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Titres : Hunger Games ; L’Embrasement ; La Révolte
Auteure : Suzanne Collins
Date : 2008-2010
Nombre de pages : 399 ; 400 ; 417

  • L’Intrigue

Dans un futur post-apocalyptique, alors que les Etats-Unis se relevent de ses ruines sous forme de district contrôlé par le Capitole, une sorte de jeu de téléréalité est créé pour contrôler le peuple par la terreur et la domination.
Chaque année, 12 garçons et 12 filles tirés au sort participent à cette emission appelé les Hunger Games : tout le monde est obligé de la regarder en direct, on en parle tout le temps : les participants sont plongés dans une arène et il n’y a qu’une seule règle : tous s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un.

Katniss, une jeune fille de 16 ans n’hésite pas une seule seconde à se porter volontaire quand sa petite soeur de 12 ans est tirée au sort. Elle prend sa place, bien consciente qu’elle a peu de chance de survivre avec Peeta, le jeune homme tiré au sort. Mais Katniss est bien décidée à ne pas se laisser faire : habituée à la mort et à survivre avec peu, elle compte bien tout faire pour s’en sortir…

  • Ce que j’en ai pensé

Mi-mars, j’ai eu une folle envie de relire cette trilogie, après avoir visionné un extrait du film.

Je ne l’avais lu qu’une fois, en quelques jours seulement, au moment de la sortie du troisième tome. J’étais ravie d’avoir découverte cette trilogie à ce moment-là, de ne pas avoir eu à attendre pour lire le troisième tome! Je me souviens avoir supplié une amie qui possédait ce tome de me le prêter et que je lui rendrais dans les 2/3 jours…C’était ma découverte de la dystopie!

C’est d’ailleurs grâce à cette trilogie que ce genre a éclaté en des tas et des tas de romans, plus ou moins réussis!

C’était vraiment un bon souvenir. J’avais donc un peu peur d’être déçue –puisque je me souviens bien de l’histoire – et de ne pas retrouver mon enthousiasme.
Mais j’avais tort, j’ai passé un excellent moment avec ces trois tomes sur ma liseuse, qui a enfin repris du service après plusieurs mois de sommeil!

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce roman est assez addictif. Un véritable « page-turner » comme on dit.
Bien évidemment, ce n’est pas pour son écriture qu’on dévore ce roman. Le style est simple, réduit à son strict minimum je trouve, pour être efficace et c’est tout. Le but est de raconter un récit, pas d’en faire un joli.
Et je pense que la traduction française ne doit pas aider.

Mais une fois le style mis de côté, on plonge dans l’histoire et pour ma part, j’ai vraiment eu du mal à m’en détacher et ce pendant les trois tomes.

Je trouve que l’histoire se tient, que chaque tome à sa raison d’être et est efficace. Et je fais partie des grandes fans du dernier tome, en particulier de la fin.

Il y a énormément de choses à dire sur ces romans, sur l’histoire et les personnages…la chronique est déjà bien longue comme ça, je vais me concentrer sur le plus important pour moi.
Je m’excuse par avance pour l’aspect très fouillis de cette chronique.

Bien évidemment à partir de maintenant, je SPOILE A MORT.
mouhaha.

Ce que j’ai surtout aimé, c’est la crédibilité de cette histoire.

Bien évidemment que Katniss est traumatisée. Bien évidemment que tout le monde meurt comme des idiots, sans gloire. Que la guerre est gagnée à coup de bombes et autres atrocités et non par un mignon petit commando spécial qui va tuer le Grand Méchant et après tout est terminé comme par magie et voilà!

Je suis peut-être un peu ironique, mais j’ai souvent vu qu’on reprochait à ce dernier tome d’être amer, sombre et déprimant. Au contraire, c’est ce que j’ai vraiment apprécié.

Il faut être logique quelques instants : une jeune fille mis 2 fois de suite dans une arène pour s’entre-tuer violemment, qui passe son temps à être blessée, manipulée, forcée à prendre part à une révolution sanglante,  qui voit sa sœur brûler vive, ses amis mourir et souffrir…et elle est sensée ressortir de tout ça tranquillement, sereine et pleine de force?
Non. Katniss est traumatisée, blessée à vie, addict aux anti-douleurs et il n’y a pas vraiment d’espoir de retour pour elle. Elle est du début jusqu’à la fin le pauvre pantin des plus puissants et elle essaye tant bien que mal d’en survivre, sans perdre son humanité à côté. Et j’ai aimé la suivre à travers ses interrogations, ses peurs et ses souffrances.

Bref, ce dernier tome surtout est très violent et amer. Cela ne ressemble pas du tout à la young adult de d’habitude, où l’héroïne se remet de tout en quelques lignes, est solide du début jusqu’à la fin.
J’aime d’ailleurs beaucoup Katniss. C’est une héroïne forte (heureusement) violente parce qu’elle n’a pas d’autre choix pour survivre, très calculatrice. Elle préfère analyser la situation plutôt que de laisser ses émotions parler (et elle a bien raison, même si on lui reproche sa froideur). J’ai beaucoup aimé la suivre à travers les Jeux. Elle devient par hasard et à cause de sa force et son charisme l’image même de la Révolution.
Elle se sait manipulée et essaye tant bien que mal de sortir son jeu de l’épingle et de profiter un maximum des opportunités qui l’entourent. Et finalement à la fin, c’est elle qui a prend la décision qui s’impose.

On parle aussi beaucoup du triangle amoureux Gale-Katniss-Peeta. Pour ma part, j’ai trouvé qu’il prenait très peu de place, voir même qu’il était accessoire, surtout durant les deux premiers tomes.
Franchement, on voit Katniss se poser la question parfois, mais elle est tellement concentrée sur sa survie et celle de ses proches que l’amour ne prend pas une part très grande. Et dès la fin du 2e tome, il me semble clair que si elle aime profondément Gale, c’est de Peeta qu’elle est amoureuse depuis un petit moment.

Je trouve également tout à fait logique que Katniss finisse avec Peeta (après j’ai toujours été une pro-Peeta, dès qu’on le voit). Elle a choisi non seulement l’homme qu’elle aimait, mais aussi l’homme qui pouvait « la sauver » par son amour, sa bienveillance (elle aussi durement mise à l’épreuve, l’auteure n’est pas tendre avec ses personnages) et son respect de la vie. Elle choisi l’homme qui lui-même choisi la voie de la vie et du pardon et non de la haine. Elle a bien compris que la seule manière d’avancer et de vivre et d’arrêter cette déferlante de haine, même si cela implique d’oublier la vengeance.

J’ai aimé la vision très pessimiste de la société que l’auteure nous montre et sa morale cruelle : il ne s’agit pas juste d’un simple roman d’aventure : on parle révolte, oppression, massacre, guérillas…on voit le remplacement des puissants par d’autres puissants et la manipulation du peuple, ainsi que sa souffrance. On voit une guerre des images de guerre pour la victoire.
Je trouve que Suzanne Collins balaye énormément de thèmes et qu’elle arrive bien à en parler à travers son roman d’aventure. On y repense après la lecture. Et c’est bien, amener les jeunes à réfléchir à ce genre de thèmes tout en les tenant en haleine avec une histoire prenante.

Les deux premiers romans sont en grandes parties basées sur les jeux et donc sur l’action. La survie est le plus important et tout va très vite. Il est impressionnant de voir comment les morts s’additionnent tellement facilement. Qui sait comment je réagirais moi dans l’arène?

Le troisième tome est plus lent, centré sur la guérilla, les batailles en arrière-plan, puisqu’elle n’y prend presque pas part.

J’ai également aimé son monde de « district » avec chacun sa spécialité, tous esclave du Capitole. Comme souvent, le peuple est bien bien plus nombreux que les tyrans, mais faute d’organisation et de peur des représailles (bien réels et mortels) ils courbent l’échine et subissent l’esclavage…jusqu’à ce qu’une étincelle allume le feu de la révolte. Et Katniss fut cette étincelle : par son volontariat, son charisme, une simple broche, son histoire avec Peeta et son incapacité à prétendre entrer dans le Jeu du Pouvoir.

Les personnages secondaires sont également assez intéressants et complets. J’avais un grand faible pour Finnick, un personnage dont je trouvais le passé vraiment trompeur et intéressant. Mais les autres gagnants valent également le détour.

 

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Cette trilogie était un excellent souvenir et j’ai été ravie de m’apercevoir qu’une seconde lecture a été aussi réussie, voir plus!
Si vous voulez lire une dystopie réussie et très prenante, c’est vraiment celle-ci que je vous conseille, c’est certainement une des meilleures qu’on puisse trouver, avec des personnages plutôt intéressants et une histoire complète. Ce n’est évidemment pas le style du siècle, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on demande à ce genre de roman.

Je ne peux que vous conseiller également les films, qui sont – je trouve – très fidèles au roman.

  • Extrait

Il arrive alors une chose inattendue. Pour moi, en tout cas, parce que je ne pensais pas compter dans le district Douze. Mais il s’est produit un changement quand je me suis avancée pour prendre la place de Prim, et on dirait désormais que je suis devenue quelqu’un de précieux. Une personne, puis deux, puis quasiment toute la foule porte les trois doigts du milieu de la main gauche à ses lèvres avant de les tendre vers moi. C’est un vieux geste de notre district, rarement utilisé, qu’on voit parfois lors des funérailles. Un geste de remerciement, d’admiration, d’adieu à ceux que l’on aime.

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