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Titre : La Belle Amour humaine 
Auteur : Lyonel Trouillot
Date : 2011
Nombre de pages : 170

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  • L’Intrigue

Anaïse est venue à Haiti trouver les traces de son père qu’elle a à peine connue. Elle sait qu’il a vécu quelques étés dans un petit village où son grand-père et l’ami de son grand-père sont morts brûlés lors d’un incendie durant son adolescence.
Que s’est-il passé? Qui a allumé l’incendie? Pourquoi?
Avec ces questions, elle espère comprendre un peu mieux l’histoire de sa famille et d’approcher un peu plus la personnalité de son père.

Thomas est chargé de l’accompagner de la Capitale jusqu’au village côtier. Il était enfant lors de l’incendie. Il est à présent guide pour touriste dans la capitale. Il tente de lui brosser un portrait de la situation dans laquelle ce drame a eu lieu et qu’elle risque de ne pas avoir de réponses à ses questions.

  • Ce que j’en ai pensé

Comme j’en ai parlé dans mon bilan du mois de février, je me suis remise aux livres-audio. J’ai emprunté à la bibliothèque municipales de ma ville quelques livres-audio dont je possède les romans dans ma PAL.

Ainsi, je ne « triche » pas et je continue à ne lire que des livres de ma PAL.

J’avais envie de me remettre aux livres-audio afin de reprendre un peu la broderie que j’ai mise de côté depuis la naissance de mon aîné. Cela me manquait, mais il m’était impensable de ne rien faire d’autre à côté. Je ne peux l’écouter seule, quand le Petit fait la sieste et le Grand s’amuse à la halte-garderie, soit quelques heures le matin par semaine. C’est toujours cela de pris!

J’ai choisi de commencer par celui-ci parce que c’était le plus court. Il dure 4h30. Je suis plutôt contente de cette expérience. Contente de rebroder et de ne pas perdre du temps. Contente de redécouvrir une autre façon de lire.

Par contre, j’ai eu l’impression de moins bien retenir le récit, les phrases que lorsque je lis. Est-ce une question d’habitude? Ou est-ce que je n’ai pas le type de mémoire qu’il faut? On verra avec le temps. Pour le moment en tout cas, je vais poursuivre cette aventure de l’audio!

J’ai ce roman dans ma PAL depuis mars 2016, je l’avais acquis au salon du Livre 2016 grâce aux conseils de Miss Bouquinaix. J’avais même eu la chance de rencontrer l’auteur et de me faire dédicacer mon exemplaire.

Ce fut une lecture plutôt agréable. De plus, je pense que je n’aurais pas pu mieux choisir pour une lecture audio, parce que le style est particulièrement mélodieux et agréable à écouter, un vrai plaisir! C’était fluide et la voix de Pierre Mignard allait parfaitement avec le roman.
Mais je dois dire que je suis peut-être un peu déçue…je m’attendais à aimer plus ce roman. C’était très bien, mais pas extraordinaire. C’est peut-être du à l’audio ou au fait que je lisais un autre magnifique roman à côté que j’ai préféré…

Ce petit roman est une sorte de très long monologue, composé de deux parties avec deux narrateurs. Dans la première partie, c’est Thomas qui parle lors du voyage vers le village dans son taxi.
Dans la seconde partie, c’est Anaise qui prend la parole et décrit ses quelques jours dans le village en s’adressant à Thomas.

L’auteur construit tout son récit autour de la question suivante : Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?
Une belle question donc, auquel on doit tous répondre d’une manière ou d’une autre. Sa réponse est très belle d’ailleurs. J’ai beaucoup aimé le message de paix, de fraternité profonde entre tous les êtres humains qui ressort de ce petit livre.
Ce petit village, avec ses lois d’amour, de bonheur et de contentement donne vraiment envie de s’y installer. L’entraide est immense, les joies et les peines sont partagées par tous les villageois : tout est à tout le monde et finalement rien n’est à personne. Il suffit de vivre avec ce qu’on a, de donner le surplus quand il y en a, de demander quand il faut…

C’est idyllique, mais cela ne me semble guère possible si on sort d’un petit village (en tout cas, je trouve). Il n’empêche que ce roman et cette manière de pensée aborde des thèmes que je pense essentiel : l’entraide entre les différents êtres humains, les différences trop importantes entre les poignées de riche qui possèdent 10 fois plus que le reste de la population qui n’arrive pas à s’en sortir, la suffisance des blancs envers les noirs…

L’atmosphère de tranquillité, de soleil et de joie qui ressort de ce roman est assez impressionnante. Lyonel Trouillot écrit vraiment à la perfection ce genre d’ambiance.

Thomas essaye d’expliquer à sa passagère qu’elle court après quelque chose qu’elle n’aura jamais. Qu’il n’y a pas de véritable explication sur l’incendie, que personne n’a jamais rien su ni rien dit. Que si elle fait ce voyage uniquement pour avoir des réponses, elle va être très déçue. Qu’il faut qu’elle s’ouvre aux autres et qu’elle mette sa vie en perspective avec le reste du monde.
Il raconte aussi (et c’est ainsi qu’on suit cette histoire de famille) ce qu’il sait de la vie du Colonel et de son grand-père le marchand, avant qu’ils ne trouvent la mort brûlés.
Il parle également de sa propre vie, de ses expériences en tant que guide pour les touristes.
Sa critique des touristes occidentaux est assez féroce et ne nous fait pas honneur hélas! Je pense que j’y repenserais la prochaine fois qu’on ira visiter un autre pays.

Par contre, je suis d’accord avec Anaïse, Thomas est bien trop bavard!^^Quand elle le dit à la fin, je n’ai pas pu m’empêcher d’acquiescer tout en brodant.

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Une belle lecture (ou plutôt écoute dans ce cas-là), avec des thématiques intéressantes et une jolie morale. J’ai beaucoup aimé le style, mais j’aurais voulu l’adorer, il m’a manqué quelque chose. Cela reste une bonne entrée en matière pour cet auteur.

  • Extrait

Ce n’est pas vrai que les gens meurent entourés de leurs proches. Il y a longtemps que l’on a cessé de mourir en famille. L’hôpital offre l’avantage de laisser à des étrangers la garde du mourant. Je viens d’une ville dans laquelle on a désappris depuis longtemps l’art de mourir chez soi.

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