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Titre : De grandes Espérances 
Auteur : Charles Dickens
Date : 1860-1861 
Nombre de pages : 606

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  • L’intrigue

Pip est un petit orphelin élevé à la dure par sa sœur, qui le maltraite souvent. Heureusement, il a Joe, le mari de celle-ci qui essaye de l’aider et de le protéger.
Un soir, il fait la rencontre d’un forçat évadé qui l’oblige, en l’effrayant à voler de la nourriture pour lui. Tremblant il s’exécute, mais le forçat finit par être arrêté.

Il a aussi le privilège d’aller toutes les semaines chez  Miss Havisham, une bourgeoise complètement fantasque, qui vit dans le noir complet depuis le drame de sa vie. Chez elle se trouve Estella, une magnifique jeune fille qu’elle élève dans la haine des hommes.

Et puis un jour arrive une grande nouvelle : Pip aurait, grâce à un bienfaiteur qui souhaite rester dans l’ombre de grandes espérances! Sa vie va entièrement changer grâce à cela.

  • Ce que j’en ai pensé

Mon mari a sorti ce roman de la BookJar pour le mois d’octobre. Acheté durant mes années de prépa, il prenait la poussière dans ma PAL, sans que j’ose l’en tirer. Il y avait toujours plus « facile » ou « rapide » à lire et j’ai fini par l’y oublier.
Là, forcée par le « destin » (on va dire) je m’y suis mise mi-octobre. Et il s’agit encore d’un pavé! J’ai vraiment l’impression de ne lire que cela en ce moment (ce qui n’est pas plus mal, vu le nombre d’énormes livres que j’ai dans ma PAL…)!

Il s’agit de mon premier roman de Charles Dickens et je dois dire que j’appréhendais un peu ma lecture, particulièrement au niveau du style. Je m’attendais à une écriture belle, mais un peu datée.

Et finalement, j’ai été agréablement surprise, je l’ai commencé et j’ai avancé très rapidement! Le style est fluide et agréable.
L’histoire en elle-même est sympathique, mais assez prévisible tout de même…
Par exemple, j’ai immédiatement deviné qui était le mystérieux bienfaiteur. J’ai également rapidement compris comment allait se terminer le roman. Et puis il y a de jolies coïncidences et finalement « ah que le monde est petit » et « tout-est-lié-en-fait-c’est-fou« .

Mais cela ne m’a pas dérangé. Surtout que c’est ma manière de fonctionner, je suis incapable de me laisser aller pour lire, il faut toujours que je réfléchisse trop et que j’essaye de deviner. Disons que parfois c’était quand même un peu facile et beaucoup trop « gros ».
Mais quand on part du principe qu’il s’agissait d’un feuilleton qui sortait à intervalle régulier dans le journal et que toute la population le lisait, on peut comprendre le côté « récit d’aventure parfois un peu grossier« .

J’ai bien aimé le titre anglais « Expectations » qui est plus clair que « De grandes espérances » et qui indique un héritage à venir, donc de l’argent. Et l’argent va être un thème très important dans ce livre.

On suit donc la vie de Pip, de sa petite enfance à sa maturité. On assiste à ses bonheurs et ses malheurs, à son adolescence, aux bons choix et aux erreurs qu’il fait.
Il y a des thèmes très « classiques » qui sont évidemment abordés, comme le duo richesse /pauvreté, l’amour, le bien et le mal…

Mais j’ai beaucoup aimé la manière dont le rejet et le snobisme était abordé, d’abord de la part de Miss Havisham et Estella et puis surtout de Pip, notre héros.
Pip qui monte dans la société, qui se prend pour un véritable gentleman et qui rejette complètement son passé.

Des sentiments comme la haine et l’amertume sont également bien présents durant tout le roman. Ce n’est pas un roman très joyeux quand on y pense.

Si je me moquais éperdument du personnage d’Estella, j’aurais voulu voir bien plus souvent Miss Havisham dont l’histoire m’a bien plus intéressée. Et puis il s’agit d’un personnage haut en couleur, certainement celui qui est le plus marquant du roman. D’ailleurs, avant même de lire le livre et sans rien connaitre au contenu du récit, je connaissais le personnage de Miss Havisham et je connaissais vaguement son histoire.

J’ai eu une petite baisse de régime vers le milieu, où le héros m’agaçait prodigieusement et comme la narration est à la première personne, cela n’aide pas du tout…mais une fois dans la seconde moitié du roman, le rythme était reparti et je l’ai très rapidement terminé.
Forcément, il s’agit d’un roman d’apprentissage, comme on le voit grandir, on voit aussi tous les faux jugements qu’il fait et l’acquisition de la sagesse ne se fait pas en quelques jours…

[Attention, je dévoile une partie de la fin]

Si Pip m’a bien agacé à un moment donné, c’est par son snobisme et sa prétendue supériorité! A la place de certains personnages, je lui aurais collé une de ses claques…

J’ai été également très mal à l’aise face à son amour éperdue pour Estella (qui à part être belle…ne présente rien d’autre en fait) et son dégoût face à Abel, son bienfaiteur.
Je comprends bien qu’apprendre que son tuteur n’est pas Miss Havisham mais un ancien forçat (et par là de voir Estella lui échapper…) a du être très difficile à avaler.

Mais Abel (certes un homme assez grossier et pas très gentleman) est tout de même un homme qui a passé une grosse dizaine d’années à travailler comme un dingue, à se priver de tout pour lui. Un peu plus de reconnaissance et moins de dégoût aurait été bienvenu.
Et c’est finalement ce qu’il va réussir à faire, en apprenant à le connaitre, en voyant l’étendue immense des sacrifices qu’il a fait pour lui, parce que petit, il lui avait trouvé de la nourriture.

J’ai appris qu’au début, la fin que Dickens avait prévu était bien plus sombre : Estella remariée et amère, Pip célibataire endurci…
Il a finalement changé la fin en la rendant plus douce et avec une note d’espoir. Est-ce que finalement, les deux personnages devenus adultes et ayant mûri finiront ensemble? La fin suggère que c’est possible.
Je dois dire que j’aurais préféré la première fin, plus sombre mais moins « attendue ».

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Une bonne lecture donc, une bonne surprise, j’aurais moins peur de ce grand auteur. Une histoire prenante, un héros attachant mine de rien.
Je ne pense pas en relire un immédiatement, mais Little Dorrit me tente bien, je finirais certainement par le lire.

En tout cas, ceux et celles qui ont « peur » du style trop compliqué, je ne peux que vous conseiller d’essayer, on le lit sans problème!

  • Extrait

Dieu sait que nous n’avons jamais à rougir de nos larmes, car elles sont comme une pluie sur la poussière aveuglante de la terre qui recouvre nos cœurs endurcis.

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