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Titre : Pietra viva 
Auteure : Léonor de Récondo
Date : 2013
Nombre de pages : 228

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  • L’Intrigue

Alors qu’il s’apprête à disséquer un corps dans un monastère, Michel-Ange, artiste alors reconnu, comprend qu’il s’agit d’un jeune moine, Andrea, qu’il aimait beaucoup.

Bouleversé, il quitte précipitamment Rome, profitant d’une commande du Pape Jules II pour un tombeau. Il se rend à Carrare, pour y vivre quelques semaines et trouver du marbre pour le tombeau.

Durant plusieurs mois, il va vivre avec les tailleurs de pierre, faire ses choix, gagner la confiance de ces hommes, qui voient un lui un génie du marbre dans sa manière de choisir les blocs parfaits. Il va s’interroger sur la mort du jeune moine, sur sa vie, sa manière de travailler.

  • Ce que j’en ai pensé

Après ma lecture de la Book-Jar du mois de janvier (que j’ai moyennement apprécié), j’ai eu envie d’un petit livre et j’ai jeté mon dévolu sur celui-ci, qui m’attendait depuis…je ne sais pas trop combien de temps!
Tout l’intérêt de redécouvrir sa PAL…

On a beaucoup vu tourner cette auteure sur la blogosphère il y a plusieurs mois, pour ce roman, ainsi que pour son autre titre « Amour ». J’en attendais donc quand même quelque chose de particulier.

Et je n’ai pas été déçue. Ce fut une lecture trop courte et très agréable.
Si courte que je me suis même arrêtée au milieu durant une journée afin de rester encore quelques heures dans cette histoire. C’est tout dire!

Je sais que je me répète à chaque fois, mais lire un roman dans la maison d’édition Sabine Wespieser est un véritable plaisir. Texte aéré, marge, beau papier…c’est un bel objet, mais avec pour conséquence un prix nettement plus élevé. 

Le style m’a pourtant un peu surprise au premier abord. Je l’ai trouvé froid et neutre. J’avais beaucoup de mal à y adhérer les premiers chapitres.
Mais très rapidement, je me suis laissée happée par cette écriture si particulière, ne la trouvait finalement plus froide et encore moins neutre. Loin de là!

Ce roman est considéré comme un roman historique. J’ai toujours un peu de mal avec ce genre de dénomination. Un roman historique, ce n’est pas tout à fait ça pour moi. C’est plus romancé, avec des personnages principaux imaginaires en grande partie. Mais je peux me tromper dans la définition…

Il ne se passe pas grand chose dans ce roman, Michelangelo part de Rome, s’installe dans ce village et réfléchit sur sa vie, tout en cherchant les blocs de marbre parfaits. Il y a certainement des moments bien plus passionnants de la vie de Michel Ange à décrire : sa vie à Rome, la Chapelle Sixtine….

Mais c’est l’ambiance qui fait tout le roman : les descriptions des montagnes, cette vie terrible de carriers, la nature, ses rapports avec le marbre et les personnes qu’il aimait…
C’est un très beau texte finalement et j’ai pris beaucoup de plaisir à rester auprès de ce grand artiste le temps de quelques semaines.

J’ai d’autant plus apprécié ces descriptions que j’ai eu la chance d’admirer ces statues lors de mon voyage de noce à Rome. Je voyais donc exactement de quoi il parlait et je savais comment finiraient ces gros blocs de marbre, arrachés à la montagne, à la sueur et au sang des hommes.

J’y ai un peu retrouvé une ambiance à la « Parle-leur de batailles, de roi et d’éléphants » de Matthias Enard, un roman que j’avais beaucoup aimé.

Je n’ai hélas pas grand chose à dire de plus, puisque tout réside finalement dans l’atmosphère de ce roman : cette lecture fut un délicieux verre de vin rouge dégusté sur une terrasse. Il s’est terminé trop vite et j’en reprendrais bien volontiers.

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Un beau petit livre, une jolie lecture avec l’impression d’être en été, une jolie ambiance…je ne peux que vous le conseiller. Je serais d’ailleurs curieuse de découvrir ses autres romans un jour.

  • Extrait

Dans la douceur de cette chambre où son esprit endormi s’est lové, il ose caresser de sa bouche le mot chéri. Celui délibérément emprisonné dans une boîte.
Un mot simple et doux. Si simple que les lèvres n’ont qu’à se clore deux fois pour le prononcer. deux m entre lesquels s’intercalent une voyelle ouverte et une autre fermée. Ce mot du début de l’amour, de la naissance des autres.

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