise. Je crois que de manière assez snob, j’ai tendance à sous-estimer le talent de Stephen King dès que mes souvenirs de lecture s’estompe, peut-être parce qu’il est très populaire, parce que les romans d’horreur ne sont pas ma tasse de thé du tout…Ce qui est assez stupide de ma part. Parce que franchement, j’ai passé un super moment!

J’ai été captivée par son récit (j’ai lu ces deux énormes tomes en quelques jours seulement!) et plutôt satisfaite du style.

Par contre, je préfère prévenir, si je n’ai pas eu trop peur durant ma lecture – après, je lisais pendant la journée, très régulièrement interrompue par les Princes donc bon, niveau immersion on repassera…- elle m’a souvent mise très mal à l’aise. Cette histoire est glauque. Les deux tomes sont très très glauques, les personnages, les situations…certains passages sont parfois un peu compliqués à lire et on peut avoir envie de faire une pause et d’aller respirer de l’air frais.

Car on va parler de meurtres sanglants, de démembrements, d’enlèvements, de racisme, de massacres, de pédophilie, de violences conjugales…et encore et encore…vous voyez, c’est joyeux!
Et tout est décrit en long et en large…

On pourrait reprocher à Stephen King d’avoir écrit un roman trop long, beaucoup trop long.
Et en effet, son roman est très très long. Il prend vraiment le temps de faire des tas de digression, d’introduire entièrement chaque personnage, même si on ne le reverra pas, de faire de longues descriptions complètes.
Et c’est vrai qu’on pourrait penser qu’on a pas besoin de connaitre autant de détails, autant de pensées, surtout pour un personnage qui va mourir deux pages plus loin.
Mais je trouve que tout est logique et a son importance.
Ce qu’il nous présente, ce sont des vrais personnages, avec un passé, des pensées, des peurs, toute une histoire, même s’ils ne sont pas importants. C’est plus seulement des description, c’est tout le contexte et l’ambiance de la ville Derry qu’il pose. Il nous décrit la ville dans tout son ensemble.
Sans toutes ses digressions, ses petites histoires à côté, il manquerait quelque chose je pense. On serait moins « envahi » par cette ville et ses horreurs.

Il arrive à installer une ambiance assez incroyable dans cette ville, on a vraiment l’impression d’y être.

Mais il ne s’agit pas seulement d’un simple roman d’horreur. On ne peut pas le réduire seulement à cela, ce serait vraiment dommage. C’est un formidable récit sur l’enfance, l’amitié et la peur.

L’enfance et la magie qui entoure cette période où l’enfant est près à croire à tout est un thème très exploité dans ce roman. Il croit à la magie, au Père Noël, aux monstres sous le lit…L’imagination est sans limite et le monstre qui hante la ville s’en sert, mais cela peut également se retourner contre lui.

On prend vraiment plaisir à suivre cette petite bande d’enfants, tous plus malchanceux les un que les autres et à les retrouver adultes plus tard.
Durant le premier tome, on nous présente les 7 membres de la petite bande qui s’appelait le club des ratés. On les voit aussi bien adulte qu’enfant et on nous explique leurs relations à « Ça ».
Dans le tome 2, ils sont tous retournés à Derry adulte et on entre dans l’action du présent, en alternant avec leurs souvenirs oubliés

J’ai bien aimé comment Stephen King alternait entre le passé et le présent, pour expliquer la situation aux lecteurs. On suit les deux récits parallèlement et tout est parfaitement synchrone pour ne pas dévoiler trop tôt les grandes révélations.

Mes personnages préférés étaient Ben – que j’ai trouvé très touchant dans ses soucis de poids et d’identité – et Mike, le seul enfant noir de la ville de Derry, qui connait donc des situations assez compliquées vis-à-vis de sa couleur de peau.
Bill était un peu trop lisse à mon goût je dois dire. Il est un peu l’enfant et l’adulte parfait…

J’ai tout de même deux bémols pour ce roman.

[Attention, je dévoile la fin de ce roman]

La première chose est une scène complètement…glauque, voir même –soyons vulgaire – WTF.
Il s’agit d’une des scènes de fin, quand enfants, après avoir combattu Ça, ils se perdent dans les égouts. Je veux parler de la scène de sexe infantile.
Parce que là franchement, on dépasse le glauque. Tous les garçons (12 ans au grand maximum hein) qui couchent avec Beverly l’un après l’autre…pour sortir des égouts? Non mais franchement quoi…

Franchement, je ne comprends pas trop ce qui est passé par la tête de Stephen King à ce moment-là…Derry est une ville glauque, « Ça » est un roman très glauque, on l’a bien compris, mais cela amène toujours quelque chose à l’intrigue, même quand c’est abominable.
Là? Je ne vois pas. Je ne vois pas du tout ce que cela amène ou bien où es-ce que l’auteur veut en venir, c’est juste de la surenchère pour moi. Et ce n’est vraiment pas nécessaire.

L’autre bémol est la découverte de la forme de « Ça ». J’aurais presque préféré que cela reste dans l’ombre, immatériel, sans qu’on ne sache vraiment jamais à quoi il ressemble. Parce qu’on perd drôlement de son mystère là…C’est vraiment dommage et la véritable identité de « Ça » a été une petite déception pour moi…

Mais mise à part ces deux points, je n’ai pas grand chose à lui reprocher.

—————————————-

« Ça » a donc été une super lecture, très distrayante, je n’arrêtais pas d’y penser, d’avoir envie de continuer. Pour 1400 pages en tout, je pense les avoir lu très rapidement, tellement je voulais connaitre enfin le dénouement final. Des personnages attachants, un super rythme, une histoire terrifiante : tout ce qu’il faut pour passer un bon moment!

Je préfère prévenir par contre, ce roman est assez voir très glauque, il peut faire peur. Mais je reste contente d’avoir découvert ce grand titre de Stephen King et je compte bien continuer tranquillement ma découverte de son oeuvre.

  • Extrait

Les autres sourirent, mais Mike non; il acquiesça, au contraire: « C’est une façon d’exprimer la chose qui en vaut une autre. Se fier à son intuition, c’est comme assimiler un rythme et se mettre à danser dessus. Se fier à son intuition, c’est difficile pour des adultes, c’est pourquoi je considère fondamental de le faire. Après tout, c’est ainsi que fonctionnent les gosses dans quatre-vingts pour cent des cas, en gros, du moins jusque vers l’âge de quatorze ans.

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