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Titre : Le Jeu des Ombres
Auteure : Louise Erdrich
Date : 2010
Nombre de pages : 259

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  • L’Intrigue

Irène America comprend un jour que son époux Gil l’espionne à travers son journal intime.
Furieuse, elle en commence un autre qu’elle met en lieu sûr, où elle déverse toute sa rage et sa vérité sur sa vie.
Mais elle décide de continuer à utiliser l’autre journal pour se venger et manipuler son époux.

Car leur mariage va mal. Gil est peintre et n’a pour modèle qu’elle. Irène elle, souhaite terminer sa thèse après avoir élever leurs trois enfants. Ils s’aiment passionnément, mais cette relation de dépendance devient malsaine et dangereuse. Mais comment s’en dégager?

  • Ce que j’en ai pensé

J’ai pris ce roman dans ma PAL par hasard début février. J’avais envie d’un petit roman et cela faisait depuis juillet 2014 que j’avais celui-ci dans ma bibliothèque. De plus, la couverture fait hivernale, c’était donc de saison!

Il s’agissait de ma découverte de l’auteure. J’en avais entendu parler grâce à ses autres romans : C’est une figure importante de la littérature indienne aux Etats-Unis.

Ce fut une lecture…étrange. J’ai apprécié, mais étrange tout de même.
Je n’ai rien à redire sur le style : il est fluide, agréable. Il ne m’a pas frappé par sa beauté, mais il ne m’a pas déconcerté ou déplu non plus.

Il s’agit donc d’un roman psychologique qui nous relate la plongée en enfer d’un couple qui s’aime et se hait tellement qu’ils sont incapables d’évoluer ( je l’ai vu ainsi en tout cas).

Le récit alterne entre deux types de narration : on a des extraits des deux journaux intimes, ainsi qu’un récit à la troisième personne de type omniscient.

J’ai lu ce roman très vite, j’avais très envie de savoir comment cela allait se passer, comment cela allait évoluer, cette situation qui semblait déjà bouchée dès les premières pages.
J’ai par contre été assez rapidement mal à l’aise.

J’ai un peu de mal avec la relation aime-moi-je-te-fuis-and-co. C’est assez malsain comme manière d’aimer et destructif pour une famille, surtout avec des enfants.
Ici, cela ne rate pas : on assiste à la destruction progressive de cette petite famille, avec l’explosion du couple en apothéose. Cela manipule, frappe, brise, détruit, aime et surtout, cela joue, joue avec les sentiments des autres, avec les idées et les émotions.

L’amour destructeur, il est difficile d’en sortir : Gil aussi bien qu’Irène n’en étaient pas capable. Ils ne pouvaient plus se supporter, mais ne pouvaient pas se quitter non plus.

Irène a essayé de se soustraire à cette relation, voulait partir, mais elle était incapable de quitter ses enfants.

Ce sont vraiment les enfants que j’ai beaucoup plains, plutôt que ce couple, qui se complaisait finalement dans cette impasse : entre une mère qui boit et un père violent, des disputes incessantes, il est difficile de grandir sereinement. Ils sont témoins de la relation destructive de leurs parents et c’est très violent pour eux.

[Attention, je dévoile la fin]

J’avais deviné la fin dans les grandes lignes, même si je ne savais pas trop comment cela allait se produire.

Ils s’aimaient autant qu’ils se détestaient, mais une chose est sûre, ils ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre. La fin est donc logique, avec ses deux « suicides ».

J’ai bien évidemment encore plus de mal avec cette fin, qui laisse trois enfants traumatisés sur le carreau, les laissant assister à la mort de leurs parents. C’est vraiment violent et lamentable de la part d’Irène surtout. Gil était brisé, n’était plus qu’une ombre, un fantôme. Elle aurait pu et du s’arracher à lui, pour le bien de ses enfants.

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Une lecture donc étrange avec une histoire d’amour malsaine. Si j’ai apprécié le style de l’auteure, je ne pense pas le relire un jour et je ne suis finalement pas sûre de le garder dans la bibliothèque.

Je me pencherais un jour sur ses autres livres pour en découvrir un autre.

 

  • Extrait

Irene ne supportait pas qu’un simple écart compte, elle avait donc tout bonnement écarté la vérité. L’histoire, c’est deux choses, après tout. Pour qu’elle ait un sens, l’histoire doit se composer à la fois de l’évènement et du récit. Si elle ne racontait jamais rien, s’il ne racontait jamais rien, s’ils n’en parlaient jamais entre eux, il n’y avait pas de récit. Et l’acte, même s’il avait eu lieu, était ainsi dénué de sens. Il ne comptait pas pour une infidélité. Il ne comptait pas du tout.

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