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Titre : Les Délices de Tokyo
Auteur : Durian Sukegawa
Date : 2013 (2016 pour la France)
Nombre de pages : 221

 

  • L’Intrigue

Sentarô s’occupe d’une petite échoppe dans Tokyo et réalise des dorayaki, pâtisseries japonaises à base de pâte d’haricots rouges.
Il accepte à contre-cœur que Tokue, une vieille dame aux doigts étrangement déformés l’aide à réaliser la pâte, car elle est vraiment très douée.
Et en effet, Sentarô voit sa clientèle tripler du jour au lendemain.
Mais qui est Tokue? Qu’est-il arrivé à ses doigts? Et surtout, comment fait-elle pour réaliser une pâte aussi délicieuse?

Ce que j’en ai pensé

Cela fait un petit moment que je vois tourner ce roman sur la blogosphère et sur book-tube. Cela m’avait d’ailleurs donné très envie de le lire, les critiques étaient excellentes. Quand j’ai pu l’emprunter, je n’ai donc pas hésité et je me suis rapidement plongée dedans…

Mais…mais j’ai été un peu déçue.
J’en avais trop entendu parler je pense, et en très-très-bien. Donc mes attentes étaient très hautes et je ne m’y suis absolument pas retrouvée.

Qu’on ne me comprenne pas mal, c’était une lecture sympathique, avec plusieurs thèmes très intéressants, mais je m’attendais à une sorte de raz-de-marée d’émotions, de subtilité-and-co que forcément, j’ai été déçue. Et c’est dommage.

Il faut aussi dire que je n’ai pas trop l’habitude des romans japonais, j’en lis très peu, donc c’est un style, une manière de dérouler le récit que je connais mal…cela n’aide pas! Je l’ai d’ailleurs senti dans la forme, c’est un style agréable, mais très distant je trouve, alors qu’on m’avait parlé d’une ambiance chaleureuse.

Cela ne m’a pas trop donné envie de goûter ces pâtisseries non plus je dois avouer^^ On me parlait d’ode à la nourriture et mouais…pourquoi pas, mais pas tellement non plus.
De plus, on manque de détails sur le narrateur je trouve…cela reste vraiment en surface, c’est dommage.

J’avais aussi lu qu’il y avait un immense respect entre les personnages…en effet, mais cela m’a donné l’impression de toujours rester en surface des émotions et des événements.
Il y a plusieurs points non résolus à cause de cela, qu’ils n’ont pas voulu ou osé parler assez rapidement et du coup, cela m’a plus agacé qu’autre chose…Alors qu’au contraire, j’avais trouvé cela très intéressant dans le roman Les Années douces de Kawakami Hiromi, lu il y a quelques années…

Ici, j’ai trouvé cela presque hypocrite (surtout entre Sentarô et sa patronne…) et dommage pour le reste…
Mais je dois tout de même admettre qu’une grande douceur et tendresse se dégagent de ce petit roman grâce à cela, ce qui n’est pas vraiment désagréable, bien au contraire.

[Attention, je dévoile un élément important]

Par contre, j’ai trouvé passionnant le secret de Tokue. J’ai beaucoup aimé en savoir plus sur les conditions des lépreux à cette époque-là, leurs emprisonnements, leurs manières de vivre, la société qui les raye de la carte et ne veut plus en entendre parler, même une fois guéri…

Je peux comprendre qu’un pays éloigne ses malades tant qu’il n’y a pas de guérison possible et qu’une contagion est certaine. C’est une protection, affreuse pour les malades, on est d’accord, mais une protection finalement nécessaire et vitale pour le bien-être de la société. Mais une fois qu’on sait comment cela se transmet, comment l’enrayer et surtout comment la guérir?? Pourquoi est-ce que les pays ont continué à exclure ces personnes?
Par peur de la différence, de la laideur (la lèpre déformant les membres ), de la peur (on le voit bien d’ailleurs Sentarô qui malgré la guérison a peur d’attraper la lèpre à cause du rhume de Tokue)?

Et le fait que malgré toutes ses privations, elle ait réussi à garder la tête haute, à avancer, à continuer à voir le Bien et le Bon partout, c’est assez incroyable.

C’était en tout cas assez intéressant à lire et cela a vraiment constitué ma partie préférée.

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Voilà, une lecture sympathique, que je suis contente d’avoir faite, que j’ai lu très rapidement, mais qui ne va pas me rester longtemps en tête je pense…J’aurais donc du mal à la conseiller…

  • Extrait

Mais au fil des années que j’ai passées dans cet endroit, j’ai fini par comprendre quelque chose. C’est que, quoi qu’on perte, quoi qu’on subisse, nous sommes des êtres humains. Même privé de ses quatre membres, parce que cette maladie n’est pas mortelle, il faut continuer à vivre. Dans cette lutte passée à se débattre au fond des ténèbres, nous nous raccrochions à ce seul point, nous étions des êtres humains et nous tenions à garder notre fierté.

 

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