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Titre : Le Monde de Garp 
Auteur : John Irving
Date : 1978
Nombre de pages : 595

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  • L’intrigue

Jenny n’a pas envie de se marier et de passer sa vie à essayer de satisfaire un homme. Par contre, elle veut un enfant. C’est ainsi qu’elle aura Garp, avec un soldat de la 2e guerre mondiale qui ne tardera pas à mourir.

Garp, lui est aussi décidé de vivre selon ses propres règles. Mais il a du mal à faire la part des choses entre son monde et la société, dont il est bien obligé de respecter les convenances.

Mon résumé est pas génial…mais c’est compliqué à faire en fait pour ce roman qui part dans tous les sens!

  • Ce que j’en ai pensé

Pour le challenge Coupe des 4 maisons de Poudlard, on doit effectuer une lecture commune.
Miss Bouquinaix m’a fait découvrir ce challenge, on a donc décidé d’effectué cette lecture commune ensemble.
Après avoir comparé nos PAL, on a trouvé ce roman. On a donc décidé de le lire durant le mois de novembre. C’est donc chose faite pour moi!
Je vous mets le lien vers son article dès qu’elle l’aura écrit.

Cela fait plusieurs années que j’ai ce roman dans ma PAL. Aucune idée de comment et pourquoi je l’avais acheté. C’est aussi ma découverte de l’auteur, qui pourtant a une certaine renommée.

J’étais assez curieuse de le découvrir, surtout qu’il s’agit d’un de ses meilleurs romans apparemment. Il a d’ailleurs gagné le National Book Award.
Ce fut une lecture agréable, j’ai passé un bon moment de lecture, même si j’ai eu du mal à rentrer dedans, mais c’était plus dû aux aléas de la vie qu’au récit.

J’ai par contre été assez surprise de la densité du roman. Je dois avouer que j’imaginais une écriture plus « facile et divertissante », un récit moins sombre…j’avais carrément sous-estimé l’auteur et je lui prêtais beaucoup moins de talent.
Ce fut donc une belle découverte!

Je l’ai dit, par contre, j’ai eu du mal à rentrer dans le récit, j’ai mis plusieurs jours à parvenir au milieu du roman, alors que j’ai dévoré la dernière moitié. Le temps de se faire au style peut-être?
Toujours est-il qu’ en voyant que j’avais moins de 80 pages à lire, cela m’a rendu triste de me rendre compte que j’allais bientôt quitter le personnage de Garp. Je m’étais attachée à lui bien plus que je ne le pensais en fait! Et pour moi, c’est la preuve que ce roman est bien plus « grand » que ce que je pensais.

Il s’agit donc du récit de la vie de cet homme T.S. Garp.
Le roman commence quelques années avant sa naissance, avec une présentation de sa mère et de comment elle en est venue à l’avoir, puis il se termine quelques années après sa mort, avec un « tour de table » de ses proches, afin qu’on sache ce qu’ils sont devenus.

Je vous ai dit que ce roman est dense : tellement de thèmes sont abordés que parfois, on ne sait plus où en donner de la tête! On parle de féminisme, de parentalité, de sexisme, de création littéraire, de concupiscence, de transsexualité, d’infidélité, des extrêmes de tout bord…et encore d’énormément d’autres choses!
Ce qui est quand même assez impressionnant!

Il y a donc énormément de choses à dire sur ce roman. Je vais me concentrer sur ce qui m’a le plus marqué, afin de ne pas faire une critique trop longue.

Le personnage de Jenny est assez intéressant. Tout le monde a essayé durant toute sa vie de lui coller des étiquettes « petite fille modèle, infirmière dévoyée, fille-mère, féministe » alors que tout ce qu’elle voulait finalement, c’était de vivre comme elle le souhaitait, sans prendre en compte les codes de la société. Était-elle féministe? C’est compliqué à dire. Elle avait fini par prendre faits et causes pour la cause féminine, mais toujours dans l’optique de permettre aux femmes de vivre la vie qu’elles souhaitaient, sans l’arbitre des hommes (et moins l’aspect, droit des hommes = droit des femmes).

J’ai mis un peu de temps à vraiment apprécié Garp. Il a fallu attendre son âge adulte et l’arrivée de ses enfants. Et là, j’ai vraiment réussi à m’identifier à Garp assez étrangement.
Surtout depuis que je suis devenue maman, il y a un sentiment que j’éprouve trop très souvent – c’est l’angoisse. L’angoisse qu’il arrive quelque chose, qu’il leur arrive quelque chose. Ce sentiment n’est pas toujours au premier plan -heureusement – mais il est toujours là, juste derrière le quotidien. Cela va du basique « est-ce qu’il a suffisamment chaud ou mangé » à « mon-dieu-et-si-cette-fièvre-cachait-une-maladie-grave » en passant par la paranoïa à chaque fois que j’imagine un accident grave.
Je vivais donc ces interrogations en même temps que lui et je le comprenais tout à fait.

Finalement, il s’agit de la vie d’un homme assez normal, avec ses hauts et ses bas avec pour centre la famille. Ce qui est assez drôle finalement, parce que John Ivring joue avec les codes habituels de la société ( Jenny qui ne veut pas d’homme, Garp qui est père-au-foyer pendant qu’Helen travaille, on parle beaucoup de transsexualité). On voit donc que la famille existe et perdure même hors du contexte traditionnel sans le moindre soucis. Et en ces temps, c’est important de le souligner…

J’ai bien aimé aussi le fait d’avoir des extraits de ses créations littéraires à lire. Cela coupait le récit, mais ce n’était pas désagréable.

[Attention, je dévoile la fin et des parties importantes ]

Alors bien évidemment, la mort de son fils a été quelque chose de terrible à lire. C’est vraiment ce qui peut arriver de pire à un parent, assister à la mort de son enfant et en être quelque part, responsable aussi. Je n’ai pas aimé ce passage, je ne sais pas trop comment on peut se remettre d’une telle perte…

J’ai aimé de voir aborder le thème des extrêmes, que cela soit du féminisme ou du sexisme. Voir que Garp finisse finalement par mourir à cause de cet extrémisme, alors qu’il avait enfin fini par faire une sorte de paix avec ses propres extrêmes. On voit parfaitement le danger des extrêmes quels qu’il soit.

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Ce fut donc une bonne lecture, une belle découverte!
Je suis contente d’avoir sauté le pas et d’avoir enfin découvert John Irving. J’ai un autre de ses romans dans ma PAL, L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable et j’espère que cela sera une aussi bonne lecture.

 

  • Extrait

Si Garp avait eu le droit de formuler un seul souhait, un souhait immense et naïf, il aurait souhaité pouvoir transformer le monde en un lieu sûr.

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