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Titre : Les Sentiers des Astres 1 : Manesh 
Auteur : Stefan Platteau
Date : 2014
Nombre de pages : 732

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  • L’intrigue

Au fond de la vieille forêt nordique du Vyanthryr, deux gabarres remontent doucement et en secret le fleuve vers sa source. La rumeur dit que le Roi-diseur s’y est réfugié, un puissant oracle, qui pourrait changer le cours de la guerre civile.

À bord, il y a une petite dizaine de guerriers, un barde et une femme ainsi que sa petite fille. Mais quel est le véritable but du capitaine? A-t-il tout révélé à son équipage?

La donne change quand ils rencontrent une jeune homme mourant qui dérive sur les branches au fil de l’eau, loin de toute civilisation. Qui est-il? Pourra-t-on le sauver? A-t-il des choses à révéler? Et surtout, est-il ami ou ennemi ?

  • Ce que j’en ai pensé

Je remercie vivement Babelio et la maison d’Edition J’ai Lu pour l’envoi de ce roman lors d’un masse critique!

C’est bien simple, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman. Je pensais l’aimer, mais je l’ai adoré en fait! Troisième coup de cœur de l’année, c’est juste génial!

C’est grâce à Maureen de Bazar de Littérature que j’ai entendu parler de ce roman et il m’avait intrigué pour son thème. C’est pour cela que je l’avais sélectionnée dans la liste de ce Masse Critique. Il a d’ailleurs gagné le Prix Imaginale des romans francophones en 2015.

Il s’agit d’un gros roman – 700 pages quand même – de fantasy, même si J’ai Lu le classe en science-fiction ( je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs…)

Petit mot sur la couverture de ce livre de poche que je trouve très belle et très 1507-1représentative de ce roman : le fleuve avec les deux gabarres, la forêt, le montagnes…difficile de faire mieux!

La couverture du grand format est magnifique aussi.
L’image est assez intéressante (alors que celle du poche est plutôt belle), avec l’immense forêt sous la brume en arrière plan. C’est une couverture en dur.

Il manquait une chose dans ce roman de poche, c’est une carte pour mieux s’imaginer l’univers qu’il a inventé.

 

Et quel univers! C’est incroyable ce qu’il a mis sur pied! Il faudrait d’ailleurs qu’il fasse un roman uniquement sur la mythologie de son monde, histoire qu’on puisse bien tout comprendre.
Stefan Platteau est historien de formation et cela se voit : c’est une magnifique fresque mythologique qu’il a inventé, avec des géants, des êtres solaires et lunaires (appelé les Antiques), des demis-dieux, de démons et de magie.
La quatrième de couverture nous indique qu’il s’est inspiré des légendes celtiques, hindoues et scandinaves.
Son monde est plein de petits détails, de belles légendes et cela rend le tout crédible et presque réel. C’est impressionnant.

Il y mêle également une partie politique, puisqu’au présent, son monde est plongé dans une abominable guerre civile, où les intrigues partent dans tous les sens.

Il y a également un autre gros gros point positif dans ce roman, c’est son écriture. Elle est vraiment très belle! J’ai pris un énorme plaisir à me plonger dans l’histoire grâce à elle. C’est doux, c’est bien écrit, cela fait tellement de bien (oui à ce point-là, c’est tout dire, cela fait du bien de lire un roman de fantasy où le style est vraiment soigné autant que l’intrigue!)
Il a réussi à créer une ambiance incroyable, surtout avec ses descriptions sur la nature. On a vraiment l’impression de se promener avec lui, on entre complètement dans le récit, on découvre ce monde foisonnant de petits détails.

Par contre, il s’agit de ce que j’appelle un roman « lent ». Il y a de l’action, mais on ne passe pas de péripéties en péripéties toutes les deux pages, il y a beaucoup de descriptions, les retours-en-arrière avec Manesh ralentissent forcément le récit du présent.
Moi, cela ne me dérange pas du tout, au contraire, j’aime beaucoup ce genre de roman si c’est bien fait – et c’est le cas ici – mais je sais que cela peut rebuter et ennuyer certains ou certaines. Je préfère donc prévenir.

J’ai également beaucoup apprécié le fait que ce roman ne soit pas caricatural. Il n’y a pas de « méchants » ou de « gentils » à proprement parlé parmi les humains. Il y a une guerre civile qui fait rage et les deux parties sont persuadées de détenir la vérité et la justice. Chaque partie a raison et tort d’une certaine manière.

Venons en à l’intrigue en elle-même :
L’histoire se partage entre deux récits. Le présent, au bord des deux gabarres avec le barde comme narrateur à la première personne. Et le passé, le récit de Manesh, à la troisième personne du singulier.

Dans ce premier tome, on se concentre particulièrement sur Manesh, mais on ne peut pas dire qu’il soit réellement le personnage principal. Les autres personnages sont aussi bien détaillés, aussi riches en caractère. On est loin du roman de fantasy ou tout est basé sur l’action et où les personnages sont des caricatures assumées. Ici, chacun a sa part de mauvais et de bien. Ils sont humains en fait.

Le Barde est un personnage très intéressant, dont on apprend finalement très peu, alors qu’il est le narrateur. J’espère que le troisième tome (il s’agit d’une trilogie) sera centré sur lui, le deuxième tome ayant pour personnage principal la Courtisane apparemment.

Les retours-en-arrière nous parlent de l’enfance de Manesh et comment il en est arrivé à dériver loin de tous sur la rivière les jambes brisées et en prise avec une forte fièvre.

[Attention, je spoile ]

Bien évidemment, j’ai été assez surprise de me rendre compte que Manesh se trouvait en fait dans l’autre camp, même si c’est assez logique et très intéressant au niveau de l’intrigue.
Je suis par contre un peu triste de voir tous ses personnages déjà morts…j’aurais voulu les suivre encore un peu ( le capitaine, les demis-frères de sang de Manesh…)
La manière dont s’est révélée est d’ailleurs très agréable, il maîtrise vraiment son récit.

Beaucoup de questions ouvertes encore, j’ai hâte de lire le tome 2! Quelle est cette porte des Dieux? Qu’est devenu le Prieur? Pourquoi la Courtisane et sa fille font partie du voyage? Est-ce que les Antiques vont vraiment répondre? Et comment? J’espère que l’auteur reviendra bien sûr tous les points d’interrogation.

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Vous l’avez donc compris : j’ai adoré ce premier roman et je ne peux que vous le conseiller, aux amateurs de fantasy et même aux autres, si vous voulez en découvrir un excellent.
Une chose est sûre, je vais me procurer le tome 2 assez rapidement et je vais – je pense– craquer pour la jolie version en grand format pour le tome 1.

 

  • Extrait

Car de par le vaste monde, il n’existe pas de lac, rivière, colline ou montagne qui ne soit animé de sa propre conscience ; et bien que la plupart de ces âmes, depuis les commencements du monde, aient faibli et se soient endormies, il en reste toujours une étincelle plus ou moins vivace ; s’il en allait un jour autrement, le monde deviendrait bien triste.

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