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Titre : Treize Raisons
Auteure : Jay Asher
Date : 2010
Nombre de pages : 288

  • L’Intrigue

Un matin, le jeune adolescent Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker. Hannah est une jeune fille de son école qui s’est suicidée quelques semaines auparavant. Sous le choc, il commence à écouter : elle s’adresse à treize personnes : ces personnes-là ont été impliqués et dans sa vie et dans sa décision de suicide. Elle leur explique comment ils y ont contribué…

  • Ce que j’en ai pensé

J’en avais entendu parlé lors de sa sortie en France, mais c’est grâce à la série Netflix que j’ai eu envie de découvrir ce texte au cours du mois d’avril.

Ne serais-ce que pour ses nombreux thèmes très importants dans le monde des ados, je ne peux qu’applaudir la parution de ce roman (et de cette série) : on y parle réputations, harcèlements, slut-shaming, dépression et bien évidemment suicide.

Et on ne reste pas dans le vague, ici Hannah va raconter exactement tout se qui s’est passé, comment cela s’est passé et comment elle en est arrivée à se tuer.
Elle explique comment certains petits détails ou certaines remarques ont fini par l’amener à son geste.
Forcément tous les éléments séparément ne sont pas forcément violents (sauf exception), mais en écoutant les cassettes, on se rend bien compte que la remarque sur les méchancetés, sur la fausse réputation et ainsi de suite et ainsi de suite, on arrive à une sorte de pyramide de désespoir. Désespoir qui va amener une pauvre fille de 17 ans à se tuer alors que le meilleur était clairement devant elle. Et c’est terrible.

Si ce roman peut faire réfléchir les adolescents sur leurs comportements, alors c’est génial. Parce qu’on a beau dire « bah ça va…c’était pas dit méchamment », « bah ça va faut pas le prendre comme ça » et bien cela joue.

Afin de rendre la lecture plus « agréable », on suit Clay, un gentil jeune homme qui ne comprend absolument pas pourquoi il se trouve sur la liste. Cela permet au lecteur de s’identifier.

Mais je dois avouer que j’ai été un peu gênée par ce roman…Je préfère dire que je n’y connais rien en suicide, donc peut-être que je dis n’importe quoi.

Mais là, sur le coup, le fait qu’elle ait eu la force et le courage de faire ses cassettes, de les poster, de tout reraconter finalement et de même faire une carte avec plusieurs jours d’avance, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir la sensation qu’elle faisait plus « voilà c’est votre faute nanananère je vous enfonce bien comme il faut » et que franchement…si elle était capable de faire ça, de ce genre de « vengeance » elle aurait pu être capable de dépasser toute cette histoire, de porter plainte et de demander de l’aide aux personnes véritablement susceptibles de l’aider.

Mais encore une fois…je n’y connais rien en terme de dépression, de pensées suicidaires et il s’agit peut-être d’une grosse lacune pour moi. Et il est toujours plus simple pour la personne bien dans sa peau et heureuse de dire qu’elle jamais n’aurait fait ça. Donc je réserve mon jugement, mais cela m’a tout de même mise mal à l’aise.

La place des adultes est également un problème dans ce roman. Ils sont quasi-inexistants ou incompétents s’ils sont là. Et cela donne tout de même une image (j’espère) fausse de la réalité. Il faut que les adolescents soient persuadés que l’aide est là, à portée de main, chez les adultes qui sont là pour les protéger.

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Un roman que je trouve donc important et qu’il est bien de faire lire, tout en accompagnant peut-être cette lecture avec une discussion efficace? Parce que victime ou bourreau, il est toujours possible de faire quelque chose. Je suis donc contente d’avoir faite cette lecture et d’en parler.

  • Extrait

Mais oui, au fond, qu’espériez-vous entendre ? Parce que j’ai entendu tant de versions différentes que j’ignore laquelle est la plus répandue. Je sais en revanche laquelle l’est moins. La vérité.

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