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Titre : Indian Creek
Auteur : Pete Fromm
Date : 2010
Nombre de pages : 256

  • L’Intrigue

Alors qu’il est étudiant, Pete décide sur un coup de tête de prendre un poste de 7 mois dans  Les Rocheuses. Il devra veiller sur des milliers d’œufs de saumon durant tout l’hiver et le printemps, seul sous une tente.

Sans aucune expérience de trappeur, mais très enthousiaste, il s’embarque dans ce travail de surveillance qui consiste juste à enlever de la glace d’un bassin, ce qui lui prend 15 minutes en tout. Le reste du temps? Il a quartier libre. Mais que faire quand on est loin de toute civilisation?

  • Ce que j’en ai pensé

Durant ce mois de mai, ma liseuse a repris du service ! J’ai eu plusieurs déplacements en transport en commun et franchement, c’est là que je vois le plus grand avantage de la liseuse : sa taille, son poids, le fait de n’avoir besoin que d’une main…C’est vraiment parfait quand on se déplace.

C’est grâce au blog de Margaud Liseuse que j’ai entendu parler de ce petit roman.
J’aime bien lire du Nature-writing de temps à autre. J’avais vraiment adoré Wild il y a deux ans et cela faisait longtemps que je voulais en découvrir un autre. Quand elle a en parlé il y a quelques semaines sur son blog, j’ai sauté sur l’occasion.

Ce fut une petite lecture fort sympathique, j’ai vraiment passé un bon moment dans l’ensemble.
Le Nature-writing, cela me fait rêver et voyager dans des endroits avec des conditions où je n’irais jamais (et où franchement, je n’ai pas envie d’aller non plus). Cette manière de vivre par procuration dans les livres est franchement appréciable.
Ici, on se « promenait » au cœur de l’hiver dans Les Rocheuses. Moi qui connait très mal les Etats-Unis, cela me permet d’apprendre à connaitre certaines petites parties en profondeur.

Il s’agit donc d’une sorte d’autobiographie, un récit de vie de quelques mois de l’auteur. Etudiant, il a accepté presque sur un coup de tête de passer plusieurs mois à Indian Creek, en plein cœur de l’hiver pour surveiller un petit lac, où des milliers d’œufs de saumon attendent le printemps pour éclore. C’est donc volontairement qu’il décide de se couper de la société et de la civilisation durant ces longs mois.

De plus, notre narrateur est un véritable novice. Grand admirateur des trappeurs par l’intermédiaire des livres, c’est vraiment en quelques secondes qu’il se décide : il n’a aucun matériel, aucune formation, aucune idée de ce qui va l’attendre. D’ailleurs il a plusieurs fois très envie de faire demi-tour et très très vite, ce que je peux tout à fait comprendre…

Alors qu’il n’y connait pas grand chose (il a certes beaucoup lu et a fait de la randonnée mais ses expériences de camping n’ont rien à voir avec ce qu’il s’apprête à vivre), il est fermement décidé de passer 7 mois seul, au plus froid de l’hiver dans les montagnes des Rocheuses. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas un coin sympathique en hiver : on est dans les -20 degrés. Et il n’est pas très prudent, loin de là, accumulant les erreurs de débutants.
C’est presque un miracle qu’il s’en soit sorti vivant et entier. C’est quelque chose que je suis incapable de faire, soyons honnête. Mais cela lui a permis de vivre quelque chose d’incroyable.

De plus, il y a tous les autres détails auxquels on ne pense pas immédiatement : pas de salle de bain ou toilette, pas de cuisine, rien pour laver ses vêtements, pas de « distraction » à portée de main. J’étais d’ailleurs stupéfaite au début quand il n’est parti qu’avec très peu de livres…comment imaginait-il passer son temps?

Il met un certain temps à trouver ses marques, passe son temps à regretter ses amis et sa famille, mais une fois qu’il se retrouve entouré de monde, n’attend qu’une chose, c’est d’être à nouveau seul. Ambiguïté quand tu nous tiens…
Il pose donc des questions intéressantes sur la société, sur notre relation avec la nature. La première fois qu’il revient à la civilisation, c’est un choc : tout est bruyant, sale, moche. Il n’a envie que d’une chose, retourner dans sa tente humide, enfouie dans les montagnes.

Les paysages et les scènes qu’il décrit sont assez époustouflantes, j’avais vraiment l’impression d’y être. Difficile d’en parler, mais c’est clairement ce qui m’a le plus plu dans ce roman. Son expérience avec la nature, ses balades, ses réflexions sur celle-ci. Je pense qu’une des scènes les plus marquantes est celle de l’éclipse.

J’ai eu un peu plus de mal avec les scènes de chasse. Je n’aime pas trop la chasse (grosse hypocrisie alors que je mange de la viande hein, j’en suis bien consciente) et franchement de les lire, cela m’a un peu dégoûtée. En particulier pour les pumas, ou il ne s’agissait pas de trouver de la viande pour se nourrir, mais d’amener un client pour « s’amuser ». La chasse pour manger ok, il y a une logique, la chasse pour le fun, c’est juste lamentable.

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J’ai donc passé un bon moment avec ce petit roman et j’en ressors les yeux plein de paysages, de moments dans la nature isolée, exactement ce que je cherche avec le nature writing. Il m’a fait rire et réfléchir, quoi de mieux? Je ne peux donc que vous conseiller ce roman.

  • Extrait

En acceptant de venir ici, j’avais dans la tête une vague idée de liberté : n’obéir à personne, ne faire que ce que je voulais. Il me semblait maintenant avoir négligé le fait tout simple que, même si je pouvais faire tout ce qui me chantait, et à n’importe quel moment, il n’y avait rien à faire.

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